Armement de la police municipale de Roubaix.

A partir de mars 2019 , les policiers municipaux seront armés d’armes à feu , ainsi en a décidé le Maire de Roubaix , sans aucune concertation et débat préalable en Conseil Municipal sur un sujet pour le moins sensible , relancé d’ailleurs par la publication du rapport de deux parlementaires LREM préconisant de rendre obligatoire  l’armement des policiers municipaux . Pour ma part j’y vois surtout une décision mue par une préoccupation électorale à l’approche des élections municipales de mars 2020 .

Sur le fond , je suis et je reste opposé à cette décision . Certes ,  si plus de  43% des policiers municipaux sont aujourd’hui armés , des maires et non des moindres y sont opposés  comme Martine Aubry et Alain Juppé , démontrant ainsi que la réponse à la question d’armer ou non les polices municipales traverse tous les courants politiques .

Y a t’il besoin de le faire à Roubaix ? je ne le pense pas . Ce n’est pas tant d’insécurité dont souffre Roubaix qui , pourrait justifier l’armement de sa police municipale , mais de l’aggravation des incivilités en tout genre sans compter celles liées à la drogue et à ses trafics . Or que je sache , les compétences premières d’une police municipale sont justement de prévenir , de surveiller et de traiter ces problèmes en coordination avec la police nationale . A ce niveau elle n’a pas besoin d’armes à feu .

La bonne démarche est en même temps d’en professionnaliser les pratiques , d ‘en moderniser l’organisation et de veiller à ce qu’elle soit un outil de proximité . Un challenge qui laisse à la police nationale ses missions fondamentales que sont la protection des personnes  et des biens , la police judiciaire  , le renseignement et l’information  .A chacun son rôle .

20 mois pour convaincre

On n’en parle pas encore ouvertement , mais tout le monde y pense , les prochaines élections municipales commencent à aiguiser les appétits et agitent les états majors politiques à commencer par LREM qui entend bien se faire une place de choix et bouter dehors les représentants de l’ancien monde au prix de quelques accommodements en adoubant pour le besoin de la cause des maires sortants compatibles avec la majorité présidentielle actuelle . Ce sera probablement le cas de Roubaix .

J’avais déjà eu l’occasion de démontrer en avril dans un billet de mon blog les raisons qui militaient pour un changement de majorité municipale , elles n’ont pas varié . La victoire de GD par effraction en mars 2014 ne signifie pas que Roubaix ait tourné le dos définitivement à la perspective d’une autre majorité municipale rassemblant les représentants des forces progressistes de la ville , refusant la marginalisation accélérée de la ville et une gouvernance politique s’arc boutant sur son pré carré et laissant de côté les 3/4 de la population .

Une communication envahissante ne suffit pas à masquer des choix qui pour certains sont une insulte pour beaucoup d’habitants de cette ville , comme ceux d’avant l’été visant des associations comme l’Univers , la Solidarité , dans la Rue la Danse etc .Une faute et une méconnaissance de l’histoire et des valeurs de solidarité de Roubaix . Alors que Roubaix est une des villes les plus jeunes de France , l’éducation ne figure plus dans ses priorités mis à part la précipitation à détricoter la réforme des rythmes scolaires .Le retard coupable pris pour formuler le contenu d’un projet urbain pour les quartiers et l’Union à la suite de l’ANRU est une erreur , en la matière les années comptent double .

Le paradoxe est qu’en dépit d’un bilan qui n’est pas flatteur pour la majorité sortante , les forces d’opposition en sont encore à se regarder en chiens de faïence . Les lignes ont pour autant bougé ces derniers mois , moi comme d’autres y avons pris notre part .Je suis convaincu que le mouvement s’élargira .Il y a en effet dans les partis de gauche  , dans les hommes et les femmes qui s’en sont éloignés mais qui restent attachés aux valeurs de justice et de solidarité  , dans les militants du quotidien , les ressources et l’attente à construire un projet alternatif ambitieux pour Roubaix .

l’equipe municipale au crible de l’évaluation .

L’évaluation en cours des membres du gouvernement m’a donné des idées , celle de tenter l’exercice pour l’équipe municipale . En m »excusant d’entrée de jeu pour celles et ceux qui auraient été oubliés , soit parce qu ‘ils sont perdus de vue depuis des mois sinon des années , soit que véritables caméléons , ils résistent à toute analyse logique . soit tout simplement parce qu’ ils n’ont aucune  action , même une simple déclaration à mettre à leur actif .

A tout seigneur , tout honneur , il y a une catégorie d’élus à qui je voudrais rendre justice les modestes , celles et ceux qui sans bruit , avec discrétion , font tout simplement leur boulot sans ménager leur temps et leur engagement , n’en déplaise aux twitters compulsifs et à ceux qui ont des le début ont attrapé la grosse tête, ils sont la majorité et c’est plutôt réconfortant .

Il y a ceux qui se fondent dans les pas de leurs prédécesseurs par conviction et intelligence . la continuité de la politique culturelle est à cet égard révélatrice d’un état d’esprit et d’une ouverture qui méritent d’être soulignés .

Il y a ceux qui se sont fait un nom , une notoriété avec un nouveau concept , une façon de couvrir le terrain et de répondre aux attentes de proximité des habitants des quartiers , mais qui pose en même temps la question de l’appropriation collective et partagée de leurs démarches .

Il y a celles et ceux dont on voudrait entendre plus la voix et les propositions sur la jeunesse , l’éducation , le logement , la sécurité ; revenir à la semaine des 4 jours ne tient pas lieu de politique éducative comme la maison à 1e ne peut être l’alpha et l’oméga d’une politique de réhabilitation du parc privé .

Il y a enfin le couple Maire et 1er adjoint . Du premier , passé le moment de surprise de 2014 , je dirais sans vouloir lui faire injure que sa qualité première n’est pas de rentrer dans ses dossiers . Il a très vite remisé  au placard la gouvernance apaisée , au bénéfice d’une condescendance voire d’un mépris quand ce n’est de la brutalité vis à vis de son opposition mais aussi des membres de sa propres majorité . Ses atteintes répétées à des associations emblématiques de Roubaix sont des fautes qui risquent de lui côuter très cher  en 2020  ,  comme le fait quoiqu’il en dise d’avoir marginalisé la place de Roubaix dans la Métropole .

Du deuxième , je dirais qu’il est libre Max , plus libre que jamais .Il a hérité d’une situation financière dont la qualité a été reconnue par la Cour Régionale des Comptes , il a en stock un nombre de projets qui lui donne l’occasion de multiplier à l’infini les réunions d’information Mais chasser le naturel , il revient au galop , ses propos récents sur les militants historiques l’Alma Gare traduisent bien l’homme de droite qu’il est et qu’il reste , avec certainement le regret inavoué d’avoir du à plusieurs reprises passer son tour , non sans panache puisqu’il y allait de ses convictions , ce dont je ne peux l’en blâmer .

Sorties de route : danger !

Les Conseils Municipaux se suivent et se ressemblent , pas un sans que le Maire ne dérape dans des attaques personnelles qui ne font pas honneur au débat démocratique . Il y avait eu dans un précédent conseil  , les attaques virulentes contre Patrick Kanner mis en cause en tant qu’ancien Ministre de la Politique de la ville  , cette fois c’est Christian Carlier qui en fait les frais  , dans un duo de mauvais  goût , Guillaume Delbar plus Max André Pick .

La gouvernance apaisée a duré le temps d’un été , la suffisance et l’arrogance ont pris le dessus , chassez le naturel il revient au galop comme dit le dicton . Je ne partage pas toutes les idées de Christian Carlier , mais il a une légitimité que je ne lui conteste pas : celle de connaitre mieux que quiconque la réalité du quartier d’Alma Gare , l’attachement de ses habitants et leurs combats , avec en plus le fait d’y habiter depuis plus de 40 ans .

Il y a des attitudes , des propos , des choix , comme ceux pénalisant des associations porteuses des valeurs de solidarité qui en disent long sur la véritable nature de la majorité municipale, de sa désinvolture et de sa méconnaissance du vécu des habitants de Roubaix . Viendra inévitablement le temps de la sanction .

A en pleurer

le déchaînement de violences à GAZA où plusieurs dizaines de Palestiniens ont été  tués par les forces israéliennes remet en pleine lumière la question palestinienne . 25 ans après les accords d’Oslo et la poignée de mains historique entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin , jamais la perspective d’une solution politique entre Palestiniens et Israéliens n’aura paru aussi lointaine sinon tout à fait impossible .

Pour parachever le tout il y a la décision du Président américain de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem . L’inauguration en grande pompe de celle-ci dans les locaux du Consulat américain à Jérusalem Est donne l’occasion au Premier Ministre Israélien d’en rajouter dans la provocation et d’humilier en même temps les palestiniens   » C’est un grand jour pour Jérusalem , un grand jour pour l’Etat d’Israel . Quel jour de gloire !  »

Comment admettre dans un tel déferlement de violences à Gaza , et dans la remise en cause brutale par Trump du principe admis par la Communauté internationale selon lequel le statut de Jérusalem devait se régler préalablement par des négociations entre Palestiniens et Israéliens , que la voix de la France se fasse aussi discrète ?

Il y a du côté de la France une véritable lâcheté à avoir laissé faire année après année , à avoir fermé les yeux sur la colonisation rampante en Cisjordanie , et à éviter de rappeler les exigences du droit . Un peuple ne peut être brutalisé durablement .

Faut-il croire au plan Borloo ?

Rarement un rapport n’aura autant été attendu ! celui de Borloo sur la refonte de la politique de la ville avec ses  19 propositions en fait partie . Il est la concrétisation de la mission que lui avait confiée le Président de la République à Tourcoing en fin d’année 2017 , en réponse aux revendications d’élus de tous bords politiques formulées dans un appel solennel dit de Grigny . La démission emblématique du maire de Sevran , avait encore fait monter la tension ces dernières semaines , tout comme la fronde des bailleurs sociaux et des locataires devant les mesures concernant l’avenir du logement social.

le diagnostic sans complaisance dressé par Borloo sur la situation des quartiers en politique de la ville  a fait l’unanimité des élus concernés , il faut lire et relire l’introduction de son rapport qui pointe du doigt le mal des banlieues et de territoires devenus pour certains d’entre eux des zones de non droit , et la dénonciation de dispositifs devenus au fil des ans de plus en plus complexes .Sauf que c’est oublier un peu vite que Borloo a été lui même un Ministre de la Politique de la ville , et qu’il a été le père fondateur de l’Anru , une machinerie dont il critique maintenant l’inefficacité !

Il faut dit-il un plan Marshall pour les banlieues , un homme à poigne pour en gérer la mise en oeuvre , des vraies ruptures pour ramener la République et ses valeurs là où elles ont disparu , et des moyens pérennes qu’aura à arbitrer Macron dans les prochaines semaines . Fort bien , sauf que le point d’équilibre entre les propositions et les réalités des contraintes budgétaires risquent de décevoir bon nombre d’élus locaux . Il y a quelques jours un grand quotidien national montrait les difficultés de l’Etat à pouvoir dégager des marges de manoeuvre suffisantes pour mener une politique de la ville à la hauteur des urgences et des attentes .

En effet ce n’est une mesure gadget comme la création d’une académie des leaders , pépinière de nouvelles élites républicaines ou le rappel de l’importance de l’accès au numérique et de l’insertion par le sport et la culture qui suffiront à inverser la marginalisation de territoires peuplés par 6 millions d’habitants , ni même le rappel de l’enjeu du désenclavement et de transports permettant une réelle mobilité .Les mêmes interrogations valent pour la relance de la rénovation en panne , la lutte contre les copropriétés dégradées , la requalification des espaces publics , la création de nouveaux équipements publics.

La crédibilité du plan Borloo se jugera à l’aune des moyens financiers que saura dégager l’Etat dans la durée et au  pilotage politique et technique qu’il saura mettre en oeuvre en y associant habitants et forces vives des quartiers .J’ai envie de dire à Borloo chiche quand il propose un fonds de garantie de 5 milliard d’euros  pour soutenir la relance de la rénovation urbaine , ou encore quand il suggère que l’Etat reprenne en mains l’emploi  des ressources d’Action Logement . Pour être crédible le plan demande une loi de programmation , il faut savoir ce que l’on veut

Le maire de Roubaix s’agite beaucoup en ce moment dans les colloques et les médias pour réclamer sa part du plan Borloo . Il n’hésite pas à s’afficher avec des élus qui ont eux une légitimité qu’il n’a pas en matière de politique de la ville . Roubaix qui avait quelques avances dans ce domaine est en train de les dilapider alors que ses dossiers quoiqu’il en dise ne sont pas prêts .L’énergie dépensée à se lancer dans des projets mal ficelés comme la maison à 1e aurait  du être mieux utilisée . Il devrait savoir qu’à Roubaix les années comptent double .

L’Union toujours en retard

Il y a un an je regrettais les retards concernant l’aménagement du quartier de l’Union  Malgré les déclarations solennelles des nouveaux élus , plusieurs réunions communes des conseils municipaux de Roubaix et de Tourcoing , l’arrivée d’un nouveau Directeur de la Sem  de la ville renouvelée , les lignes n’ont pas beaucoup bougé dans le quartier de l’Union .

Il y a un contraste flagrant avec l’accélération des programmes d’Euralillle  et de St Sauveur à Lille et l’engagement de nouvelles opérations significatives à l’Union , à l’exception d’un  » Workshop  » avec la Fédération des promoteurs immobiliers pour la réalisation d’un programme de 200 logements .En attendant , le quartier de l’Union s’apparente plus à une morne plaine qu’ à un quartier dont l’ambition initiale était d’en faire un pôle d’excellence de la Métropole .

L’Union serait -elle victime de choix inavoués ? à l’évidence ceux de l’ancien Maire de Tourcoing , pourtant Président  de la SEMVER , laissent de côté le quartier de l’Union , la rénovation du quartier de la Bourgogne , le centre ville de Tourcoing  et l’aménagement du secteur de la Gare accaparent toute son attention . Guillaume Delbar  n’a toujours pas compris l’enjeu que représente l’aménagement d’un nouvel espace urbain de près de 80 ha comme vitrine pour le versant nord est de la Métropole de la ville de demain . Et l’on  ne peut pas compter sur son 1er adjoint qui affirme qu’il  a d’autres choses à faire que de courir après les promoteurs .

Les animateurs du CETI , les responsables de KIPSTA doivent se sentir bien seuls ,  celles et ceux ayant tablé sur L’Union  , et ses retombées sur les quartiers environnants  des trois villes  devront encore attendre . Cette incapacité à afficher une ambition pour l’agglomération de Roubaix – Tourcoing est coupable , comme l’est cette inertie à pouvoir y implanter un équipement phare pour la Métropole .C’est ce que l’on appelle se moquer du monde .