Une journée chez les chaînes d’information en continu.

On en ressort lessive, gavé d’informations répétées en boucle, interloqué par des débats la plupart du temps insipides entre experts, revenants, cadors politiques, animés par des journalistes qui donnent la fâcheuse impression de ne pas y croire eux-même.

Le comble du comble est la façon dont est traitée la guerre en Ukraine. Entre un ancien espion du KGB, des généraux ou colonels en retraite, des journalistes présentés comme grands reporters spécialistes des conflits armes, ajoutés aux experts en stratégie et aux témoignages en direct, c’est à celui qui décryptera le mieux la pensées profondes de Poutine et l’issue de la guerre.

La déconvenue est aussi grande sur le registre de la politique intérieure, où les questions essentielles sont de savoir si Élisabeth Borne peut rester ou non, si et quand il y aura dissolution, même les plus expérimentés de nos commentateurs politiques comme Roland Cayrol y perdent leur latin.

Au bout du bout, s’il y a une recommandation à faire c’est de sortir au plus vite de cet enfer des chaînes d’information en continu et de ne leur consacrer que quelques minutes par jour, en reconnaissant que l’application de la mesure ne sera peut être pas chose aisée.

Malheureuse ingénierie.

A peine annoncé déjà parti ! Le remplaçant du précédent DGS a dû estimer qu’il valait mieux pour lui trouver un autre point de chute que la mairie eu égard aux incertitudes sur le sort de l’exécutif municipal.

Officiellement tout va bien, tout le monde élus comme techniciens, est sur le pont, il n’y a pas de souci à se faire selon les autorités municipales. Sauf que depuis ces dernières années l’hémorragie des cadres de la mairie continue au détriment de l’avancement de dossiers majeurs liés à la rénovation urbaine et que le personnel communal à bien du mal à gérer le quotidien.

Mettre en lumière la question de l’importance de l’ingénierie risque de ne pas trouver un large écho mais les ressources humaines d’une mairie sont pour moi d’une importance primordiale.

Lendemain d’élection.

Le moins que l’on puisse dire : c’est que tous les commentateurs dits avertis. Le 20 juin au matin, on se retrouve avec une assemblée nationale fracturée comme le pays en trois blocs. Ensemble fait l’objet d’un véritable désaveu de la part des électeurs malgré les appels d’Emmanuel Macron ; la Nupes certes est en deçà de ses espérances mais s’affirme comme une force d’opposition riche d’un vivier de militants porteurs des espoirs et des revendications des jeunes générations ; le RN que l’on avait completement sous-estimé s’inscrit dans le paysage politique sans avoir besoin de la proportionnelle ; dans cette nouvelle donne les LR peuvent donner le change mais ne sont plus que les supplétifs de majorités aléatoires.

L’anti Macron à joué à plein pour conduire à une situation à l’issue imprévisible. On en finit pas de payer les conséquences d’une gouvernance verticale déconnectée du réel, sans ancrage local , à mille lieux des préoccupations et difficultés existentielles de millions de français. La rupture est aujourd’hui réelle entre un Président qui n’écoute que lui et le pays, sa responsabilité est totale.

Dans un contexte bien incertain, il y a néanmoins des eclaircies qui redonnent espoir. La victoire de David Guiraud dans la 8ème et l’excellent score de Karima Chouia dans la 7ème en font partie. Le succès sans appel du premier laisse augurer du retour de roubaix dans le giron de la gauche lors des prochaines municipales ainsi que de Wattrelos , mettant fin à un intermède qui n’a que trop duré.

Une défaite prévisible.

Les résultats du 1er tour des élections législatives dans la 8ème circonscription ne sont à dire vrai pas une surprise : on sentait Catherine Osson en perte de vitesse , en difficulté face à son challenger habitué des médias et des plateaux télévisés.

Sauf à assister à une remontada bien improbable, David Guiraud sera élu dimanche prochain actant le retour de la gauche dans l’agglomération roubaisienne. Au delà de cette victoire c’est à plus long terme la perspective ouverte pour un changement des majorités municipales à Roubaix comme à Wattrelos désavouées et sanctionnées sévèrement dans les urnes.

Conseil national de la refondation.

A quelques jours des élections législatives, Emmanuel Macron dans un entretien fleuve à la PQR annonce la création prochaine d’ un conseil national de la refondation comme réponse au changement de méthode évoquée lors de sa réélection. La dénomination de cette nouvelle institution ne doit rien au hasard. Le clin d’œil appuyé au CNR instigateur de réformes sociales majeures à la libération est-il l’annonce par Emmanuel Macron de revisiter du grenier à la cave sa pratique politique, à voir !

C’est que les espoirs mis dans le grand débat en réponse au mouvement des gilets jaunes et ceux impulsés par la convention climat se sont réduits comme peau de chagrin. Alors que dire d’une nouvelle instance alors qu’existe déjà un Conseil économique et social qui a toute légitimité à être un des éléments majeurs du débat démocratique. Quel périmètre et quelle autonomie donner au futur Conseil national de la refondation ? Autant de questions qui laissent planer le doute sur les intentions d’EM, taxe une nouvelle fois d’opportunisme.

Reste à y regarder de près qu’il y a une forte attente dans la société civile au sens large et dans les territoires à des majorités qui transcendent les clivages et les postures de principe et qui renouvellent le débat démocratique. Les partis politiques devraient prêter une attention particulière aux réactions de plusieurs associations nationales qui se montrent intéressées par l’initiative présidentielle. Affaire à suivre.

Stade de France : la honte.

Emmanuel Macron à beau faire dire qu’il renouvelle toute sa confiance à son ministre de l’intérieur, le fait est que ce dernier doit se mordre les doigts de la façon que lui même et la préfecture de police ont complètement patauge lors de la finale de la coupe d’Europe au stade de France. en évitant de justesse un véritable drame.

A deux ans des jeux olympiques on s’attendait à une manifestation, étudiée sous tous ses aspects, à une coordination de tous ses acteurs et à une anticipation prenant en compte les différentes alertes sur l’existence de billets trafiqués. De cela, pas grand chose et une défausse du ministre de l’intérieur sur les supporters anglais, et une défense de ses services poussée à l’aveuglement.

L’image de la France n’en sort pas grandie, la presse britannique est vent debout contre un ministre dont la côte n’est déjà pas fameuse en Grande Bretagne. Les nouveaux écarts d’un ministre qui a bien du mal à savoir se remettre en cause font tâche et pèseront les 12 et 19 juin.

Malaise, Malaise

A peine installé, le nouveau gouvernement se trouve confronté à l’affaire Damien Abad. Pas un journal, pas un média qui ne consacrent article ou interview à ce sujet. La révélation de deux plaintes, l’une classée sans suite, l’autre qui n’a pas débouché à ce jour sur une procédure judiciaire, pose crûment la capacité du nouveau ministre à rester en place.

Comme tout le monde Damien Abad a droit à la présomption d’innocence et ce n’est pas à tout à chacun à se transformer en justicier. Mais quelles que soient les précautions prises par le gouvernement de se réfugier derrière les éventuelles évolutions judiciaires pour se séparer ou non du nouveau ministre, le mal est fait.

Le coup politique de récupèrer l’ex président du groupe parlementaire de LR en ignorant les rumeurs qui couraient avec insistance sur Damien Abad, se transforme aujourd’hui pour la majorité en boulet. En ajoutant que la parole des femmes à décidément bien des difficultés à se faire entendre.

La

L’Ukraine à l’aune des chaînes en continu.

La guerre en Ukraine mobilise les canaux d’information et les opinions publiques. À juste raison, tant l’agression de la Russie, les dénis de Poutine, la brutalité de ses troupes sont insupportables. La résistance des ukrainiens est admirable, fasse qu’au fil des mois à venir le soutien des occidentaux ne s’erode pas et que l’Europe arrête sa valse hésitation sur le fait de savoir s’il faut ou non se priver du gaz russe.

Pour être attentif et à l’écoute des médias sur ce qui se passe en Ukraine, je me dois de dire que je suis choqué des informations relayées quasiment 24 / 24 h par les chaînes en continu. Chacune se croit obligée de faire appel à des experts militaires retirés du service actif ou reporters dits de guerre, et à des reportages mêlant le sensationnel sans respect pour les victimes de scènes de guerre.

La palme d’une information spectacle revient sans contexte cette chaîne en continu donnant la parole jusqu’à satiété à un ancien membre du Kgb dont on peut douter légitimement de son objectivité. Un peu de retenue ne ferait de ma’ à personne!

Mais

Et si cette fois c’était la bonne !

L’annonce de la mise en orbite de la nouvelle union populaire écologique et sociale est un vrai signe d’espoir pour le peuple de gauche mais pas que. Avoir surmonté en quelques semaines ce qui fracturait la gauche est un tour de force à mettre au crédit de Jean luc Melanchon fort de son score et de son avantage à la dernière élection présidentielle.

On verra le 19 juin prochain avec quelle majorité Emmanuel Macron aura à gouverner ou à cohabiter, il y a une forte attente chez les français d’une autre politique répondant à leurs inquiétudes et au ressentiment d’un déclassement concernant des couches entières de la population.

Le moment n’est pas chez le parti socialiste de crier des cris d’orfraie au motif que les valeurs historiques du socialisme auraient été sacrifiées sur l’autel d’une union souhaitée par les militants. Quand on n’a pas été capable de construire et de mettre en dynamique un projet alternatif, la moindre des choses est de faire preuve d’humilité, même si on peut être critique sur la méthode melanchon et rester vigilent sur l’Europe. Pour une fois sachons allier optimisme et réalisme.

Lendemain d’élection.

Bruno le Maire parle ce matin d’un vote d’adhésion en faveur de Macron, laissons le à ses illusions. J’ai beaucoup de mal à croire aux promesses d’ouverture et de changement de méthode formules hier soir. La seule bonne nouvelle est la défaite de MLP et le fait que le front républicain quoiqu’on en dise n’a pas disparu.

Une autre bataille se prépare: celle des élections législatives. J’espère qu’elle permettra de faire émerger une majorité de gauche en mesure de mettre en œuvre la politique de progrès social et de solidarité tant espérée.

Pour la gauche, l’heure n’est plus aux courses d’écurie, aux querelles d’ego, aux auto-proclamations, et encore moins aux oukases vengeurs totalement dépassés en la circonstance. On verra localement si la raison l’emporte et amène à choisir les candidats à même de conduire avec succès les prochains combats politiques.