Roubaix Bashing

Il ne se passe pas de mois sans que l’actualité roubaisienne ne soit troublée par des articles de presse de journaux , de quotidiens et d’hebdomadaires nationaux ou étrangers qui portent sur Roubaix des jugements à l’emporte pièce .Soyons objectif , il y a des exceptions comme celle très récente du Monde sur l’expérimentation du Zéro Déchet , mais il y a du moins bon comme le reportage du magazine Inrocks qui en la matière est un cas d’école .Le fait d’une journaliste laissée à elle même , sans avoir pu rencontrer les élus de la majorité municipale y est pour beaucoup , mais ce loupé pose la question de la gestion par la municipalité de ses rapports avec la presse en même temps que celle de la méthode et du contenu de sa communication.
Roubaix est ce qu’elle est , une ville de contrastes où la précarité est plus forte qu’ailleurs héritage de son passé industriel , mais en même temps une ville d’innovation , de réussites exceptionnelles dans la nouvelle économe enviées dans le monde entier , de solidarités se traduisant par un faire ensemble enrichi par une interculturalité qui fait partie de ses gênes .
En restituer toutes les facettes pour un observateur n’est pas facile , je plaide donc à ce sujet pour un peu d’indulgence y compris quand les analyses traitent de sujets qui dérangent ou interpellent .Mais à chacun son rôle et sa responsabilité .
Celles de la ommunication de la ville est de la faire connaître , de la faire comprendre et de la faire aimer .Elle peut et doit mettre en évidence les acquis de la ville ,sa renaissance culturelle , ses réussites économiques ,les valeurs de solidarité entre ses habitants , les facettes de son interculturalité .Ces éléments représentent la clé de voûte du renouveau roubaisien , car ils caractérisent Roubaix dans sa singuralité .Ils doivent être les priorités de sa communication Sans gommer la pauvreté , l’importance de ce qu’il reste à faire en matière de requalification de son habitat , et d’éducation , je crois qu’il est possible aujourd’hui de plaider pour un Roubaix ville de marque .
On atteindra d’autant mieux à cet objectif à plusieurs conditions , comme celle de développer la visibilité d la ville à l’échelle nationale , celle d’avoir une stratégie presse plus proactive et réactive et celle encore de valoriser les différents évenements culturels et autres qui ponctuent la vie roubaisienne , mais aussi métropolitaine et nationale .
Alors le Roubaix Bashing ne va pas disparaître comme par miracle , mais on le fera reculer en articulant mieux dans l’avenir une communication participative et de proximité ,et une communication visant à retourner l’image de la ville ciblant en premier les non résidents .

Pas logés à la même enseigne ?

la Presse s’est fait récemment l’écho des retards constatés dans les agglomérations de Roubaix -Tourcoing en matière d’équipements hôteliers .Comparé à Lille ce déficit est bien réel , il s’est même aggravé depuis ces dernières années ,et ne doit rien au hasard .Si l’on circonscrit l’analyse au seul cas de Roubaix le retard est effectivement criant malgré les efforts consentis depuis ces dernières décennies .
Qu’il s’agisse de Formule 1, d’Ibis , du Campanile , de la Réhabilitation totale du Grand Hôtel , et tout récemment de l’ouverture de B&B à deux pas de la Gare , ces implantations ont été âprement discutées ,elles ont été tout sauf un long fleuve tranquille .
C’est que les investisseurs doutent et continuent à douter de la rentabilité de projets d’hôtels sur Roubaix .Sans toujours vouloir l’avouer , ils mettent en avant l’image de la ville , son manque d’animation nocturne , et de façon générale son déficit d’attractivité .Ce ne sont pas les clichés sur Roubaix , une des villes les plus pauvres de France , qui arrangent les choses .Les approches conduites au moment de la construction du nouveau Vélodrome pour y adosser un projet d’hôtel ont buté sur ces considérations .
La densité des projets hôteliers à Euralille et la Gare St Sauveur , et disons le crûment l’activisme Lillois ne sont pas fait pour nous rassurer Même si je ne le souhaite pas , ils peuvent contrarier , voire empêcher l’aboutissement du projet d’hôtel au Parc des Sports qu’a décidé de relancer la Municipalité .
La Métropole ne peut pas se construire sans un aménagement équilibré de son territoire , le projet d’hôtel au nouveau Vélodrome à Roubaix peut lui donner l’occasion d’en donner une traduction concrète .

Les grands projets en friche .

Les visites ministérielles se suivent , la plus récente celle du Ministre de la ville venu assister à la démolition de deux tours dans le quartier des 3 Ponts , quelques jours avant celle de Damien Castelain et de Barbara Pompili , secrétaire d’Etat à l’environnement , mais dans quel but et avec quel résultat ? hormis peut-être le fait de faire quelques clichés et de faire assaut d’autosatisfaction y compris sur des opérations auxquelles on avait été complétement étranger , il y a sur ce point une certaine indécense qui ne trompera personne .
Mais sur le fond où en sont les grands projets de l’Union et la suite de l’Anru 1 ?Le moins que l’on puisse dire est que sur l’un comme sur l’autre nous prenons du retard et que nous manquons d’ambition .
L’Union ; nous allions voir ce que nous allions voir dixit Gérald Darmanin et Guillaume Delbar lors des deux seules réunions en trois ans des conseils municipaux de Roubaix et de Tourcoing, en l’absence faut-il le rappeler de celui de Wattrelos , en traitant d’archaïques leurs prédécesseurs .Fort bien , mais mais où sont les logements , la cité judiciaire , le projet d’Aréna , les dispositifs techniques et politiques d’animation et de suivi de ce nouveau quartier ? on peine à deviner la volonté d’en faire un des projets phare des tois villes , pendant que dans ce temps Euralille poursuit son développement et que le site de St Sauveur prépare le sien !
Le mêmes interrogations valent pour la suite de l’Anru 1 . J’avais dit il y a quelque temps que nos élus jouaient petits bras sur ce dossier , je persiste et je signe . Certes il est légitime de revisiter les diagnostics sur les quartiers retenus comme futurs sites opérationnels , de finaliser les études stratégiques permettant de préciser les priorités et les programmes d’action , mais il faut avoir le courage de dire que nous aurons besoin de démolir au cœur de l’Alma et dans l’Epeule , et que nous devrons investir dans la requalification comme dans la construction de nouveaux équipements scolaires .Autant de sujets qu’évitent soigneusement d’aborder nos élus .

La politique de la ville un échec ?

Les événements d’Aulnay remettent sous les feux des projecteurs la politique de la ville , un thème il est vrai peu présent jusqu’ici dans les programmes des candidats à la future élection présidentielle .Pour les uns , ceux-ci signent bien l’échec d’un politique menée à grands renforts de moyens depuis ces dernières années ( sentiment partagé par des homme de droite comme de gauche , comme Malek Boutih député PS de l’Essonne )
Pour les autres , le jugement est nettement plus nuancé , s’il admettent une complexité et une lourdeur de la politique de la ville , des résultats en demi teinte sur l’image des quartiers concernés et la vie de leurs habitants , ils en récusent l’image de ghettos et de zones de non droit.
Le diagnostics et analyses d’experts comme Davezies , Guilly ou Maurin , les propos sans concession de maires de quartiers en politique de la ville , pointent pourtant une situation plus que préoccupante .
Au moins dans trois domaines .Celui des rapports entre les jeunes et la police .Aulnay prend place dans une longue série d’incidents de plus en plus violents sur fond de trafics en tout genre et d’abandon d’une police de proximité au bénéfice de groupes d’intervention pour qui la prévention n’est pas la priorité première .
Celui des difficultés de l’accès à l’emploi qui trouve son origine dans un décrochage scolaire en progression Quand s’y ajoutent les problèmes bien réels de discrimination ,la boucle est bouclée e les chances de s’en sortir s’en trouvent d’autant diminuées .
Celui de la remise en cause de la présence et de la qualité des services publics dans les QPV.Ce n’est pas par hasard si nous avons placé en priorité la qualité des équipements scolaires qu’il s’agisse des écoles comme des collèges et considéré l’importance de maintenir et de conforter le réseau des centres sociaux comme leviers de lien social et de développement .
Je ne dirais jamais que la politique de la ville a été un échec , même si elle est difficile et éprouvante .La situation quartier par quartier présentée lors du dernier conseil municipal concernant le volet territorial roubaisien du contrat unique d’agglomération n’est pas la marque de son inéfficacité .La grande pauvreté est liée à son histoire de ville industrielle en constante mutation.
Il y a des raisons d’ésperer quand on voit la richesse des initiatives de ses habitants et leur capacité de solidarité.Le défi qui lui est posé pour l’avenir est de mettre en pratique ce qui lui a manqué en partie :celui d’articuler les actions sur le bâti avec les autres problématiques que sont l’emploi,l’éducation , la santé ,ou la culture , le plus sûr moyen de lutter contre les phénomènes de repli et de ségrégation.
Raison de plus pour Roubaix d redoubler d’effort , de rester lucide et de ne pas s’arc bouter sur un projet en décalage avec la réalité.

Attention aux comparaisons trop rapides

Il y a quelques jours ,Bruno Renoul dans  » un point de vue  » paru dans Nord Eclair faisait un rapprochement entre les difficultés de la majorité municipale actuelle et les dissidences apparues au moment de la constitution des listes aux élections municipale de 2014 , avec la victoire surprise de GD .
J’ai déjà eu l’occasion de dire mon désaccord avec cette analyse car les situations de 2014 et de 2017 ne sont pas identiques .J’ai hérité en 2012 d’une équipe qui n’était pas la mienne , en voulant la renouveler , en écarter des éléments qui de fait me contestaient la légitimité de me succéder à moi même ,sans véritables appuis et conseils de l’appareil fédéral ,dans un contexte national anti Hollande particulièrement virulent , la multiplication de listes dissidentes a conduit au résultat que l’on connaît .J’ai toujours dit que je tenais à porter la responsabilité d’une défaite qui reste une véritable épreuve pour moi ,tout en reconnaissant que des choix moins tranchés , une vigilance plus appuyée de mon prédécesseur auraient très certainement inversé le résultat , mais on ne refait pas l’histoire !
La situation à laquelle nous assistons aujourd’hui est inédite, à mi-mandat on assiste au spectacle d ‘élus qui se racontent à longueur des réseaux sociaux , font part de leurs ambitions comme de leurs déceptions , mettent en cause le Maire ou son 1er Adjoint , voire leurs collègues sous les yeux ébahis des services comme des habitants .
Rien de comparable avec le fonctionnement des équipes municipales des majorités municipales précédentes .La victoire surprise de l’équipe , son manque de préparation , comme des erreurs patentes de casting y ont leur part de responsabilité .On aurait pu attendre de la gouvernance politique choisie , avec un Maire se consacrant à la promotion et au développement de sa ville et un 1er Adjoint tout entier consacré aux grands projets et à la gestion de la ville qu’elle gomme ces lacunes .Ca n’a pas été le cas , GD a commis l’erreur à peine élu de courir plusieurs lièvres à la fois : la Mel , Le Conseil Régional ,quant à MAP son style et parfois ses méthodes abruptes ne vont pas dans le sens de l’apaisement , ce qui n’enlève rien aux compétences qui sont siennes et à sa connaissance reconnue du fonctionnement communal.
Et il y a plus grave , aux tiraillements d’une équipe municipale où chacun joue sa partition , s’ajoute dans des proportions de plus en plus inquiètante un malaise voire une souffrance de l’administration communale .Les départs nombreux enregistrés dans l’encadrement en sont le signez le plus évident,et exprime assez bien le sentiment de beaucoup d’agents de ne pas être considérés ,suspectés mêmes , en même temps que déconcertés par un clientélisme en pleine progression .
Alors oui , à mi mandat la situation est explosive et finalement contraire aux intérêts et aux besoin des habitants de Roubaix .Au lieu d’aller au CES de Las Vegas , GD aurait du consacrer un peu de temps à réfléchir sur les moyens de redresser une situation bien compromise .La gouvernance apaisée c’est de savoir écouter .

Roubaix c’est aujourd’hui !

La majorité municipale en est convaincue , le destin de la ville a complétement changé depuis sa victoire inattendue aux dernières élections municipales de mars 2014 . Inauguration après inauguration , poses de premières pierres, mise en œuvre des opérations liées à l’ANRU ou au PMRQAD , lancement des travaux du Parc Barbieux , avancée du Campus Gare , tout ou presque est à porter à son crédit : Roubaix c’est aujourd’hui et demain le résultat de son action et de son influence à la Mel, au Conseil Départemental et au Conseil Régional.
S’il faut savoir tenir compte des résultats enregistrés en matière de propreté urbaine , d’animation et de démarrage de l’opération Blanchemaille , globalement nos nouveaux élus devraient être plus modestes .Mais il est vrai qu’une communication abondante et complaisante les empêchent de voir et de prendre la mesure de réalités bien différentes .
Les effets d’annonce se multiplient et sont érigés en méthode de gouvernance , on en voit le résultat sur la maison à 1E , la création d’une maison consacrée au zéro déchets , en matière de politique sportive et d’action commerciale .Au delà de ces gesticulations et improvisations , il y a plus grave , la démobilisation du secteur associatif , une politique tarifaire qui pénalise les revenus les plus modestes mais pas qu’eux , une insécurité qui progresse , une activité commerciale qui souffre ,un marché immobilier qui pousse les valeurs vers le bas ,et l’on a bien du mal à discerner les contours d’un projet pour la ville et son ambition .Le quartier de l’Union qui devrait en constituer l’ossature reste en panne malgré des déclarations répétées .
OUI on continue de venir à Roubaix à la Piscine , pour les grandes manifestations culturelles , L’Usine et Mac Arthur ne désemplissent pas , le pôle universitaire se renforce , OVH et ANKAMA sont devenus des fleurons de renommée internationale , les Start Up de Blanchemille sont prometteuses , mais dans le même temps les fractures s’élargissent entre le sud de Roubaix , Barbieux et les quartiers populaires qui sont la majorité .
Il ne s’agit pas d’accabler la majorité municipale de tous les maux ,mais on pourrait au moins attendre d’elle qu’elle prenne l’exacte mesure des problèmes et qu’elle ait plus de considération pour son opposition.Et que dire de certains élus multi cartes qui s’épanchent sur la Toile sur des sujets le plus souvent futiles et bien loin des préoccupations des habitants des quartiers
Il est plus que temps d’un changement de cap et de méthode s’opère , à supposer que la volonté e le faire existe .On en douter quand en plus on voit s’assécher au fil des mois les ressources humaines de la mairie avec les départs de compétences reconnues .

le logement, l’oublié du débat des primaires.

Y a t-il une fatalité à ce que le logement soit en général évacué des débats publics , comme cela a encore été le cas lors des Primaires de droite ? Le fait est que le logement ne fait pas recette ,peut être parce que il est le domaine des initiés ,que la maitrise du sujet ne va pas de soi , alors qu’il est une des grandes priorités des français .On pourrait dire la même chose pour tout ce qui touche au parc privé , à la lutte contre la précarité énergétique et au renouvellement urbain .
La sécurité , l’emploi , l’éducation , accaparent le plus souvent l’espace public et l’intérêt des médias .Sans nier l’actualité et l’importance majeure de ces questions , on continue néanmoins à faire l’impasse sur le logement.
Ce ne sont pas pourtant les signaux d’alerte qui manquent .Chaque année , le rapport de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du mal-logement en France et là pour mettre en évidence la gravité du problème et le fait que la production d’un logement accessible marque le pas renforçant ainsi année après année les inégalités .Il en va aussi des rapports annuels des associations caritatives qui montrent l’aggravation de la précarité et de la pauvreté et la part de plus en grande de personnes sans logement.
Ce n’est pas tant de nouvelles lois ou de nouveaux dispositifs dont on a besoin , ils n’ont pas manqué ces dernières années ! mais bien de choix budgétaires et d’une gouvernance simplifiée à tous niveaux garantissant la réalité du droit au logement pour celles et ceux qui en sont les éloignés .
Une France de propriétaires comme la revendiquent les candidats à la primaire de droite ne fait que renforcer les inégalités , raréfier l’offre de logement en provenance du parc privé , et rendre plus difficiles les parcours résidentiels .
C’est dire combien la politique du logement a besoin d’être débattue , et de sortir de la discrétion dans laquelle elle reste enfermée alors qu’elle est au cœur des préoccupations de nos concitoyens .