Quel avenir pour le PS ?

Il y a quelques jours, la Voix du Nord consacrait plusieurs articles au PS intitulés : la chute de la maison PS, en concluant que la grande saga des socialistes  » n’était peut-être pas tout à fait terminée »

Non, je ne suis pas de ceux qui croient à la disparition d’un parti qui a été au cœur de la vie politique française depuis des décennies, en dépit des oiseaux de mauvais augure qui persistent à considérer que l’adhésion à la Nupes en préfigure la disparition à plus ou moins court terme.

Le PS c’est une histoire, un maillage d’élus locaux, la relève d’une génération de nouveaux militants et la conviction que les valeurs socialistes, sociales et écologistes ont toute leur place dans les débats politiques d’aujourd’hui. Tant pis pour celles et ceux qui ont renie leurs convictions et succombé aux sirènes du macronisme.

Non le PS n’est pas mort, mais une crédibilité retrouvée suppose d’en revisiter de fond en comble le projet et l’organisation. L’entre soi, le fonctionnement clanique, la course aux mandats sans limite, la perte des valeurs et pour ce qui concerne notre region: l’arrogance lilloise, ne peuvent plus et ne doivent plus être de mises. Je reste fondalement optimiste même si je fais partie de ces élus pourtant membres duPS depuis Epinay qui ont vécu de près et douloureusement le peu de solidarité et de considération d’un parti et de ses dirigeants avec qui j’ai partagé tant de combats.

Retour au réel.

Rentres de vacances on replonge très vite dans l’actualité. Celle d’une guerre, en Ukraine, dont on voit mal l’issue. Poutine est sur le point d’atteindre ses objectifs : il occupe à ce jour 20 à 25% du territoire ukrainien, rien ne semble l’arrêter, sauf une résistance ukrainienne qui impressionne. Il tiendra tant que la manne financière du gaz et du pétrole lui permettront de limiter les effets des sanctions.

Il y a l’Ukraine, mais aussi le Liban , le retour de la violence à Gaza et Taïwan. 2 ans après l’explosion de Beyrouth, c’est le spectacle d’un État en faillite incapable d’assumer la protection de ses concitoyens. Emmanuel Macron y a perdu toute légitimité en voulant jouer les gros bras, comme si la seule communication pouvait régler les problemes ! La violence à Gaza, c’est depuis des décennies un retour systématique de la reprise d’un conflit larve entre organisations palestiniennes les plus radicales et l’état d’Israël. Une situation totalement bloquée ou la liste des morts s’agrandit tous les jours.

Avec la tension à Taïwan, c’est la place et le rôle de la Chine qui se rappelle à nous. Une seule Chine, certes, mais pas à n’importe quel prix.Taïwan s’est bâti comme un quasi état démocratique et l’île à le droit dde vouloir en préserver l’expression et le vécu. En l’oubliant, Melanchon à commis une erreur qui jette le trouble.

Sur le plan intérieur, la majorité relative de l’ex République en marche peut considérer qu’elle a surmonté les écueils des premiers débats parlementaires en faisant adopter ses mesures sur le pouvoir d’achat. Certes mais en penchant de plus en plus à droite avec l’appui des Républicains et en préférant en matière de pouvoir d’àchat des mesures conjoncturelles.

Je n’ai pas de sympathie particulière pour François Ruffin mais je suis d’accord avec lui quand il propose l’indexation des salaires et des retraites, la revalorisation de smic et la taxation des grands groupes aux profits vertigineux. La justice sociale n’est pas une série de mesures de nature cosmétique mais une autre répartition des richesses.la même démarche devrait être aussi celle à adopter en matière de lutte contre le réchauffement climatique et la précarité énergétique. A ce niveau c’est presque un zéro pointe que nous offre le gouvernement

Et il reste Roubaix, dans la torpeur de l’été pas de nouvelles saillantes en apparence. Sauf que dans l’indifférence générale l’hémorragie des ressources humaines de la mairie continue, des dossiers majeurs comme ceux de la rénovation urbaine patinent, la précarité de beaucoup de roubaisiennes et de roubaisiennes progresse. Des réalités qui laissent au second plan les interrogations sur l’actualité judiciaire et le sort des élus concernés.Nul doute pourtant que cette question retrouvera toute sa place dans l’actualité roubaisiennes des qu’elle fera la une des médias locaux.

La faculté d’oubli.

La lecture des chroniques d’Alain Frachon ancien chef du derviche étranger du journal le Monde permet de revisiter jours après jours, mois après mois, année après année l’actualité de 2014 à aujourd’hui et en même temps de mesurer notre faculté d’oubli.

2014, c’est déjà l’Ukraine avec la place Maidan a Kiev, la fuite en Russie du Pdt Ianoukovitch, l’annexion de la Crimee et la destruction en vol d’un avion des Malaysian Airlines faisant 298 victimes au dessus du Donbass. Mais c’est aussi en juin la prise de Mossoul par l’EI avant celle de Rakka et le début de l’horreur.

2015, en juillet échec d’un  coup d’état en Turquie suivi d’une répression sans précédent orchestrée par Erdogan rompant avec les principes et les valeurs kemalistes. A Paris en nov, les fusillades et le massacre du bataclan. En déc, l’accord de la Cop21 pour lutter contre le réchauffement climatique.

2016 : mort de Fidel Castro et election contre toute attente de Ronald Trump le futur super menteur,et le futur denonciateur des accords de Paris et de l’accord nucléaire avec Téhéran.

2017 : bien sûr l’élection d’Emma URL Macron à la présidence de la République,l’arrivée du nouveau monde ! et on a vu !Mais aussi choix de Paris pour accueillir les jeux olympiques en 2024 et de Los Angeles en 2028.

2018 : En Chine Xi Jinping pourra se présenter au delà de 2 mandats, rejoignant ainsi la longue liste des présidents et dictateurs comme Poutine et Kim Jong un né s’embarassant pas de principes pour rester au pouvoir. Élection aussi au Brésil de Bolsonaro autre histrion de la politique.

2019 :election en Ukraine de Zelinsky. A la fin de l’année début en Chine du covid qui allait durant les années suivantes bouleverser le monde entier

2020 :election à suspense de jo Biden. Conflit antre l’Arménie et les azeris. Décès de John le Carré. Déclaration de Macron affirmant que l’Otan est en coma dépassé !

2021, l’impensable l’assaut du Capitole par les partisans de Trump chauffés à blanc. En Birmanie Aung San Suu Kyi est renversée par les militaires. Départ d’Angela Merkel après 16 ans à la tête de la chancellerie.

2022 Invasion de l’Ukraine par Poutine. Réélection de Macron. Le rassemblement national fait une entrée en force au parlement , la gauche incontournable, une majorité présidentielle qui tombe de haut.

De 2014 à 2022, des années qui donnent le vertige où les idéologies se fracassént accompagnées d’un recul général de la démocratie et la montée des populismes. Une pandémies que personne n’avait vu venir et un réchauffement climatique de plus en plus visible donnant tout leur sens aux alertes des experts du Giec. Les vagues toujours plus fortes de l’immigration d. Afrique et du moyen Orient en quête de havres de paix pour échapper aux horreurs de la guerre et aux massacres de l’EI. Difficile d’être optimiste et pourtant il le faut.

C’est ce qui a fait témoigner à Rakka ‘Ruquia Hassan Mohammed la blogueuse avant de disparaître dans les geôles de l’ EI, c’est ce qu’a voulu nous dire Liu Xiabo le prix Nobel de la paix un des rédacteurs de la Harte 08 pour une liberalisation progressive de la Chine.

Petain : ne pas falsifier l’histoire.

Au moment même de l’inauguration à Pithiviers d’un nouveau lieu de mémoire rappelant notamment le sort des enfants enlevés à leurs parents à l’issue des rafles organisées à Paris en 1941 et 1942 avant leur transfert dans les camps de la mort, la polémique rebondit sur Petain a l’occasion d’un twit de Mathilde Panot reprochant à Emmanuel Macron de vouloir rendre son honneur à Philippe Petain.

C’est peu de dire que le moment était mal choisi et que la polémique, un jour de commémoration créé un malaise, non Emmanuel Macron n’est pas Petain. Mais il faut reconnaître qu’il a lui même jeté le doute quand en 2018 lors de son parcours memoriel sur la grande guerre, il s’était interrogé sur la place que pourrait retrouvé Petain dans la liste des vainqueurs de la 1ère guerre mondiale.

Ses propos a Pithiviers sont cette fois sans ambiguïtés, Philippe Petain a été tout sauf passif dans les mesures anti-juives mises en place des 1940, sa condamnation et son indignité nationale ne laissent place à aucune réhabilitation, ce sur quoi Mathilde Panot a raison d’insister.

A sa façon, Serge Klasfeld a clôt le débat en declarant ceci à Pithiviers  » la vérité historique c’est de reconnaître qu’en 14-18 Petain à été un général. valeureux avant d’être marechal et que la réputation qu’il avait lui a permis de mobiliser des francais derrière lui et de les entraîner cette fois, non pas vers la victoire, mais vers la soumission à l’occupant »

La lutte contre l’habitat insalubre : un combat engagé par Roubaix depuis plus de 50 ans.

La lutte contre l’habitat insalubre revient périodiquement dans l’actualité roubaisienne, occasion pour moi de rappeler que Roubaix à été pionnière dans ce domaine en étant à l’origine il y a plus de 50 ans des premières mesures législatives d’éradication de l’habitat insalubre.

1968, 1969, des responsables d’associations engagés dans le domaine du logement, le Pact, le Cil de Roubaix-Toucoing, des agents immobiliers, se retrouvent autour du constat de la situation intolérable que constituent les milliers de logements insalubres des courees. Malgré des approches différentes, des tensions entre l’APF { l’association populaire des familles) le Pact et le Cil, l’organisation d’une journée nationale d’action est décidée, elle aura lieu fin 1969 au parc des sports et aura un retentissement dans la presse nationale.

L’histoire retiendra que la municipalité de Victor Provo ne manifesta pas beaucoup d’intérêt pour l’initiative et que la veille à la Préfecture de Lille sera créée l’Orsucomn ( organisation pour la suppression des courees de la métropole Nord) sous l’égide de l’état et du Cil, soucieux avant tout de reprendre la main. Un an après, c’est l’adoption de la loi Vivien et dans les décennies suivantes la constitution d’un arsenal législatif permettant aux collectivités locales de lutter avec plus d’efficacité contre l’habitat insalubre.

Le résultat a Roubaix, c’est la destruction avec l’Orsucomn de plusieurs milliers de logements insalubres dans les quartiers de l’hommelet et de l’epeule notamment. Dans une 2eme phase dans les années 80 c’est cette fois avec l’aide d’un nouvel opérateur : la Saen, la rénovation de l’alma gare et la destruction de nouvelles tranches de courees autres que celles identifiées dans le programme métropolitain de maintien des courees. Il faudra attendre 2020-2021 pour que la dernière tranche de résorption soit mise en œuvre cette fois par la Fabrique des quartiers boulevard de Metz à Roubaix.

Le temps de l’urbanisme est à l’évidence un temps long, Roubaix ville pionnière en matière de lutte contre l’habitat insalubre n’en n’a pas terminé avec ce dernier tant les formes de l’insalubrité ont profondément évolué au fil des ans pour devenir une insalubrite plus diffuse touchant le parc ancien mais aussi des logements plus récents venant y compris du parc social locatif. Autant de raisons à pousuivre et intensifier les efforts entrepris.

Roubaix : le patrimoine en danger ?

Le projet immobilier de Vinci rue du château n’en finit pas de faire des vagues et de susciter des débats. La démolition reconstruction de l’immeuble occupe depuis des lustres par l’entreprise de confection Thieffry provoque l’ire des défenseurs du patrimoine. Regroupés dans un collectif ils mettent en cause le laxisme de la ville en matière de défense du patrimoine en pointant du doigt, outre la rue du château, la démolition de la rue des ogiers dans le quartier de l’epeule, celle de la cité flipo dans le quartier du pile, où encore l’absence de toute réaction de l’ancien hôtel Dupire rue des Arts.

20 ans après la reconnaissance de Roubaix en tant que ville d’art et d’histoire, leur alerte est la pour rappeler que la vigilence doit toujours rester de mise, en évitant que des projets malencontreux ou le laxisme ne viennent contredire ou mettre à bas une politique dont Roubaix à su tirer parti.

La restauration exemplaire de l’église St Joseph ne doit pas être en effet l’arbre qui cache la forêt. Il faut savoir revenir à l’epeule comme au pile et à l’alma sur des projets mal ficelés.Certes une ville ne peut pas tout faire mais elle se doit au moins d’essayer, c’est ce qui semble lui manquer depuis quelque temps en matière de défense de son patrimoine. Il est plus que temps de réagir.

Juillet 2021, juillet 2022.

J’ai tenu avant de partir en vacances revenir sur l’année écoulée depuis juillet 2021 concernant Roubaix. La Sainte Touche, à fait l’actualité roubaisienne comme le film frère et sœur d’Arnaud Desplechin sélectionné à Cannes, mais c’est sans compter les succès toujours au rendez vous des expositions du musée de la Piscine, l’essor du steet art et l’explosion des cultures urbaines. Sur le plan de la culture, il n’y a rien à redire et il est réconfortant de voir la vitalité et la diversité des expressions culturelles sous les formes les variées et quelquefois les plus inattendues.

A celles et ceux qui s’attardent à mettre en avant une ville sinistrée, fracturée, parmi les plus pauvres de France et gangrenee par le communautarisme islamiste, Roubaix c’est aussi cette richesse créative qui en est le ressort et permet de garder espoir dans son avenir.

Ce qui par contre est moins réconfortant est le recul démocratique où élection après élection l’abstention atteint des taux record avec le paradoxe de constater qu’une poignée de bureaux de vote font durablement la différence. C’est aussi le triste spectacle de voir des élus et non des moindres rattrapés par la patrouille pour des faits dignes des pieds nickelés. C’est enfin le retard pris dans la gestion et la mise en œuvre de dossiers stratégiques comme celui de la rénovation urbaine, dû en grande partie par une hemmoragie sans précédent de l’ingénierie communale, sans que cela n’emeuvent les élus de la majorité municipale.

L’air de la Bretagne va me donner l’occasion de m’éloigner un peu de Roubaix pour mieux la retrouver dans quelques semaines, ce qui me permettra aussi de n’avoir plus à pester pour un temps sur la conduite automobile à la roubaisienne et ses dangers.

Une journée chez les chaînes d’information en continu.

On en ressort lessive, gavé d’informations répétées en boucle, interloqué par des débats la plupart du temps insipides entre experts, revenants, cadors politiques, animés par des journalistes qui donnent la fâcheuse impression de ne pas y croire eux-même.

Le comble du comble est la façon dont est traitée la guerre en Ukraine. Entre un ancien espion du KGB, des généraux ou colonels en retraite, des journalistes présentés comme grands reporters spécialistes des conflits armes, ajoutés aux experts en stratégie et aux témoignages en direct, c’est à celui qui décryptera le mieux la pensées profondes de Poutine et l’issue de la guerre.

La déconvenue est aussi grande sur le registre de la politique intérieure, où les questions essentielles sont de savoir si Élisabeth Borne peut rester ou non, si et quand il y aura dissolution, même les plus expérimentés de nos commentateurs politiques comme Roland Cayrol y perdent leur latin.

Au bout du bout, s’il y a une recommandation à faire c’est de sortir au plus vite de cet enfer des chaînes d’information en continu et de ne leur consacrer que quelques minutes par jour, en reconnaissant que l’application de la mesure ne sera peut être pas chose aisée.

Malheureuse ingénierie.

A peine annoncé déjà parti ! Le remplaçant du précédent DGS a dû estimer qu’il valait mieux pour lui trouver un autre point de chute que la mairie eu égard aux incertitudes sur le sort de l’exécutif municipal.

Officiellement tout va bien, tout le monde élus comme techniciens, est sur le pont, il n’y a pas de souci à se faire selon les autorités municipales. Sauf que depuis ces dernières années l’hémorragie des cadres de la mairie continue au détriment de l’avancement de dossiers majeurs liés à la rénovation urbaine et que le personnel communal à bien du mal à gérer le quotidien.

Mettre en lumière la question de l’importance de l’ingénierie risque de ne pas trouver un large écho mais les ressources humaines d’une mairie sont pour moi d’une importance primordiale.

Lendemain d’élection.

Le moins que l’on puisse dire : c’est que tous les commentateurs dits avertis. Le 20 juin au matin, on se retrouve avec une assemblée nationale fracturée comme le pays en trois blocs. Ensemble fait l’objet d’un véritable désaveu de la part des électeurs malgré les appels d’Emmanuel Macron ; la Nupes certes est en deçà de ses espérances mais s’affirme comme une force d’opposition riche d’un vivier de militants porteurs des espoirs et des revendications des jeunes générations ; le RN que l’on avait completement sous-estimé s’inscrit dans le paysage politique sans avoir besoin de la proportionnelle ; dans cette nouvelle donne les LR peuvent donner le change mais ne sont plus que les supplétifs de majorités aléatoires.

L’anti Macron à joué à plein pour conduire à une situation à l’issue imprévisible. On en finit pas de payer les conséquences d’une gouvernance verticale déconnectée du réel, sans ancrage local , à mille lieux des préoccupations et difficultés existentielles de millions de français. La rupture est aujourd’hui réelle entre un Président qui n’écoute que lui et le pays, sa responsabilité est totale.

Dans un contexte bien incertain, il y a néanmoins des eclaircies qui redonnent espoir. La victoire de David Guiraud dans la 8ème et l’excellent score de Karima Chouia dans la 7ème en font partie. Le succès sans appel du premier laisse augurer du retour de roubaix dans le giron de la gauche lors des prochaines municipales ainsi que de Wattrelos , mettant fin à un intermède qui n’a que trop duré.