Quartier du Pile , un projet urbain élargi .

Le quartier du Pile , déjà concerné depuis 2012 par le PMRQAD va l’être par le PNRU , telle est du moins l’intention de la ville de Roubaix .Celle-ci entend ainsi élargir le projet urbain à plusieurs îlots situés à proximité de la Condition Publique ( Cité Flipo et ex locaux de la Solidarité ) et aux logements des rues Thiers et Lafayette dont la destruction permettrait une ouverture sur la rue Lalande de façon à désenclaver le quartier , ajoutée à un objectif renforcé de la rehabilitation , le projet urbain du Pile prend une nouvelle dimension , mais ce n’est pas sans poser plusieurs questions .

La première est la réponse des instances de l’Anru l’intégration du quartier du Pile dans le PNRU roubaisien alors même que le quartier du Pile est déjà engagé depuis plusieurs années dans la mise en oeuvre du PMRQAD .La 2ème question porte sur le choix des sites . Le désenclavement du quartier est certes coherent avec la démolition envisagée des logements des rues Thiers et Lafayette , mais il s’agit là d’un habitat majoritairement composé de propriétaires occupant très modestes qui auront beaucoup de difficultés à trouver des solutions alternatives .

La 3ème question comporte une interrogation sur le fait que le projet urbain du Pile revisité reste bien vague sinon muet sur les liaisons du quartier avec le Canal et sur les terrains situés de l’autre côté du Bd Beaurepaire , et n’aborde pas l’avenir du périmètre délimité par la rue du Pile , le bd de Mulhouse et la rue Hoche ou est implanté le service municipal des espaces verts .

la 4ème question porte sur les modalités et les dispositifs de concertation . L’ampleur du projet et sa durée plaide pour revisiter les dispositifs de concertation et de redonner du souffle et du contenu à la maison de projet et à son animation , bref de réinventer une Table de quartier , lieu de et de débats .Sans compter qu’il faudra gérer le facteur temps , la restructuration d’un quartier s’étale sur 15 à 20 ans , le temps des habitants sur le court terme .

C’est reparti !

A moins de 2 ans de l’ élection présidentielle les thèmes de la violence et de l’insécurité s’invitent dans le débat public . Il est vrai qu’ils n’avaient jamais véritablement disparu des radars , mais depuis quelques semaines on assiste à une escalade verbale rarement atteinte A commencer par le Ministre de l’Intérieur , Gérald Darmanin qui évoque l’ensauvagement d’une partie de la société française , suivi par Xavier Bertrand faisant référence à Orange Mécanique pour mieux dénoncer le laxisme gouvernemental en matière de sécurité , Valérie Pécresse quant à elle n’hésitant pas à dénoncer les barbares pour qui « le passage à tabac et l’usage des armes est devenu un mode d’expression comme un autre  » Le Rassemblement National n’a plus besoin de s’exprimer , il a trouvé ses relais .Personne n’à à gagner à cette surenchère irresponsable .Au lieu de multiplier ses interventions dans les réseaux sociaux , le Ministre de l’Intérieur ferait mieux de s’attacher à améliorer l’ efficacité de la politique de l’ordre public dont il est responsable . Le Président de la République devrait quant à lui se convaincre que les moyens consacrés à la Justice sont sans rapport avec ses besoins , notamment en matière de prévention et de quotidien .Mission impossible ? ne pas relever le défi est s’exposer à faire reculer un peu plus la crédibilité de la parole publique et de tout ce qui s’apparente à l’autorité et à ses représentants .

retour sur une défaite programmée ?

Ainsi donc la majorité municipale sortante rempile pour un nouveau mandat de 6 ans , une victoire somme toute logique même si Roubaix en commun n’a pas à rougir de son résultat , ayant réussi à rassembler la plupart des forces de gauche et divers gauche , à l’exception de la liste de la France Insoumise conduite par Paul Zilmia .

Je ne suis pas de ceux à vouloir trouver à tout prix des excuses à cette défaite , certes l’abstention , le poids du Coronavirus , et la prime au sortant y ont eu leur part , plus que leur part , mais pas au point de faire oublier l’effet désastreux initial de la division . D’une certaine façon , Guillaume Delbar a gagné par surprise en 2014 , il a aussi gagné par défaut en 2020.

A cet égard , je dois reconnaître que la méthode préconisée il y a 2 ans par ce qui allait devenir « Allez Roubaix  » méthode à laquelle j’ai souscris n’était peut-être la bonne .Le choix en préalable d’un candidat avant la construction d’un projet partagé entre les forces de gauche et les forces progressistes a de fait stoppé net toute perspective de rassemblement avant le 1er tour.
Et demain quand sera t-il ? L’exemple de Marseille laisse entrevoir une note d’espoir .S’y ajoutent maintenant l’existence d’une opposition municipale qui , à condition de monter en puissance dans la durée et de rester unie , peut permettre de mettre le débat politique au bon niveau ; les potentialités offertes par un secteur associatif riche de ses diversités et ses capacités d’innovation ; et la relève générationnelle dans les partis politiques d’opposition .

Autant de facteurs qui peuvent créer une convergence des idées et des programmes qui a fait défaut en 2020 .Une page s’est tournée , le plus important maintenant est de repartir au combat.

l’inanité des discours politiques

Les prises de position récentes du Parti Socialiste tant au niveau de sa Fédération qu’au niveau local sur le fait d’appeler ou non à voter Karim Amrouni sont révélatrices de la crise d’un parti qui n’a plus de repères et de ligne politique .J’attachais déjà depuis pas mal de temps mon scepticisme à ses prises de position , mais là on atteint les limites de la raison avec des expressions totalement hors sol , plus langue de bois que jamais et d’un autre temps .

Ah qu’il est facile de décerner des brevets de socialisme , et de vouer aux gémonies ses amis et camarades d’hier au prétexte de sympathies macronistes ! Pour ma part même si j’ai voté macron aux dernières élections présidentielles , je considère que sa politique , ses méthodes , son alliance de fait avec la droite sont contraires aux intérêts de la France .

A Roubaix , je suis heureux de constater que des femmes et des hommes de gauche , venus par des voies diverses , qu’ils aient été ou non au Parti socialiste ou qu’ils l’ont accompagné ,aient le choix de se réunir et de s’engager pour battre la majorité municipale sortante sur un projet et un programme de rupture .

Occasion de saluer en même temps l’abnégation et l’élégance de la tête de liste d’Allez Roubaix qui au final a su mettre la priorité du rassemblement des progressistes et des forces de gauche au dessus de tout .Quant à moi , simple militant de base , j’espère que les prochaines années verront l’émergence d’un nouveau Parti socialiste reconstruit de la cave au grenier .Ce n’est pas ma situation de paria considéré comme infréquentable au motif de la défaite de 2014 qui me fera changer d’avis.

Vite et à fond

le  15 mars dernier , c’était un peu beaucoup  » gueule de bois  » pour la gauche à Roubaix avec un  Guillaume Delbar à deux doigts de rafler la mise , avec il est vrai une abstention record et les premiers effets dissuasifs du coronavirus . Mais derrière ce résultat , il y a la dure réalité d’un électorat populaire qui à voulu à sa façon sanctionner la division , le manque de renouvellement de l’offre politique , tout en reconnaissant sans trop oser l’avouer que le bilan de l’équipe sortante n’était finalement pas aussi négatif que cela .

Peut être fallait -il cet électrochoc pour amener les responsables politiques à gauche et chez les progressistes à la raison et les convaincre de l’urgence de se rassembler autour d’un projet municipal alternatif à même de donner envie aux habitants de Roubaix de croire en leur avenir .Ne pas saisir cette occasion serait irresponsable . la recherche de l’innovation , de la solidarité , d ‘une ambition pour Roubaix et la Métropole m’amèment à souhaiter le plus large rassemblement à gauche et chez les citoyens inscrits ou non dans un parti  politique . Toutes les fausses bonnes raisons de ne pas y souscrire serait à coup sûr reconduire une équipe qui n’a ni vision , ni projet , ni véritable empathie pour ses habitants à commencer par ceux les plus en difficulté .

La

 

 

Les paris de la rentrée scolaire du 11 mai

A situation exceptionnelle réponse exceptionnelle : le caractère obligatoire de l’école a reculé d’un coup devant les précautions à prendre de toute nature destinées à prévenir le risque de contamination d’un virus aux effets particulièrement dévastateur . La machine de l’éducation s’est mise en marche non sans difficultés , annonces prématurées contredites aussi tôt faites , suscitant les inquiétudes légitimes des parents d’élèves , des enseignants et des élus locaux .

Il était difficile d’imaginer de repousser la rentrée scolaire en septembre sans prendre en compte la situation intenable de centaines de milliers de scolaires pour qui l’enseignement à distance était complètement virtuel , au risque d’aggraver encore plus la fracture sociale sous toutes ses formes .La décision prise d’assurer une rentrée scolaire scolaire sur la base du volontariat à partir du 11 mai reste tout de même un redoutable pari .

On comprend les exigences des enseignants à disposer de masques en nombre suffisant , les précautions des maires à mettre en place une organisation qui prévienne autant que faire se peut les contestations , ainsi que les peurs à vivre au quotidien un déconfinement dans le même temps où les recommandations du Conseil scientifique  sont autant de rappels à l’ordre inquiétants .

Il est du devoir de l’Etat de rassurer , de garantir  au maximum la sécurité sanitaire d’une rentrée scolaire partielle pas comme les autres . Le monde d’après n’a pas d’autres choix que de se réinventer . On jugera très vite si le message a été entendu.

les historiens en retrait?

Le coronavirus a d’une certaine façon libéré la parole ( peut-être pour mieux cacher notre inquiétude collective sur une pandémie et ses conséquences impactant plusieurs milliards d’individus ) Experts de la recherche médicale , politiques de tout poil , grands témoins , politologues , tous sont mis à contribution pour donner leurs analyses d’une crise sans précédent .

Curieusement , un certain nombre de voix sont oubliées dans ce maelström d’information en continu à donner le vertige , celle des historiens en particulier . Il est vrai que le temps long si cher aux historiens se heurte à l’immédiateté qui caractérise si bien notre société d’aujourd’hui avec sa capacité phénoménale d’oubli et de difficulté à pouvoir et savoir contextualiser .

Ce rappel du temps long , de ses rythmes , de ses drames contemporains ou plus anciens  permettrait peut-être d’avoir à nous convaincre que les politiques publiques mises en place pour en corriger et réparer les effets n’ont pas à être des variables d’ajustement budgétaire  et qu’elles ont besoin elles aussi de temps long pour mieux anticiper et démontrer leur efficacité . Pour l’avoir oublié on en paye le prix aujourd’hui , au prix fort .

Le roubaix d’après

Alors même que les modalités de sortie du Coronavirus ainsi que son calendrier ne sont pas encore connus , et que nous n’avons peut-être pas pris la mesure des bouleversements d’une crise qui s’apparente à un véritable tsunami aux conséquences d’une ampleur insoupçonnée , imaginer que la vie va reprendre son cours comme si de rien n’était une fois le déconfinement intervenu , serait pure inconscience .

Les futurs élus qui auront à gérer la ville pour les 6 prochaines années vont prendre de plein fouet les conséquences d’une reprise de l’ensemble des activités à des rythmes , des formes et des niveaux qui vont en déstabiliser plus d’une , voire compromettre leur survie .Ils seront aussi directement interpellés sur ce qui ressort de la crise : la santé , l’emploi , l’éducation , le lien social , la proximité , le lien social , la lutte contre inégalités et les réponses à y apporter à court et moyen terme .

Derrière ces questions c’est l’attente d’une autre façon d’organiser et de gérer la ville  , et un plan d’urgence sociale et économique  inscrit au coeur des priorités de la future gouvernance métropolitaine .

 

 

 

 

 

 

Roubaix confinée.

Etrange  cette promenade de santé un lundi de Pâques après midi , mais un lundi pas comme les autres : un lundi de confinement . Quelques promeneurs , et un choc celui de voir le parc Barbieux désert . Le confinement a en quelques jours fait de Roubaix une ville à l’arrêt hormis les moyens de transports en commun , les services de base comme ceux liés à la collecte des ordures ménagères , la distribution du courrier , l’accès aux soins , la sécurité publique et tout ce qui trait à l’alimentation et aux commerces de première nécessite .Comme si la majorité des actifs de Roubaix s’était évaporée .

Roubaix , une ville où le confinement est plutôt bien respecté sans pour autant avoir comme par enchantement fait disparaître les trafics de l’économie souterraine .Mais un confinement qui pose des questions redoutables : celles des moyens de survie des personnes les plus précaires en perte de liens avec leurs réseaux habituels de solidarité , celle des personnes âgées isolées vivant à  domicile , celles des collégiens en dehors des du radar depuis le début des cours à distance et de l’école à la maison , celles des personnels soignant etc

La presse , et c’est son rôle relaye les initiatives personnelles ou collectives prises à ce sujet dans l’agglomération roubaisienne , elles sont nombreuses , fortes de sens et la démonstration au quotidien de ce qu’est la solidarité dans notre secteur . La municipalité a pris aussi des initiatives qu’il faut souligner en direction du personnel soignant .En remisant de côté la critique , on aimerait de l’équipe municipale sortante  un plan de bataille partage si possible répondant à ces attentes .

élections municipales

La décision du tribunal administratif de rejeter le recours introduit par 3 listes candidates à l’élection municipale de Roubaix remet l’actualité sur le scrutin du 12 mars et ses enseignements .A dire vrai l’attention et les préoccupations de nos concitoyens sont d’autre nature et beaucoup  plus basiques et existentielles .D’ailleurs à ce jour on ne sait toujours pas le calendrier et les modalités de vote pour élire les conseils municipaux des communes ayant besoin d’un 2ème tour , situation sans précédent liée à la crise du coronavirus .

Pour autant , je considère que le 1er tour de ces élections municipales pour les listes classées divers gauche et gauche ont dégagé un ordre d’arrivée qui donne à la liste Roubaix en commun une légitimité et une responsabilité particulière à rassembler , sauf à vouloir jouer le coup, d’après et à se camper dans des postures sectaires d’un autre temps .En relisant les programmes , les points de convergences l’emportent sur les désaccords comme le rejet de ces listes aux politiques publiques mises en oeuvre depuis l’élection d’Emmanuel Macron , Alors cette période de confinement peutêtre l’occasion d’un sursaut de lucidité pour l’intérêt même de Roubaix .