un pan d’histoire de roubaix oublié !

Un récent article de NE et de la VDN sur le couvent de la visitation et son projet de transformation , jette une lumière sur un pan d’histoire de Roubaix : celui de l’essor des institutions religieuses liées ou non à l’enseignement dans la période allant de 1880 à 1914 , au moment de l’essor industriel de Roubaix La ville a vu alors se construire ou s’établir plusieurs couvents : celui des Clarisses dans le quartier de l’Epeule , des Dominicaines à Barbieux dans ce qui deviendra le lycée Beaudelaire après la séparation de l’Eglise et de l’Etat , des soeurs de la Visitation dans le couvent du même nom dans le quartier de l’hommelet , et celui des franciscains dans le quartier du Cul de Four , dans un bâtiment à l’église St François .

A ces congrégations venues s’installer à Roubaix , pour certaines à l’initiative de fidèles et de particuliers liés aux milieux industriels , s’ajoutent d’autres établissements comme celui des petites soeurs de pauvres rue st jean , maison de retraite en activité jusque 1999 , ou l’implantation des soeurs du st sauveur d’Oberbronn place de la Liberté dans des locaux aujourd’hui occupés par la maison des associations , et celles des soeurs de la ste famille , rue de Lille , dans ce qui deviendra ultérieurement le foyer de l’Oasis et de la compagnie des filles de la charité au 127 bd de Strasbourg .

Contemplatives ou impliquées dans des activités d’accueil, de soins , d’accompagnement de publics souvent très modestes , ces congrégations aujourd’hui disparues à quelques exceptions près , ont marqué de leur empreinte l’histoire contemporaine de Roubaix . Leur histoire reste encore à écrire .

l’élargissement de la rénovation urbaine confirmé pour le quartier du Pile .

J’avais déjà eu l’occasion de m’exprimer sur mon blog en octobre 2020 sur l’élargissement du projet urbain concernant le quartier du Pile . L’engagement confirmé de l’Anru sur ce quartier en plus du programme déjà mis en oeuvre depuis 2012 par l’intermédiaire du PMRQAD avec l’aide de la Fabrique des Quartiers , est en soi une bonne nouvelle , mais les questions formulées alors demeurent , notamment trois d’entre elles .

La première concerne la concertation . Le confinement n’a pas permis l’organisation des réunions publiques de présentation du programme de rénovation et la concertation avec les habitants du quartier , il est impensable toutefois de ne pas offrir un dispositif de travail et de communication qui pallie à ce déficit .La deuxième est liée à l’absence dans le choix des sites du périmètre délimité par la rue du Pile , la rue Molière , le Bd de Mulhouse et la rue Hoche , certes moins dense que celui des rues Thiers et Lafayette mais qui offre un vrai potentiel .La troisième est la question des liaisons avec le canal , l’aménagement du Pile ne peut se réfléchir sans prendre en compte cette dimension .

Il serait dommage de faire l’impasse sur ces questions pour un projet urbain qui va modifier en profondeur le Pile et qui va s’étaler sur une bonne dizaine d’années .

Giscard d’Estaing et Macron : frères siamois !

La disparition de Giscard d’Estaing s’est accompagnée de plusieurs rétrospectives sur sa carrière politique , et sa Présidence . Tant les historiens que les commentateurs politiques et journalistes , n’ont pas manqué de mettre en relief les similitudes entre Giscard et Emmanuel Macron : jeunesse , même appartenance à l’élite , sensibilité réciproque aux questions de société , libéralisme en matière économique , ouverture à l’Europe , volonté de modifier les codes politiques , et pour l’un comme pour l’autre la confrontation à des crises majeures : le choc pétrolier et la fin des 30 glorieuses pour Giscard , la crise des gilets jaunes , le terrorisme et la covid 19 pour Emmanuel Macron .

S’il est vrai que les comparaisons s’imposent , il y a aussi beaucoup de divergences entre les deux hommes . de milieu social d’abord , Giscard était issu de la grande bourgeoisie ce qu n’est pas E. Macron d’extraction plus modeste , de bilan politique ensuite . Les réformes sociétales de Giscard ( on en redécouvre aujourd’hui l’importance dans notre vie quotidienne ) ont été majeures, celles d’E.Macron se limitent à l’extension de la PMA , la réforme des retraites qui devait être la mère des réformes se trouve reportée à des jours meilleurs , pour ne pas dire enterrée purement et simplement .La politique du « en même temps  » d’E Macron se heurte au même scepticisme que la volonté de Giscard en son temps de gouverner au centre pour mieux rassembler . Et l’on pourrait multiplier les exemples sur l’Europe et la politique étrangère , où les comparaisons ne plaident pas en faveur de Macron .

Giscard jusqu’au bout était persuadé de gagner face à Mitterand en 1981 , à l’approche de la prochaine échéance présidentielle , E. Macron peut commencer à douter . Faute d’adversaires crédibles à gauche ( sauf si Anne Hidalgo se décide) comme à droite , il peut estimer avoir le champ libre , sauf que la gestion du covid pèsera lourd dans la balance et le conduire aux mêmes déconvenues de Giscard , ou alors préféra t-il ne pas se représenter contraint et forcé comme F. Hollande ? ironie de l’histoire !

savoir balayer devant sa porte avant de parler .

Il ne se passe pas de jour sans que l’on parle de Roubaix dans les médias , un jour le zéro déchet , un autre la mise en exergue du Maire en tant que 1er signataire de l’appel à une relance de la politique de la ville , un autre encore à propos de la distribution devant l’hôtel de ville de vêtements et de biens de première nécessite , aujourd’hui sur une chaîne télévisée sur le bilan de la maison à 1e , quand ce n’est pas pour vanter l’imagination créatrice de la ville à transformer son patrimoine industriel . Il ne ds’agit pas de faire la fine bouche sur des reportages qui rompent avec la vision longuement répétée de la ville la plus pauvre de France , mais à forcer le trait on en oublierait quelques vérités

Ainsi , si j’apprécie que le Maire de Roubaix soit à la pointe du combat pour une relance de la politique de la ville , je ne peux pas ne pas rappeler que Roubaix ne donne pas l’exemple pour son projet de PNRU qui , à ce jour n’est toujours pas finalisé , de même pour l’affection et les priorités de sa dotation de solidarité urbaine pour le moins contestable quand les bénéficiaires ne sont pas les quartiers en politique de la ville . Revendiquer des moyens exceptionnels c’est bien , mais c’est oublier en même temps que la ville n’est pas forcement la plus mal lotie dans les politiques publiques de toute nature et qu’elle a à ce titre à s’interroger sur sa stratégie et ses méthodes d’action.

Autre illustration du décalage entre réalité et communication : la maison à 1e , pour intéressante que soit l’expérimentation , elle ne peut résumer à elle seule la politique de réhabilitation et on aimerait que le même écho et encouragement soient données aux actions de réhabilitation menées par ex dil auans les différentes opérations programmées d’amélioration lancées sous l’égide de la Mel .Pour en revenir à la maison à 1e , il aurait été tout aussi utile à se battre pour permettre aux futurs propriétaires à ppouvoir bénéficier de l’APL accession , ce qui n’a pas été exploré .

La majorité municipale n’est pas non plus à une contradiction près quand elle mélange voyeurisme et communication .La distribution devant l’hôtel de ville de biens de consommation et de vêtements n’est pas seulement une attitude de mépris et de manque de respect pour les habitants de Roubaix en situation de précarité mais l’exact contraire de la réalité que veut cacher la majorité municipale , celle d’une ville fracturée plus que jamais à 2 vitesses .

On aimerait plus de retenue et de décense , mais ce n’est manifestement pas le chemin qu’entendent emprunter les élus de Roubaix , élus d’une ville qui leur échappe .

Trop c’est trop !

Il ne se passe pas de jour sans que l’actualité ne soit émaillée de l’évocation de violences policières: évacuation musclée de la Place de la République , tabassage du producteur Michel Zecler , sans parler des propos sévères de la Défenseure des droits , Claire Hédon trouvant choquant que les poursuites judiciaires réclamées par son institution n contre des policiers, notamment dans le cadre de l’affaire Théo, n’aient jamais été engagées .

Le mal est profond , et il ne date pas d’hier . Sont en cause les multiples changements de stratégie en matière de maintien de l’ordre , la chaîne de commandement qui pose clairement la responsabilité du Préfet de Police , et de façon de plus en plus claire celle du Ministre de l’Intérieur . On ne peut pas nier l’intelligence de ce dernier , malheureusement gâchée par un opportunisme et une ambition qui rendent de moins en moins audibles ses références à son parcours personnel et le rappel constant à son républicanisme .

sauf , qu’à vouloir trop en faire , en campant un personnage qui rappelle de plus en plus Nicolas Sarkozy , il s’éloigne de ce que doit être un Ministre de l’Intérieur , un garant des droits et des lois de la République en même temps qu’un défenseur de l’ordre public et d’une autorité sans complaisance .Gérald Darmanin s’éloigne à grands pas de ce modèle qu’avait su incarner en son temps Jean Pierre Chevènement , il est devenu le ministre de l’intérieur des syndicats de police et de leurs revendications .Les palinodies à propos de l’article 24 du projet de loi sur la sécurité globale traduisent un basculement inquiétant

La situation est grave , elle impose de la part du Président de la République des réponses qui rétablissent la confiance : suppréssion de l’article 24 , réforme de l’IGPN , démission du Ministre de l’Intérieur , mais je doute fort qu’il s’impose un tel désaveu .

Roubaix contraste

Il est souvent question de Roubaix ces temps ci dans les médias , conséquence d’une politique de communication assumée et développée par la majorité municipale depuis ces dernières années . la dernière séquence en date est un 6 minutes sur Roubaix , ses trésors cachés et leurs métamorphoses .Qui se plaindrait de la mise en lumière de tous ces lieux liés au passé industriel de la ville qui reprennent vie et en assurent la notoriété sous des formes les plus diverses .Il y a en même temps une vraie fierté à ce que soient ainsi montrées les capacités de résilience de la ville par rapport à son passé , sa modernité et sa créativité .

Reste que Roubaix restera encore longtemps une ville de contrastes , celle d’une ville où comme le disait souvent André Diligent , le Bronx côtoie Manhatam où la précarité continue de progresser et les fractures de s’élargir entre quartiers populaires et secteurs résidentiels . La question centrale est de savoir comment réduire à l’avenir ce contraste qui peut devenir à tout moment explosif .Les premiers pas de la nouvelle majorité me laissent sceptique àn cet égard .

Quartier du Pile , un projet urbain élargi .

Le quartier du Pile , déjà concerné depuis 2012 par le PMRQAD va l’être par le PNRU , telle est du moins l’intention de la ville de Roubaix .Celle-ci entend ainsi élargir le projet urbain à plusieurs îlots situés à proximité de la Condition Publique ( Cité Flipo et ex locaux de la Solidarité ) et aux logements des rues Thiers et Lafayette dont la destruction permettrait une ouverture sur la rue Lalande de façon à désenclaver le quartier , ajoutée à un objectif renforcé de la rehabilitation , le projet urbain du Pile prend une nouvelle dimension , mais ce n’est pas sans poser plusieurs questions .

La première est la réponse des instances de l’Anru l’intégration du quartier du Pile dans le PNRU roubaisien alors même que le quartier du Pile est déjà engagé depuis plusieurs années dans la mise en oeuvre du PMRQAD .La 2ème question porte sur le choix des sites . Le désenclavement du quartier est certes coherent avec la démolition envisagée des logements des rues Thiers et Lafayette , mais il s’agit là d’un habitat majoritairement composé de propriétaires occupant très modestes qui auront beaucoup de difficultés à trouver des solutions alternatives .

La 3ème question comporte une interrogation sur le fait que le projet urbain du Pile revisité reste bien vague sinon muet sur les liaisons du quartier avec le Canal et sur les terrains situés de l’autre côté du Bd Beaurepaire , et n’aborde pas l’avenir du périmètre délimité par la rue du Pile , le bd de Mulhouse et la rue Hoche ou est implanté le service municipal des espaces verts .

la 4ème question porte sur les modalités et les dispositifs de concertation . L’ampleur du projet et sa durée plaide pour revisiter les dispositifs de concertation et de redonner du souffle et du contenu à la maison de projet et à son animation , bref de réinventer une Table de quartier , lieu de et de débats .Sans compter qu’il faudra gérer le facteur temps , la restructuration d’un quartier s’étale sur 15 à 20 ans , le temps des habitants sur le court terme .

C’est reparti !

A moins de 2 ans de l’ élection présidentielle les thèmes de la violence et de l’insécurité s’invitent dans le débat public . Il est vrai qu’ils n’avaient jamais véritablement disparu des radars , mais depuis quelques semaines on assiste à une escalade verbale rarement atteinte A commencer par le Ministre de l’Intérieur , Gérald Darmanin qui évoque l’ensauvagement d’une partie de la société française , suivi par Xavier Bertrand faisant référence à Orange Mécanique pour mieux dénoncer le laxisme gouvernemental en matière de sécurité , Valérie Pécresse quant à elle n’hésitant pas à dénoncer les barbares pour qui « le passage à tabac et l’usage des armes est devenu un mode d’expression comme un autre  » Le Rassemblement National n’a plus besoin de s’exprimer , il a trouvé ses relais .Personne n’à à gagner à cette surenchère irresponsable .Au lieu de multiplier ses interventions dans les réseaux sociaux , le Ministre de l’Intérieur ferait mieux de s’attacher à améliorer l’ efficacité de la politique de l’ordre public dont il est responsable . Le Président de la République devrait quant à lui se convaincre que les moyens consacrés à la Justice sont sans rapport avec ses besoins , notamment en matière de prévention et de quotidien .Mission impossible ? ne pas relever le défi est s’exposer à faire reculer un peu plus la crédibilité de la parole publique et de tout ce qui s’apparente à l’autorité et à ses représentants .

retour sur une défaite programmée ?

Ainsi donc la majorité municipale sortante rempile pour un nouveau mandat de 6 ans , une victoire somme toute logique même si Roubaix en commun n’a pas à rougir de son résultat , ayant réussi à rassembler la plupart des forces de gauche et divers gauche , à l’exception de la liste de la France Insoumise conduite par Paul Zilmia .

Je ne suis pas de ceux à vouloir trouver à tout prix des excuses à cette défaite , certes l’abstention , le poids du Coronavirus , et la prime au sortant y ont eu leur part , plus que leur part , mais pas au point de faire oublier l’effet désastreux initial de la division . D’une certaine façon , Guillaume Delbar a gagné par surprise en 2014 , il a aussi gagné par défaut en 2020.

A cet égard , je dois reconnaître que la méthode préconisée il y a 2 ans par ce qui allait devenir « Allez Roubaix  » méthode à laquelle j’ai souscris n’était peut-être la bonne .Le choix en préalable d’un candidat avant la construction d’un projet partagé entre les forces de gauche et les forces progressistes a de fait stoppé net toute perspective de rassemblement avant le 1er tour.
Et demain quand sera t-il ? L’exemple de Marseille laisse entrevoir une note d’espoir .S’y ajoutent maintenant l’existence d’une opposition municipale qui , à condition de monter en puissance dans la durée et de rester unie , peut permettre de mettre le débat politique au bon niveau ; les potentialités offertes par un secteur associatif riche de ses diversités et ses capacités d’innovation ; et la relève générationnelle dans les partis politiques d’opposition .

Autant de facteurs qui peuvent créer une convergence des idées et des programmes qui a fait défaut en 2020 .Une page s’est tournée , le plus important maintenant est de repartir au combat.

l’inanité des discours politiques

Les prises de position récentes du Parti Socialiste tant au niveau de sa Fédération qu’au niveau local sur le fait d’appeler ou non à voter Karim Amrouni sont révélatrices de la crise d’un parti qui n’a plus de repères et de ligne politique .J’attachais déjà depuis pas mal de temps mon scepticisme à ses prises de position , mais là on atteint les limites de la raison avec des expressions totalement hors sol , plus langue de bois que jamais et d’un autre temps .

Ah qu’il est facile de décerner des brevets de socialisme , et de vouer aux gémonies ses amis et camarades d’hier au prétexte de sympathies macronistes ! Pour ma part même si j’ai voté macron aux dernières élections présidentielles , je considère que sa politique , ses méthodes , son alliance de fait avec la droite sont contraires aux intérêts de la France .

A Roubaix , je suis heureux de constater que des femmes et des hommes de gauche , venus par des voies diverses , qu’ils aient été ou non au Parti socialiste ou qu’ils l’ont accompagné ,aient le choix de se réunir et de s’engager pour battre la majorité municipale sortante sur un projet et un programme de rupture .

Occasion de saluer en même temps l’abnégation et l’élégance de la tête de liste d’Allez Roubaix qui au final a su mettre la priorité du rassemblement des progressistes et des forces de gauche au dessus de tout .Quant à moi , simple militant de base , j’espère que les prochaines années verront l’émergence d’un nouveau Parti socialiste reconstruit de la cave au grenier .Ce n’est pas ma situation de paria considéré comme infréquentable au motif de la défaite de 2014 qui me fera changer d’avis.