Pauvreté et précarité :la Côte d’alerte.

Au moment de la réouverture des restaurants du cœur, des évocations répétées des difficultés grandissantes auxquelles sont confrontés nos concitoyens pour se loger, s’alimenter, se soigner, quand n’est-il sur Roubaix ?

C’est un sujet que beaucoup n’aiment pas traiter au prétexte qu’il stigmatise inutilement la ville, préférant mettre en avant ses contrastes et ses réussites en matière culturelle, de créativité et de vitalité de son tissu économique.

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On ne peut enlever à Roubaix cette réalité qui lui permet de ne pas sombrer. Pour autant, il serait irresponsable de ne pas être suffisamment attentif à la montée de la précarité et de la pauvreté . Toutes les associations caritatives, les réseaux de solidarité, les structures d’accueil, le disent et alertent. C’est vrai que Roubaix a dans ses gènes cette capacité à aider l’autre, mais cette fois les vents contraires sont de plus en plus puissants.

Parcourir la ville quartier après quartier, entendre les alertes des acteurs de la solidarité permet de se rendre compte de la gravité que représente cette fracture qui a terme peut annihiler les efforts menés avec obstination pour sauvegarder le lien social et redonner espoir et envie de s’investir dans la ville et de participer à son avenir.

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Alma gare, suite..

Quatre articles rien que ça pour évoquer les tensions récurrentes dans le quartier à propos de la rénovation urbaine, et les causes  » du sentiment d’abandon et de stigmatisation dont souffrent les habitants »

Le malaise vient de loin, il y a toujours eu beaucoup de difficultés de la part des institutions, municipales et autres, à trouver le bon tempo et la bonne méthode pour avoir un dialogue apaisé avec le quartier pionner dans les années 70 et i0 en matière de luttes urbaines.

L’annonce du programme de rénovation urbaine en est une bonne illustration.Si la restructuration de l’opération historique de fontenoy frasez est parfaitement justifiée, les autres démolitions sont vécues et ressenties comme un saut dans l’inconnu sans que soit prise en compte la réalité d’une appartenance réelle au quartier de ses habitants.

Un quartier où l’on oublie trop souvent de rappeler qu’il abrite des services à la personne tout à fait performants comme la maison médicale de la rue de l’alma et surtout un centre social qui a travers ses activités à forgé des liens précieux avec des générations d’habitants.

Retrouver la confiance avec le quartier est possible si l’on sait renouer le dialogue entre tous les acteurs du quartier et ses habitants, revoir la méthode de communication et d’information, repasser en revue sans tabou le contenu du programme de rénovation urbaine et se donner ou se redonner quelques ambitions fortes autour de l’alma gare comme territoire zéro chômeur.Il n’est pas trop tard pour retrouver le chemin de la raison.

Les erreurs de Poutine.

Poutine imaginait balayer l’Ukraine en 3 jours, c’est tout le contraire qui s’est produit. L’agresse non seulement a résisté mais le président ukrainien s’est révélé comme un véritable chef de guerre, incarnant une Ukraine tenant tête à une des armées redoutée du moins le pensait-on.

Les images sont cruelles, d’un côté un leader sans complexe, présent sur tous les fronts, de l’autre des images d’un dictateur dignes du film de Chaplin, discourant avec lui même dans les décors suranes du Kremlin.

Poutine aura réussi le tour de force de faire de l’Ukraine une nation, de réanimer l’Otan, et d’amener les puissances européennes à bâtir des stratégies alternatives à leur dépendance au gaz et au pétrole russe.

Soyons lucides, le pire est encore possible, quand pas un jour ne se passe sans que l’on évoque l’utilisation de l’arsenal nucléaire. Il faudra bien pourtant un jour se mettre autour d’une table pour négocier. Les États Unis détiennent la clé de cette négociation mais pas seuls, à côté de la Chine et de l’union européenne. Une négociation pour le moins difficile, revenir aux frontières ukrainiennes d’avant les accords de Minsk paraît dans tous les cas un pari risque. Le général hiver aura sa part dans l’engagement de cette négociation pas plus large qu’un trou de souris.

Musée de la Piscine : si l’on rêvait un peu.

Fichu covid ! qui m’a empêche de participer à la cérémonie de remise décoration de la légion d’honneur à Bruno  Gaudichon. Quelle aventure que ce musée ! faite de rencontres, de paris fous, de fierté retrouvée, d’expositions mémorables, et qui parle tant aux roubaisiens de tout âge, de toute condition et de toute origine. Un immense merci à Bruno Gaudichon pour l’apport à Roubaix, à la métropole, mais pas que, d’un musée populaire au sens noble du terme.

Les batailles pour le faire renaître, en assurer l’extension, l’animer, ont été rudes mais grâce à lui et à d’autres qui se reconnaisseront certainement, elles en ont fait un lieu unique qui explique la place qu’occupe aujourd’hui le musée de la Piscine dans les équipements culturels de notre territoire national.

C’est peut-être le moment de penser à d’autres développements pour étendre les ateliers, faire connaître les autres pépites des collections du musée comme celles de ses fabuleux tissus. Autant de raisons pour le nouveau médaille de reprendre son bâton de pèlerin.

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Une rénovation urbaine chaotique.

Il ne se passe pas une semaine sans que l’on parle des difficultés de la rénovation urbaine engagée dans plusieurs quartiers de Roubaix.

Celle- ci pose ou repose des questions de fond au delà des réactions et des revendications légitimes des habitants concernés.

La première, est l’impression ressentie de calendriers fuyants ou totalement irréalistes. L’absence d’un pilotage politique depuis le retrait de Max André Pick, y est pour beaucoup mais pas que. Le Pnru de Roubaix a souffert des le début de cet à peu près permanent qui amène l’achèvement des opérations à l’horizon 2030-2035. Bonjour les dégâts!

La deuxième est l’addition d’opérations, certaines très discutables, sans lien avec un projet urbain cohérent en appui à une stratégie de développement dont à besoin le territoire roubaisien.

Parmi les choix discutables, on pourrait citer la destruction de la cité Flipo et des ilots d’habitations ouvrières comme ceux bordant la rue Lafayette dans le quartier du Pile, la démolition de la rue des Ogiers dans le quartier de l’Epeule. où encore une approche sans nuance du quartier Alma gare faisant fi de son histoire et de ses habitants.

La troisième question est de s’interroger sur le pourquoi du si peu d’intérêt manifesté vis à vis de la rénovation urbaine qui pourtant structure et organisé la ville ainsi que son attractivité pour l’avenir ? Et si c’était tout simplement la difficulté de voir et reconnaître le potentiel et les atouts des quartiers populaires en attendant que leurs habitants quittent la ville.

Retour de l’alma Gare dans l’actualité roubaisienne.

Un vent de fronde est en train de monter dans l’alma gare, il est vrai que la mise en œuvre du programme de rénovation et de ses démolitions inquiète beaucoup les habitants quant aux modalités et les lieux de leur relogement.

A voir et entendre leurs réactions, je revois en accéléré l’histoire d’un quartier impacte depuis le début des années 70 par une rénovation urbaine en réalité jamais achevée et d’habitants s’organisant sous des formes diverses pour se faire entendre, dans le prolongement de ce qui avait été l’Apu (l’atelier populaire d’urbanisme)

L’alma gare ne peut être réduit aux clichés dont on l’affuble trop souvent. C’est un quartier qui a une longue tradition des luttes collectives, un quartier aussi où le centre social a contribué à éveiller à la citoyenneté bon nombre d’habitants.

Plutôt que d’être droit dans ses bottes, la majorité municipale ferait mieux de ne pas répéter l’erreur qui a été la sienne dans le quartier du Pile dans le quartier du Pile avec la table de quartier en revoyant sa méthode de concertation. Elle aurait enfin à faire sienne une demande de dérogation de la réglementation de l’Anru de façon à pouvoir reconstruire sur site une partie des logements démolis.

Camaïeu :une liquidation qui aurait pu être évitée ?

On ne redira jamais assez le choc de l’annonce de la liquidation de Camaïeu et de la fermeture de ses magasins, enseignes familières à beaucoup sur nos territoires.

La crise du prêt à porter ( on consomme de plus en plus low cost laissant ainsi de moins de place aux marques moyennes comme le soulignait encore récemment l’économiste Daniel Cohen) la fermeture des magasins liée au covid, les choix de gestion du dernier repreneur ne trouvant rien de mieux que de suspendre le paiement des loyers, et la succession des fonds de pension à la stratégie court termiste, ont précipité dans le mur une entreprise créee en 1984 par 4 mouste quaires venus de Auchan.

Pouvait-on éviter une liquidation redoutée  par des salariés attachés à une entreprise dans laquelle certains étaient rentrés des sa création ? Opposition comme majorité locales se rejoignent sur le fait que la liquidation aurait pu être évitée si l’état, la région et l’actionnaire avaient des signes tangibles permettant de credibiliser le plan de reprise.

A l’opposé de ce qui avait été possible pour la Redoute, il n’y a pas eu de plan de bataille collectif pour sauver Camaïeu. A l’époque l’investissement de Martine Aubry, pdte de la Mel, de Pierre de Saintignon, des syndicats et des collectivites locales avait pesé dans le sauvetage de la Redoute.Pour Camaïeu l’engagement de l’actionnaire n’a pas été jugé convaincant et le plan de bataille trop tardif et dispersé.

Dans ce qui constitue un drame pour l’emploi, on peut aussi mesurer l’isolement de Roubaix. Je me doute que le maire de roubaix aura tiré les sonnettes d’alarme et qu’il ne s’est contente des communiqués de circonstance, mais il apparaît bien seul et isolé et roubaix avec lui.

Insécurité routière.

On ne peut pas dire que circuler en voiture à roubaix soit de tout repos ! Il y a une conduite à la roubaisiennes dont les manifestations et les excès sont disons le exécrables.

Les stationnements intempestifs en double sens pour une raison ou pour une autre, le non respect des feux tricolores, la vitesse excessive voire plus, les appels sonores au moindre ralentissement n’en sont que quelques manifestations qui répétées à la longue empoisonnent la vie. L’insécurité routière ne recule pas, c’est le moins que l’on puisse dire, sans parler des fous furieux et de leurs rodéos sauvages.

Roubaix n’est pas la seule ville où les habitants se plaignent de ces comportements mais la côte d’alerte y a été atteinte, sans que cela ne semble beaucoup déranger. N’ajoutons pa cet élément à celles et ceux qui déjà découragés par les atteintes à la qualité du cadre de vie y trouvent des raisons à quitter une ville pourtant passionnante.

Impressions de rentrée.

Maurice Decroix il y a quelques jours m’a gentiment recommandé l’écoute du poscat de Guislain Prouvost sur France Culture. Héritier d’un groupe industriel indissociable de l’histoire de Roubaix, confortablement installé à Bruxelles, gérant une fortune assez conséquente repartie entre participations dans des entreprises qualifiées par lui de sérieuses et rentables, activités dans l’immobilier et le patrimoine bâti qu’il qualifie pour ce dernier comme sa danseuse, il nous livre crûment son histoire, la sienne et celle du peignage et les raisons de sa chute.

Il faut écouter et réécouter son récit. Le moins que l’on puisse dire est que la vision de Roubaix passée et présente décrite par Guislain Prouvost fait plus que sursauter. Dire qu’il n’y a rien à voir à Roubaix devenu de fait une ville musulmane est vraiment insupportable. On serait en droit d’attendre du descendant d’une famille qui a façonné Roubaix autre chose que ces clichés sommaires.

Sur un tout autre sujet celui du dossier de la rénovation urbaine à Roubaix, celui-ci reste un vrai sujet d’expectative, en terme de pilotage politique depuis le retrait de Max André Pick , de mise en œuvre opérationnelle, et de contenu. Disons le ce dossier donne l’impression d’être complètement encalmine.a l’heure où est annoncée une réorientation de l’Anru peut-être serait-il judicieux de demander une clause revoyure sur la convention signée en grande pompe sous l’égide de la Mel, occasion de remettre en question des choix contestables comme la démolition de la rue Cugnot dans l’Epeule, celle de la cité flippo au Pile ou encore à l’alma. Affaire à suivre.

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