A en pleurer

le déchaînement de violences à GAZA où plusieurs dizaines de Palestiniens ont été  tués par les forces israéliennes remet en pleine lumière la question palestinienne . 25 ans après les accords d’Oslo et la poignée de mains historique entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin , jamais la perspective d’une solution politique entre Palestiniens et Israéliens n’aura paru aussi lointaine sinon tout à fait impossible .

Pour parachever le tout il y a la décision du Président américain de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem . L’inauguration en grande pompe de celle-ci dans les locaux du Consulat américain à Jérusalem Est donne l’occasion au Premier Ministre Israélien d’en rajouter dans la provocation et d’humilier en même temps les palestiniens   » C’est un grand jour pour Jérusalem , un grand jour pour l’Etat d’Israel . Quel jour de gloire !  »

Comment admettre dans un tel déferlement de violences à Gaza , et dans la remise en cause brutale par Trump du principe admis par la Communauté internationale selon lequel le statut de Jérusalem devait se régler préalablement par des négociations entre Palestiniens et Israéliens , que la voix de la France se fasse aussi discrète ?

Il y a du côté de la France une véritable lâcheté à avoir laissé faire année après année , à avoir fermé les yeux sur la colonisation rampante en Cisjordanie , et à éviter de rappeler les exigences du droit . Un peuple ne peut être brutalisé durablement .

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Faut-il croire au plan Borloo ?

Rarement un rapport n’aura autant été attendu ! celui de Borloo sur la refonte de la politique de la ville avec ses  19 propositions en fait partie . Il est la concrétisation de la mission que lui avait confiée le Président de la République à Tourcoing en fin d’année 2017 , en réponse aux revendications d’élus de tous bords politiques formulées dans un appel solennel dit de Grigny . La démission emblématique du maire de Sevran , avait encore fait monter la tension ces dernières semaines , tout comme la fronde des bailleurs sociaux et des locataires devant les mesures concernant l’avenir du logement social.

le diagnostic sans complaisance dressé par Borloo sur la situation des quartiers en politique de la ville  a fait l’unanimité des élus concernés , il faut lire et relire l’introduction de son rapport qui pointe du doigt le mal des banlieues et de territoires devenus pour certains d’entre eux des zones de non droit , et la dénonciation de dispositifs devenus au fil des ans de plus en plus complexes .Sauf que c’est oublier un peu vite que Borloo a été lui même un Ministre de la Politique de la ville , et qu’il a été le père fondateur de l’Anru , une machinerie dont il critique maintenant l’inefficacité !

Il faut dit-il un plan Marshall pour les banlieues , un homme à poigne pour en gérer la mise en oeuvre , des vraies ruptures pour ramener la République et ses valeurs là où elles ont disparu , et des moyens pérennes qu’aura à arbitrer Macron dans les prochaines semaines . Fort bien , sauf que le point d’équilibre entre les propositions et les réalités des contraintes budgétaires risquent de décevoir bon nombre d’élus locaux . Il y a quelques jours un grand quotidien national montrait les difficultés de l’Etat à pouvoir dégager des marges de manoeuvre suffisantes pour mener une politique de la ville à la hauteur des urgences et des attentes .

En effet ce n’est une mesure gadget comme la création d’une académie des leaders , pépinière de nouvelles élites républicaines ou le rappel de l’importance de l’accès au numérique et de l’insertion par le sport et la culture qui suffiront à inverser la marginalisation de territoires peuplés par 6 millions d’habitants , ni même le rappel de l’enjeu du désenclavement et de transports permettant une réelle mobilité .Les mêmes interrogations valent pour la relance de la rénovation en panne , la lutte contre les copropriétés dégradées , la requalification des espaces publics , la création de nouveaux équipements publics.

La crédibilité du plan Borloo se jugera à l’aune des moyens financiers que saura dégager l’Etat dans la durée et au  pilotage politique et technique qu’il saura mettre en oeuvre en y associant habitants et forces vives des quartiers .J’ai envie de dire à Borloo chiche quand il propose un fonds de garantie de 5 milliard d’euros  pour soutenir la relance de la rénovation urbaine , ou encore quand il suggère que l’Etat reprenne en mains l’emploi  des ressources d’Action Logement . Pour être crédible le plan demande une loi de programmation , il faut savoir ce que l’on veut

Le maire de Roubaix s’agite beaucoup en ce moment dans les colloques et les médias pour réclamer sa part du plan Borloo . Il n’hésite pas à s’afficher avec des élus qui ont eux une légitimité qu’il n’a pas en matière de politique de la ville . Roubaix qui avait quelques avances dans ce domaine est en train de les dilapider alors que ses dossiers quoiqu’il en dise ne sont pas prêts .L’énergie dépensée à se lancer dans des projets mal ficelés comme la maison à 1e aurait  du être mieux utilisée . Il devrait savoir qu’à Roubaix les années comptent double .

L’Union toujours en retard

Il y a un an je regrettais les retards concernant l’aménagement du quartier de l’Union  Malgré les déclarations solennelles des nouveaux élus , plusieurs réunions communes des conseils municipaux de Roubaix et de Tourcoing , l’arrivée d’un nouveau Directeur de la Sem  de la ville renouvelée , les lignes n’ont pas beaucoup bougé dans le quartier de l’Union .

Il y a un contraste flagrant avec l’accélération des programmes d’Euralillle  et de St Sauveur à Lille et l’engagement de nouvelles opérations significatives à l’Union , à l’exception d’un  » Workshop  » avec la Fédération des promoteurs immobiliers pour la réalisation d’un programme de 200 logements .En attendant , le quartier de l’Union s’apparente plus à une morne plaine qu’ à un quartier dont l’ambition initiale était d’en faire un pôle d’excellence de la Métropole .

L’Union serait -elle victime de choix inavoués ? à l’évidence ceux de l’ancien Maire de Tourcoing , pourtant Président  de la SEMVER , laissent de côté le quartier de l’Union , la rénovation du quartier de la Bourgogne , le centre ville de Tourcoing  et l’aménagement du secteur de la Gare accaparent toute son attention . Guillaume Delbar  n’a toujours pas compris l’enjeu que représente l’aménagement d’un nouvel espace urbain de près de 80 ha comme vitrine pour le versant nord est de la Métropole de la ville de demain . Et l’on  ne peut pas compter sur son 1er adjoint qui affirme qu’il  a d’autres choses à faire que de courir après les promoteurs .

Les animateurs du CETI , les responsables de KIPSTA doivent se sentir bien seuls ,  celles et ceux ayant tablé sur L’Union  , et ses retombées sur les quartiers environnants  des trois villes  devront encore attendre . Cette incapacité à afficher une ambition pour l’agglomération de Roubaix – Tourcoing est coupable , comme l’est cette inertie à pouvoir y implanter un équipement phare pour la Métropole .C’est ce que l’on appelle se moquer du monde .

 

7 raisons pour changer d’équipe

René Vandierendonck a coutume de dire que les mandats d’élus sont des CDD que le suffrage universel peut reeconduire ou non .En ce qui concerne la majorité municipale actuelle , il est plus que souhaitable dans l’intérêt même de Roubaix que les électeurs de Roubaix décident d’y mettre fin . Certes tout n’est pas à rejeter dans l’action municipale , la Culture a été sanctuarisée dans ses grandes lignes , le cadre de vie dont la propreté urbaine a fait l’objet d’une attention particulière ( encore que l’on assiste pour cette dernière à un certain relâchement depuis ces derniers mois )  les moyens affectés à la sécurité avec la montée en qualification et en moyens de la police Municipale sont à relever , et l’animation  même si j’en conteste le contenu n’a pas démérité . Mais il y a en dehors de ces quelques points positifs plusieurs raisons qui amènent à souhaiter à sanctionner dans deux ans l’actuelle majorité municipale .

La première est qu’elle n’a pas tenu son engagement d’une gouvernance apaisée , malgré quelques gestes dont la présidence de la commission des finances à un membre de l’opposition , le naturel est revenu au galop : avec une certaine arrogance voire un sectarisme vis à vis d’associations suspectées d’arrière plan politique , comme la LDH , la Solidarité , ou encore l’UPC  , d’autres étant déclarées  » personna non grata  » comme l’ANRJ . Au moins André Diligent puis René Vandierendonck  avaient su en leur temps préserver et s’attirer la collaboration d’hommes et de femmes  qui n’étaient pas de leur bord .Dont acte .

La deuxième raison qui m’amène à souhaiter une rupture est l’absence d’un projet mobilisateur et de perspectives pour Roubaix au bénéfice d’une communication qui privilégie le buzz et l’éphémère . On le voit avec la maison à 1e dont on fait l’alpha et l’oméga de la politique de réhabilitation , l’annonce subite d’un nouveau label concernant les sites sportifs les plus mythiques en France comme à l’Etranger  .de la Communication toujours à propos des visites ininterrompues des ministres du Gouvernement . Mais dans le même temps , la ville de Roubaix en a oublié ou n’a pas pris le temps de répondre à l’appel à projets lancé par le Gouvernement sur les territoires d’innovation . Que l’on sache le Maire de Roubaix est aussi membre des exécutifs de la Mel et de la Région .

la troisième raison est l’abandon de l’éducation comme priorité .Avec un lâche soulagement , en revenant à la semaine des 4 jours , la municipalité a du même coup passé en pertes et profits les activités périscolaires et les clubs qui avaient valeur d’éveil  pour des jeunes scolaires , notamment pour ceux habitant dans les quartiers en politique de la ville . Le courage politique était au contraire de penser d’abord à l’intérêt des enfants et non l’inverse . Que dire aussi du manque d’anticipation en termes de moyens et d’équipements pour les jeunes situés notamment en territoire de la politique de la ville alors même que Roubaix est une des rares villes dans la Région des hauts de France chez qui le décrochage scolaire continue à progresser .

La quatrième raison  est celle liée à la situation de la population active , aux demandeurs d’emploi et aux questions de mobilité . Roubaix s’enorgueillit à juste titre de ses entreprises emblématiques , du succès de ses startups , de leur créativité et de leur capacités d’innovation , des gisements d’emploi dans les nouvelles formes d’économie . Mais le lien et l’articulation avec le monde de l’entreprise , les associations oeuvrant dans le domaine de l’emploi et la mobilité , la Mission locale , la Maison de l’Emploi restent toujours aussi ténus , si ajoute aussi une ingénierie municipale dont la faiblesse ne lui permet pas de jouer son rôle d’animatrice  et d’accompagnement .

La cinquième raison de souhaiter la rupture est la conduite du projet de rénovation urbaine , un projet majeur pour l’avenir de Roubaix .le Premier adjoint en a fait une affaire personnelle , arc bouté sur un projet où il veut être maître du temps donc du calendrier , au prétexte d’une concertation qui n’en est pas une .Or le temps ne travaille pour Roubaix alors que Lille et Tourcoing pour ne citer qu’elles ont déjà fait leur choix .Par ailleurs malgré les engagements du Président de la république à Tourcoing et les propositions à venir de Boorlo missionné pour redéfinir la politique de la ville , les marges de manoeuvre des opérateurs des futurs programmes de rénovation risquent bien d’être réduites . Il y a le PNRU mais aussi le quartier de l’Union qui ne semble plus lui aussi être une priorité pour Roubaix comme pour Tourcoing , autre symbole de l’inertie des deux villes à la Mel .

La 6ème raison de militer pour l’urgence d’une autre gouvernance est la situation de l’ingénierie municipale caractérisée par des départs de techniciens chevronnés et reconnus . Certes il est normal que les alternances s’accompagnent de départs , pour des raisons de choix  personnels ou des évolutions légitimes de carrière .Au demeurant les compétences des nouveaux cadres arrivés en Mairie ne sont pas en cause .Ce qui est en cause par contre c’est l’accélération des départs et un climat interne qui s’est profondément délité .

Roubaix est une ville complexe , faite de contrastes , où la précarité et la grande pauvreté sont des réalités bien visibles , avec aussi une histoire passée et récente à qui on ne prête pas suffisamment d’attention  dans son héritage de frustations voire de violences .Elle a heureusement pour elle une capacité de solidarité exemplaire .Faisons toutefois attention à ce que celle-ci ne s’épuise pas .La majorité municipale de 2014 n’a pas pris la mesure de cette complexité préférant de fait se replier sur sa base électorale et ignorer les 2/3 de la population .Je considère qu’elle s’est disqualifiée et qu’un changement s’impose dans l’intérêt même de la ville et de la place qui doit être la sienne  dans la Métropole . D’autant que des premiers craquements se sont fait entendre et que d’aucuns ne sont pas insensibles aux sirènes d’ En Marche . Enfin le spectacle de certains élus préférant gérer leur délégation comme leur petite entreprise n’est pas fait pour  redorer son blason .

Macron , un discours qui fait du bruit .

Le moins que l’on puisse dire est que le discours de Macron devant l’assemblée des évêques de France au collège des Bernardins a fait du bruit . Mélenchon s’est fendu d’un twitt rageur dénonçant une atteinte intolérable à la laïcité , Valls de son côté a adressé une sorte de rappel à l’ordre   » La laîcité c’est la France , et elle n’a qu’un seul fondement , la loi de 1905, celle de la séparation des Eglises et de L’Etat .La loi de 1905 , toute la loi, rien que la loi . » De leur côté , Alexis Corbière , Olivier Faure , Boris Vallaud , Benoît Hamon , se sont montrés aussi critiques .

C’est surtout les propos du Président de la République   » nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé et qu’il importe , à vous comme à moi , de le réparer  » qui ont suscité l’étonnement , comme d’ailleurs sa présence à une conférence des évêques de France . J’ai pour ma part écouté d’un bout à l’autre son intervention , manifestement ses auditeurs ne goûtaient pas leur plaisir à entendre un Président de la République aller si loin en direction de l’Eglise de France .

Mais il faut aller plus loin . Dans la signification de la présence de Macron à l’invitation de la Conférence des évêques , elle ne doit rien au hasard , elle tient tout à la fois à la volonté de se démarquer de ses prédécesseurs ,  et de s’attirer  le soutien de l’électorat catholique , dont il sait pourtant que le sépare les choix qu’il s’apprête à prendre en matière de bioéthique . Et puis il y a certainement chez lui cette jubilation à montrer sa supériorité intellectuelle . Macron a fait du Macron , plus jupitérien que jamais , mais on attend toujours ce qu’il saura ou pourra dire sur la laîcité .

Un nouveau label pour Roubaix ?

Décidément , Guillaume Delbar est sur un petit nuage !  Paris – Roubaix  lui donne l’occasion de lancer un nouveau label : Iconic Sports  Sites  , destiné à promotionner au national comme à l’international une centaine de lieux réputés pour leurs événements sportifs , à commencer Roubaix pour la course mythique du Paris- Roubaix , les Sables d’Olonne pour  le Vendée Globe , Le Mans pour ses 24h  automobile . En soi l’idée est séduisante ,  mais elle pose tout de même un certain nombre de questions .

La première est celle des moyens  à déployer pour permettre de structurer et de développer un concept aux aspects multiples . la deuxième est celle de l’implication des communautés sportives  , du privé , comme des collectivités territoriales de plus en plus impliquées dans des événements sportifs de portée nationale ou internationale . La troisième  sont les conséquences pour Roubaix de l’annonce  surprise de Guillaume Delbar .

C’est certainement le fait d’avoir à accueillir et donc à supportet la charge financière  de façon  plus régulière d’une étape du Tour de France , c’est aussi de donner une traduction concrète au projet d’aménagement du parc des sports . Faire de Roubaix la capitale des sports cyclistes , c’est enfin , outre le Paris -Roubaix , profiter du Stab pour y organiser une compétition de type des Six Jours , une épreuve qui n’est plus organisée en france depuis 2014.

Les conséquences d’une annonce un peu à la sauvette ne sont pas neutres . La prudence s’impose en la matière , tant cette municipalité a fait de la com ‘ à tout va son mode de gouvernance .

 

logement , et c’est parti pour un nouveau plan !

Le gouvernement vient d’annoncer la discussion prochaine d’une nouvelle loi sur le

logement , une de plus dirons les plus sceptiques , après la SRU , La loi MOLLE dite loi Boutin , la loi ENL , et la loi ALUR avec Cécile Duflot , chacune ayant eu comme objectif de réformer en  profondeur la politique du logement.

Si leurs intentions  étaient bonnes et ont fait bouger les lignes , ces lois n’ont pas pour autant réglé le problème du mal logement en France  .C’est ce que rappelle chaque année dans son rapport la Fondation Abbé Pierre : 4 millions de personnes mal -logées  , 12 millions fragilisées , sont les marqueurs d’une crise de logement qui n’en finit pas .

Le gouvernement revient cette fois à la charge avec un projet de loi dit ELAN  ( évolution du logement , de l’aménagement , et du numérique ) qui concerne à la fois l’urbanisme , les normes de construction , la lutte contre les marchands de sommeil , la gestion des copropriétés , les règles d’accessibilité , la réforme des organismes d’HLM et les rapports locatifs , autour d’un objectif clairement affiché de  » construire plus , mieux et moins cher  »

Chiche , mais encore faudrait-il que le constat dressé par le Président de la République en octobre 2017  « le logement c’est presque 40 milliards de dépense publique et 4 millions de Français mal logés , une politique qui ne fonctionne pas »  ne s’accompagne pas d’une baisse de l’effort public pour le logement comme on l’a vu dans la loi de finances de 2018 . On sait aussi par expérience qu’à vouloir tout traiter à la fois , le risque comme le soulignait l’éditorial d’un grand quotidien est , au lieu de faire un bond , de faire un saut de puce .