Centre ville de Roubaix.

La consultation des habitants lancée par la municipalité sur leurs attentes concernant le centre ville d’ici 2030 est la bienvenue. L’arrivée attendue du tramway, la pietonnisation de la rue du vieil abreuvoir, les travaux attendus (du moins on l’espère) sur la friche midas, les anciens établissements devianne, et la banque de France, augurent d’une nouvelle étape dans la transformation du centre ville, au moins aussi importante que celle de la fin des années 90 où métro , Mac Arthur, géant casino, le duplexe, changeaient la donne d’un centre ville de plus en plus sinistré.

C’est pour moi l’occasion de relire le rapport réalisé au début des années 2010 et une de ses propositions restée lettre morte :celle d’un report de la circulation de transit via l’avenue André Diligent sur le bd de Belfort, en direction de Wattrelos, offrant ainsi une circulation apaisée au centre ville, facilitant l’interconnexion des transports en commun et le renforcement de leur logistique et, sécurisant les flux piétonniers entre Mac Arthur,et la place de la liberté.

Cette proposition pour des raisons diverses est passée à la trappe, la consultation lancée par la municipalité est une occasion de la remettre en débat.

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Triste fin d’année pour le patrimoine roubaisiens.

La démolition des anciens ets Thieffry, rue du château, a été confirmée lors du récent conseil municipal de Roubaix. Épilogue d’un dossier dont tout le monde ressort perdant.

Les défenseurs du patrimoine roubaisiens d’abord. Leurs alertes sur la disparition d’un bâtiment représentatif de l’architecture du 19eme siècle n’a pas convaincu. Les élus en charge du patrimoine et de l’urbanisme ensuite qui n’ont pas voulu revenir sur une décision antérieure initiée par Max André Pick. La marginalisation enfin de la défense du patrimoine dans la politique municipale.Dommage pour Roubaix et irresponsabilité des élus qui oublient que la ville en tant que ville d’ art et d’histoire doit assumer ses responsabilités.

Laïcité : une valeur inestimable pour Roubaix.

Il y a comme cela, des moments suspendus ou l’on se reprend à espérer et à moins douter de l’avenir de Roubaix. C’est à l’occasion de la conférence du 12 déc de Philippe Gaudin, directeur de l’institut d’étude des religions et de la laïcité sur »histoire de la laïcité et les enjeux d’aujourd’hui « 

Plus que l’exposé lui même et la remise en perspective de la laïcité dans son contexte historique ce sont les iustrations concrètes faites par plusieurs intervenants (enseignants, parents d’élèves, comité de quartier, hôpital) sur et autour de la laïcité qui ont montré la richesse des initiatives collectives mises en œuvre à Roubaix.

Ceci doit beaucoup à la raisonnance particulière de la laïcité à Roubaix . et de ce qu’a su et voulu federer avec obstination et discrétion la plate-forme interinstitutionnelle laïcité de Roubaix mise en place à la suite du plan laïcité et éducation à la citoyenneté de la ville de Roubaix.

On mesure mieux l’importance de l’information réciproque, du dialogue et de la connaissance dans un domaine plus que jamais sensible ou l’impartialité comme le soulignait Philippe Gautier doit être la règle d’or et l’exigence absolue de tous.

Chapeau à tous ces acteurs et citoyens qui au quotidien, discrètement le plus souvent œuvrent pour une société ou l’on s’écoute et se respecte.

2022:une année en demi teinte.

2022: une année en demi teinte.

Plus que jamais, l’expression de ville de contrastes se vérifie pour Roubaix. D’un côté la vitalité, la diversité et la richesse de la vie culturelle avec ses poids lourds, en premier lieu le musée de la Piscine qui s’est hissé au hit parade des musées de France les plus fréquentes même si le sort d’une de ses pépites, la Condition publique suscite de plus en plus d’interrogations.

De l’autre le coup de tonnerre que représente la liquidation d’une de ses entreprises phare, Camaïeu, victime tout à la fois de la légèreté de son propriétaire, des évolutions accélérées de la consommation et de la crise du covid, alors même que l’on assistait au retour , certes encore bien timide du textile dans le versant Nord-Est de la métropole.

De l’autre aussi, les efforts de Roubaix à mettre en œuvre une politique de développement durable qui fait école, et de qualification de ses espaces publics, illustrée encore récemment par l’annonce d’un vaste plan d’aménagement des berges du Canal. Efforts pourtant contrariés en permanence par les atteinte au cadre de vie, les incivilités au quotidien et l’insécurité routière.

On pourrait dire la même chose pour le patrimoine. Si le sauvetage de l’église qSt Joseph est une véritable réussite, on sent poindre un certain relâchement à défendre le maintien d’un patrimoine bâti au motif de la logique de la rénovation urbaine ou des appétits d’investisseurs privés.

Oui Roubaix est bien une ville de contrastes, mais peut-être plus aujourd’hui une ville dont les fractures sociales s’agrandissent entre quartiers anciens et le grand barbieux au sud de la ville. Fractures aussi politiques quand on analyse les niveaux de participation aux différentes élections.

En dépit de tout cela, la ville tient. Certainement pas grâce à une majorité municipale dont plusieurs de ses membres et non des moindres sont ecalmines par des affaires peu glorieuses, mais jusqu’ici par une capacité de résilience et de solidarité au quotidien qui font partie de ses gènes. Mais il y a des moments où l’on se prend à douter !

D’un côté aussi l

En finir avec l’habitat insalubre ?

S’il est un sujet qui revient périodiquement dans l’actualité, souvent à cause de situations scandaleuses révélées par la presse et malheureusement de drames avec leur lot de victimes, c’est bien celui de l’habitat insalubre.

Encore récemment, le préfet des hauts de France Georges François Leclerc affirmait que la lutte contre l’insalubrité « était la mère des batailles qu’il fallait mener » Et pour cause le département du Nord comptait à lui seul 16%de l’habitat indigne du Nord.

Au grès des constats dressés par les services de l’état eux-mêmes, les bilans effectués par les collectivités locales et les opérateurs de tout poil , les analyses et les débats multiples et variés des experts , on mesure les efforts déployés depuis ces 60 dernières années , mais qui en dépit d’un arsenal juridique et fiscal n’arrive toujours pas à venir à bout de ce mal endémique qu’est l’habitat insalubre.

La boîte à outils existe pourtant bien. Il serait trop fastidieux d’énumérer les lois et leurs décrets d’application, les mises en place des pôles d’animation de lutte contre l’habitat insalubre et indigne, l’arsenal des mesures pénales s’appliquant depuis quelques années contre les marchands de sommeil. Roubaix comme la Mel ont été en pointe comme d’autres collectivités dans un combat de tous les jours pour tirer de cet arsenal le meilleur parti et la perspective d’en finir avec ce scandale récurent qu’est l’habitat insalubre.

Puisqu’il est question de Roubaix, je me dois de rappeler que la ville a été pionnière dans ce domaine en abritant en 1969 un colloque de portée nationale sur l’habitat insalubre prélude à la création de l’ORSUCOM et à la loi Vivien de 1970.

La difficulté de traiter aujourd’hui et demain l’insalubrité est qu’elle se reproduit et s’étend de façon plus diffuse et par voie de conséquence p’us difficile à repérer, à traiter et à sanctionner. Autant de raisons à redoubler d’effort et à mettre fin à cette situation intolérable mettant en danger la sécurité et la santé d’un trop grand nombre de nos concitoyens.

1970,

Pauvreté et précarité :la Côte d’alerte.

Au moment de la réouverture des restaurants du cœur, des évocations répétées des difficultés grandissantes auxquelles sont confrontés nos concitoyens pour se loger, s’alimenter, se soigner, quand n’est-il sur Roubaix ?

C’est un sujet que beaucoup n’aiment pas traiter au prétexte qu’il stigmatise inutilement la ville, préférant mettre en avant ses contrastes et ses réussites en matière culturelle, de créativité et de vitalité de son tissu économique.

P

On ne peut enlever à Roubaix cette réalité qui lui permet de ne pas sombrer. Pour autant, il serait irresponsable de ne pas être suffisamment attentif à la montée de la précarité et de la pauvreté . Toutes les associations caritatives, les réseaux de solidarité, les structures d’accueil, le disent et alertent. C’est vrai que Roubaix a dans ses gènes cette capacité à aider l’autre, mais cette fois les vents contraires sont de plus en plus puissants.

Parcourir la ville quartier après quartier, entendre les alertes des acteurs de la solidarité permet de se rendre compte de la gravité que représente cette fracture qui a terme peut annihiler les efforts menés avec obstination pour sauvegarder le lien social et redonner espoir et envie de s’investir dans la ville et de participer à son avenir.

Alma gare, suite..

Quatre articles rien que ça pour évoquer les tensions récurrentes dans le quartier à propos de la rénovation urbaine, et les causes  » du sentiment d’abandon et de stigmatisation dont souffrent les habitants »

Le malaise vient de loin, il y a toujours eu beaucoup de difficultés de la part des institutions, municipales et autres, à trouver le bon tempo et la bonne méthode pour avoir un dialogue apaisé avec le quartier pionner dans les années 70 et i0 en matière de luttes urbaines.

L’annonce du programme de rénovation urbaine en est une bonne illustration.Si la restructuration de l’opération historique de fontenoy frasez est parfaitement justifiée, les autres démolitions sont vécues et ressenties comme un saut dans l’inconnu sans que soit prise en compte la réalité d’une appartenance réelle au quartier de ses habitants.

Un quartier où l’on oublie trop souvent de rappeler qu’il abrite des services à la personne tout à fait performants comme la maison médicale de la rue de l’alma et surtout un centre social qui a travers ses activités à forgé des liens précieux avec des générations d’habitants.

Retrouver la confiance avec le quartier est possible si l’on sait renouer le dialogue entre tous les acteurs du quartier et ses habitants, revoir la méthode de communication et d’information, repasser en revue sans tabou le contenu du programme de rénovation urbaine et se donner ou se redonner quelques ambitions fortes autour de l’alma gare comme territoire zéro chômeur.Il n’est pas trop tard pour retrouver le chemin de la raison.

Les erreurs de Poutine.

Poutine imaginait balayer l’Ukraine en 3 jours, c’est tout le contraire qui s’est produit. L’agresse non seulement a résisté mais le président ukrainien s’est révélé comme un véritable chef de guerre, incarnant une Ukraine tenant tête à une des armées redoutée du moins le pensait-on.

Les images sont cruelles, d’un côté un leader sans complexe, présent sur tous les fronts, de l’autre des images d’un dictateur dignes du film de Chaplin, discourant avec lui même dans les décors suranes du Kremlin.

Poutine aura réussi le tour de force de faire de l’Ukraine une nation, de réanimer l’Otan, et d’amener les puissances européennes à bâtir des stratégies alternatives à leur dépendance au gaz et au pétrole russe.

Soyons lucides, le pire est encore possible, quand pas un jour ne se passe sans que l’on évoque l’utilisation de l’arsenal nucléaire. Il faudra bien pourtant un jour se mettre autour d’une table pour négocier. Les États Unis détiennent la clé de cette négociation mais pas seuls, à côté de la Chine et de l’union européenne. Une négociation pour le moins difficile, revenir aux frontières ukrainiennes d’avant les accords de Minsk paraît dans tous les cas un pari risque. Le général hiver aura sa part dans l’engagement de cette négociation pas plus large qu’un trou de souris.

Musée de la Piscine : si l’on rêvait un peu.

Fichu covid ! qui m’a empêche de participer à la cérémonie de remise décoration de la légion d’honneur à Bruno  Gaudichon. Quelle aventure que ce musée ! faite de rencontres, de paris fous, de fierté retrouvée, d’expositions mémorables, et qui parle tant aux roubaisiens de tout âge, de toute condition et de toute origine. Un immense merci à Bruno Gaudichon pour l’apport à Roubaix, à la métropole, mais pas que, d’un musée populaire au sens noble du terme.

Les batailles pour le faire renaître, en assurer l’extension, l’animer, ont été rudes mais grâce à lui et à d’autres qui se reconnaisseront certainement, elles en ont fait un lieu unique qui explique la place qu’occupe aujourd’hui le musée de la Piscine dans les équipements culturels de notre territoire national.

C’est peut-être le moment de penser à d’autres développements pour étendre les ateliers, faire connaître les autres pépites des collections du musée comme celles de ses fabuleux tissus. Autant de raisons pour le nouveau médaille de reprendre son bâton de pèlerin.

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Une rénovation urbaine chaotique.

Il ne se passe pas une semaine sans que l’on parle des difficultés de la rénovation urbaine engagée dans plusieurs quartiers de Roubaix.

Celle- ci pose ou repose des questions de fond au delà des réactions et des revendications légitimes des habitants concernés.

La première, est l’impression ressentie de calendriers fuyants ou totalement irréalistes. L’absence d’un pilotage politique depuis le retrait de Max André Pick, y est pour beaucoup mais pas que. Le Pnru de Roubaix a souffert des le début de cet à peu près permanent qui amène l’achèvement des opérations à l’horizon 2030-2035. Bonjour les dégâts!

La deuxième est l’addition d’opérations, certaines très discutables, sans lien avec un projet urbain cohérent en appui à une stratégie de développement dont à besoin le territoire roubaisien.

Parmi les choix discutables, on pourrait citer la destruction de la cité Flipo et des ilots d’habitations ouvrières comme ceux bordant la rue Lafayette dans le quartier du Pile, la démolition de la rue des Ogiers dans le quartier de l’Epeule. où encore une approche sans nuance du quartier Alma gare faisant fi de son histoire et de ses habitants.

La troisième question est de s’interroger sur le pourquoi du si peu d’intérêt manifesté vis à vis de la rénovation urbaine qui pourtant structure et organisé la ville ainsi que son attractivité pour l’avenir ? Et si c’était tout simplement la difficulté de voir et reconnaître le potentiel et les atouts des quartiers populaires en attendant que leurs habitants quittent la ville.