Le grand débat national : mais pourquoi faire?

Emmanuel Macron est en campagne , inutile d’insister son on man show à Bourgtheroulde devant les maires normands est là pour le prouver . Il ne s’agit pas de bouder le grand débat national qu’il a initié et qui va se décliner durant 2 mois sur tout le territoire mais de faire en sorte que ce débat soit utile et apporte au final des réponses concrètes aux attentes des Français .  

Les interpellations des gilets jaunes pour plus de justice fiscale , celles des élus locaux qui s’insurgent de la machine à broyer qu’est devenu l’Etat rendant plus difficile la proximité qu’ils entretiennent avec leurs administrés , les demandes exprimées de respiration démocratique à travers le référendum d’initiative citoyenne  , et une haine , n’ayons pas peur des mots , contre la morgue et l’arrogance de la classe dirigeante , ne peuvent rester sans réponse .

Sur quoi va déboucher en effet ce happening sans précédent que constitue ce grand débat national ? son démarrage ne rend pas forcément optimiste . Emmanuel Macron , à vouloir se mettre en scène et battre la campagne ,  est rattrapé par son travers : celui d’une pédagogie hautaine et décalée par rapport à l’exigence de mesures immédiates . Qui plus est certains de ses ministres ne font rien pour arranger la situation . Les bourdes  répétées de Benjamin Griveaux en sont une bonne illustration . La confiance ne se décrète pas , en appeler à celle des maires et des citoyens  alors que par ailleurs on affirme haut et fort qu’il n’est pas question de changer de cap apparait bien présomptueux . 

Bien malin qui pourra dire qu’elle sera la situation au sortir de ce débat et les choix qui seront faits : référendum à questions multiples , conférence sociale . C’est dans tous les cas une lourde responsabilité que porte Emmanuel Macron .Dans ce contexte de crise sans précédent , il semble bien seul et ce n’est pas LRM qui en est réduite à répéter des éléments de langage  qui lui sera d’un grand secours .

La République en marche en panne ?

Rarement un désamour n’aura été aussi rapide , il aura suffit en quelques mois de l’affaire Benalla  ( qui est loin d’être finie ! ) de l’intrusion des Gilets Jaunes que peu avaient vu venir , d’une croissance poussive , pour que dégringole la côte de popularité d’Emmanuel Macron désormais l’objet de toutes les critiques : hautin , arrogant , Président des riches  , l’archétipe d’une élite ne comprenant rien aux difficultés de celles et ceux qui se considèrent comme déclassés , incompris , et qui vivent comme une véritable injustice la suppréssion de l’ISF ou l’augmentation de la CSG .

Les alertes des experts en tout poil n’avaient pourtant pas manqué ces dernières années  sans que l’on y prenne garde , et à lui seul Emmanuel Macron ne peut-être taxé d’être responsable des renoncements passés et de ce mal français reposant sur l’illusion que l’Etat peut tout ( en oubliant au passage les citoyens )  que l’empilage de lois suffit à rendre pertinentes  et efficaces des politiques publiques ( alors que dans le secteur du logement c’est tout le contraire auquel on assiste ) et que la France pourrait échapper comme par enchantement aux désordres mondiaux et à la crise climatique .

Nous ne sommes pas en 1789 ni le soir du 13 mai 1968 , mais il y a même exprimée de façon confuse une aspiration à des transformations en profondeur reposant sur des valeurs de solidarité , de justice , d’un meilleur partage des richesses , d’une ouverture aux autres , d’une autre façon de vivre et de consommer .C’est pourquoi vouloir brider le débat annoncé par Emmanuel Macron est une grave erreur . Donner la parole , c’est en permettre la plus large expression , et en respecter la diversité , faut de quoi ce sera un simulacre de débat et une occasion perdue , prélude  à de nouveaux orages . Il n’est pas sûr du tout que les parlementaires de LREM en aient la capacité et la lucidité .

Philippe Petain : L’erreur d’Emmanuel Macron .

A vouloir trop parler : on se prend les pieds dans le tapis . Tout à sa volonté d’assurer la continuité d’un récit historique Emmanuel Macron a mis en parallèle le chef de guerre vainqueur de Verdun et le responsable d’un régime totalement compromis dans sa collaboration avec les Nazis , sans compter un antisémitisme particulièrement brutal . Certes d’autres chefs d’Etat ( De Gaulle , Pompidou , Chirac ) se sont exprimés avant lui dans des termes assez identiques , sans oublier François Mitterand qui faisait fleurir comme ses prédécesseurs la tombe de Philippe Petain à l’île d’Yeu , mais Emmanuel a franchi un pas supplémentaire en insistant sur la légitimité de Philippe Petain à être associé à l’hommage qu’entendait faire l’Etat major des armées aux 8 maréchaux vainqueurs de la 1ère guerre mondiale .

La mise au point de la Ministre des armées ramenant l’hommage aux seuls maréchaux enterrés aux Invalides ( Foch , Lyautet , Maunoury , Fayolle , et Franchet d’Espery ) a amené un rétropédalage en rapport avec la sortie de route commise par Emmanuel Macron . Le   » en même temps  » n’a pas sa place sur un sujet aussi sensible que celui concernant le régime de Vichy . Le jugement de la Haute Cour de justice intervenu en 1945 et l’indignité nationale frappant Philippe Petain sont là pour rappeler que la poignée de mains de Montoire avec Hitler , les lois antisémites , le Vel d’Hiv , et les exactions de la Milice sont des tâches indélibiles excluant une quelconque légitimité à quoi que se soit . A cet égard Emmanuel a commis un faute politique et une faute morale .

retour sur l’inauguration de l’extension du musée de la Piscine

Personne n’aurait imaginé en 2001 lors de son inauguration le succès phénoménal du musée de la Piscine . Histoire singulière de la transformation d’un lieu emblématique fréquenté par plusieurs générations de roubaisiens et voulu par le maire d’exception qu’était Jean Lebas . Il n’a tenu qu’à un fil que que la Piscine échappe à la démolition au moment de sa fermeture pour cause de sécurité , le hasard a voulu , mais est ce un hasard ? que Thérèse Constant adjointe à la Culture arrive à convaincre André Diligent d’y implanter le futur musée de Roubaix dont les collections étaient dispersées depuis la fermeture du musée de Roubaix à la veille de la seconde guerre mondiale .

Depuis son inauguration , le succès du musée de la Piscine ne s’est pas démenti , on le doit en premier lieu à la performance de Jean Paul Philippon  son architecte , aux qualités exceptionnelles de son  Conservateur et de son équipe , dont on redira jamais assez qu’ils ont été et sont la clé de la réussite d’un musée qui joue aujourd’hui dans la cour des grands , aux habitants de Roubaix qui ont tous un point commun avec la Piscine avant et qui font de ce musée un musée populaire en osmose avec leur  histoire , aux adjoints à la Culture successifs qui ont tous apporté leur pierre à l’édifice .

Parmi ces derniers je voudrais mentionner plus particulièrement Jean François Boudaillez . Les différents que j’ai pu avoir avec lui ne sont rien par rapport à son engagement sans faille pour le développement du musée et de ses activités , la mise en place des ateliers pour jeunes publics  et la part qu’il a pris dans la création du club des mécènes et de l’association des amis du musée aujourd’hui présidée par Maurice Decroix toujours aussi attentif en ce qui concerne ce dernier à la notoriété de la Piscine dans la Métropole  comme dans le reste du territoire .Aux côtés de Jean François Boudaillez , il faut aussi associer Frederique Danneels , maitre d’oeuvre aussi discrète qu’efficace des expositions temporaires qui ont fait le renom de la Piscine.

L’extension du Musée n’a pas été un long fleuve tranquille . Les années passées à en finaliser le programme et à en assurer la réalisation ont permis en même temps de déminer le débat qui était apparu au moment de la décision d’accueillir l’atelier et les collections d’Henri Bouchard . Aujourd’hui , il y a consensus pour dissocier l’homme sanctionné à la Libération pour son voisinage avec les officines culturelles nazies de l’artiste figure marquante de la sculpture contemporaine .Son atelier remis en place dans la Piscine est une pièce unique au niveau muséographique et de l’histoire de la sculpture  un des éléments majeurs à découvrir dans les nouveaux espaces traités avec intelligence et qualité par Philippon.

Reste pour l’avenir un vrai problème : celui de définir pour le musée de la Piscine et assurer son développement un cadre juridique lui  garantissant des moyens de fonctionnement pérennes  , ceux de la ville ayant atteint leur limite avec l’ouverture des nouveaux locaux . Il y a urgence à mettre sur la table la création d’un EPCC , c’est à dire celle d’un établissement public de coopération culturelle , associant l’Etat , la Région , le Département , la Mel , la Ville , sans exclure les partenariats privés, un statut et des moyens à la hauteur d’un équipement culturel exceptionnel .

 

Armement de la police municipale de Roubaix.

A partir de mars 2019 , les policiers municipaux seront armés d’armes à feu , ainsi en a décidé le Maire de Roubaix , sans aucune concertation et débat préalable en Conseil Municipal sur un sujet pour le moins sensible , relancé d’ailleurs par la publication du rapport de deux parlementaires LREM préconisant de rendre obligatoire  l’armement des policiers municipaux . Pour ma part j’y vois surtout une décision mue par une préoccupation électorale à l’approche des élections municipales de mars 2020 .

Sur le fond , je suis et je reste opposé à cette décision . Certes ,  si plus de  43% des policiers municipaux sont aujourd’hui armés , des maires et non des moindres y sont opposés  comme Martine Aubry et Alain Juppé , démontrant ainsi que la réponse à la question d’armer ou non les polices municipales traverse tous les courants politiques .

Y a t’il besoin de le faire à Roubaix ? je ne le pense pas . Ce n’est pas tant d’insécurité dont souffre Roubaix qui , pourrait justifier l’armement de sa police municipale , mais de l’aggravation des incivilités en tout genre sans compter celles liées à la drogue et à ses trafics . Or que je sache , les compétences premières d’une police municipale sont justement de prévenir , de surveiller et de traiter ces problèmes en coordination avec la police nationale . A ce niveau elle n’a pas besoin d’armes à feu .

La bonne démarche est en même temps d’en professionnaliser les pratiques , d ‘en moderniser l’organisation et de veiller à ce qu’elle soit un outil de proximité . Un challenge qui laisse à la police nationale ses missions fondamentales que sont la protection des personnes  et des biens , la police judiciaire  , le renseignement et l’information  .A chacun son rôle .

20 mois pour convaincre

On n’en parle pas encore ouvertement , mais tout le monde y pense , les prochaines élections municipales commencent à aiguiser les appétits et agitent les états majors politiques à commencer par LREM qui entend bien se faire une place de choix et bouter dehors les représentants de l’ancien monde au prix de quelques accommodements en adoubant pour le besoin de la cause des maires sortants compatibles avec la majorité présidentielle actuelle . Ce sera probablement le cas de Roubaix .

J’avais déjà eu l’occasion de démontrer en avril dans un billet de mon blog les raisons qui militaient pour un changement de majorité municipale , elles n’ont pas varié . La victoire de GD par effraction en mars 2014 ne signifie pas que Roubaix ait tourné le dos définitivement à la perspective d’une autre majorité municipale rassemblant les représentants des forces progressistes de la ville , refusant la marginalisation accélérée de la ville et une gouvernance politique s’arc boutant sur son pré carré et laissant de côté les 3/4 de la population .

Une communication envahissante ne suffit pas à masquer des choix qui pour certains sont une insulte pour beaucoup d’habitants de cette ville , comme ceux d’avant l’été visant des associations comme l’Univers , la Solidarité , dans la Rue la Danse etc .Une faute et une méconnaissance de l’histoire et des valeurs de solidarité de Roubaix . Alors que Roubaix est une des villes les plus jeunes de France , l’éducation ne figure plus dans ses priorités mis à part la précipitation à détricoter la réforme des rythmes scolaires .Le retard coupable pris pour formuler le contenu d’un projet urbain pour les quartiers et l’Union à la suite de l’ANRU est une erreur , en la matière les années comptent double .

Le paradoxe est qu’en dépit d’un bilan qui n’est pas flatteur pour la majorité sortante , les forces d’opposition en sont encore à se regarder en chiens de faïence . Les lignes ont pour autant bougé ces derniers mois , moi comme d’autres y avons pris notre part .Je suis convaincu que le mouvement s’élargira .Il y a en effet dans les partis de gauche  , dans les hommes et les femmes qui s’en sont éloignés mais qui restent attachés aux valeurs de justice et de solidarité  , dans les militants du quotidien , les ressources et l’attente à construire un projet alternatif ambitieux pour Roubaix .

l’equipe municipale au crible de l’évaluation .

L’évaluation en cours des membres du gouvernement m’a donné des idées , celle de tenter l’exercice pour l’équipe municipale . En m »excusant d’entrée de jeu pour celles et ceux qui auraient été oubliés , soit parce qu ‘ils sont perdus de vue depuis des mois sinon des années , soit que véritables caméléons , ils résistent à toute analyse logique . soit tout simplement parce qu’ ils n’ont aucune  action , même une simple déclaration à mettre à leur actif .

A tout seigneur , tout honneur , il y a une catégorie d’élus à qui je voudrais rendre justice les modestes , celles et ceux qui sans bruit , avec discrétion , font tout simplement leur boulot sans ménager leur temps et leur engagement , n’en déplaise aux twitters compulsifs et à ceux qui ont des le début ont attrapé la grosse tête, ils sont la majorité et c’est plutôt réconfortant .

Il y a ceux qui se fondent dans les pas de leurs prédécesseurs par conviction et intelligence . la continuité de la politique culturelle est à cet égard révélatrice d’un état d’esprit et d’une ouverture qui méritent d’être soulignés .

Il y a ceux qui se sont fait un nom , une notoriété avec un nouveau concept , une façon de couvrir le terrain et de répondre aux attentes de proximité des habitants des quartiers , mais qui pose en même temps la question de l’appropriation collective et partagée de leurs démarches .

Il y a celles et ceux dont on voudrait entendre plus la voix et les propositions sur la jeunesse , l’éducation , le logement , la sécurité ; revenir à la semaine des 4 jours ne tient pas lieu de politique éducative comme la maison à 1e ne peut être l’alpha et l’oméga d’une politique de réhabilitation du parc privé .

Il y a enfin le couple Maire et 1er adjoint . Du premier , passé le moment de surprise de 2014 , je dirais sans vouloir lui faire injure que sa qualité première n’est pas de rentrer dans ses dossiers . Il a très vite remisé  au placard la gouvernance apaisée , au bénéfice d’une condescendance voire d’un mépris quand ce n’est de la brutalité vis à vis de son opposition mais aussi des membres de sa propres majorité . Ses atteintes répétées à des associations emblématiques de Roubaix sont des fautes qui risquent de lui côuter très cher  en 2020  ,  comme le fait quoiqu’il en dise d’avoir marginalisé la place de Roubaix dans la Métropole .

Du deuxième , je dirais qu’il est libre Max , plus libre que jamais .Il a hérité d’une situation financière dont la qualité a été reconnue par la Cour Régionale des Comptes , il a en stock un nombre de projets qui lui donne l’occasion de multiplier à l’infini les réunions d’information Mais chasser le naturel , il revient au galop , ses propos récents sur les militants historiques l’Alma Gare traduisent bien l’homme de droite qu’il est et qu’il reste , avec certainement le regret inavoué d’avoir du à plusieurs reprises passer son tour , non sans panache puisqu’il y allait de ses convictions , ce dont je ne peux l’en blâmer .