L’Ukraine à l’aune des chaînes en continu.

La guerre en Ukraine mobilise les canaux d’information et les opinions publiques. À juste raison, tant l’agression de la Russie, les dénis de Poutine, la brutalité de ses troupes sont insupportables. La résistance des ukrainiens est admirable, fasse qu’au fil des mois à venir le soutien des occidentaux ne s’erode pas et que l’Europe arrête sa valse hésitation sur le fait de savoir s’il faut ou non se priver du gaz russe.

Pour être attentif et à l’écoute des médias sur ce qui se passe en Ukraine, je me dois de dire que je suis choqué des informations relayées quasiment 24 / 24 h par les chaînes en continu. Chacune se croit obligée de faire appel à des experts militaires retirés du service actif ou reporters dits de guerre, et à des reportages mêlant le sensationnel sans respect pour les victimes de scènes de guerre.

La palme d’une information spectacle revient sans contexte cette chaîne en continu donnant la parole jusqu’à satiété à un ancien membre du Kgb dont on peut douter légitimement de son objectivité. Un peu de retenue ne ferait de ma’ à personne!

Mais

Et si cette fois c’était la bonne !

L’annonce de la mise en orbite de la nouvelle union populaire écologique et sociale est un vrai signe d’espoir pour le peuple de gauche mais pas que. Avoir surmonté en quelques semaines ce qui fracturait la gauche est un tour de force à mettre au crédit de Jean luc Melanchon fort de son score et de son avantage à la dernière élection présidentielle.

On verra le 19 juin prochain avec quelle majorité Emmanuel Macron aura à gouverner ou à cohabiter, il y a une forte attente chez les français d’une autre politique répondant à leurs inquiétudes et au ressentiment d’un déclassement concernant des couches entières de la population.

Le moment n’est pas chez le parti socialiste de crier des cris d’orfraie au motif que les valeurs historiques du socialisme auraient été sacrifiées sur l’autel d’une union souhaitée par les militants. Quand on n’a pas été capable de construire et de mettre en dynamique un projet alternatif, la moindre des choses est de faire preuve d’humilité, même si on peut être critique sur la méthode melanchon et rester vigilent sur l’Europe. Pour une fois sachons allier optimisme et réalisme.

Lendemain d’élection.

Bruno le Maire parle ce matin d’un vote d’adhésion en faveur de Macron, laissons le à ses illusions. J’ai beaucoup de mal à croire aux promesses d’ouverture et de changement de méthode formules hier soir. La seule bonne nouvelle est la défaite de MLP et le fait que le front républicain quoiqu’on en dise n’a pas disparu.

Une autre bataille se prépare: celle des élections législatives. J’espère qu’elle permettra de faire émerger une majorité de gauche en mesure de mettre en œuvre la politique de progrès social et de solidarité tant espérée.

Pour la gauche, l’heure n’est plus aux courses d’écurie, aux querelles d’ego, aux auto-proclamations, et encore moins aux oukases vengeurs totalement dépassés en la circonstance. On verra localement si la raison l’emporte et amène à choisir les candidats à même de conduire avec succès les prochains combats politiques.

La rénovation urbaine n’est pas qu’une question de financement.

Si presque tous les candidats ont eu l’occasion de s’exprimer devant la Fondation abbé Pierre pour dérouler leurs propositions en matière de logement, ce dernier aura somme toute été peu évoqué durant la campagne présidentielle, encore plus le thème de la rénovation urbaine.

Interpellé encore dernièrement à ce sujet, le candidat Macron a tenu à rappeler son bilan : celui de l’augmention substantielle du budget de l’Anru passé de 5 milliards à 13 durant son mandat.

Pour réelle qu’elle soit cette augmentation ne s’est pas accompagnée d’une remise en cause de la méthode qui fait que la rénovation urbaine reste d’une complexité inouïe, renvoyant à des délais d’exécution qui désespèrent les habitants concernés, et à vrai problème trop souvent sous-estimé :celui de l’ingénierie indispensable à la conduite et à la mise en œuvre des opérations.

C’était un des grands objectifs du plan Boorlo abandonné en rase campagne par Emmanuel Macron en début de mandat. On en voit la traduction concrète à Roubaix ou tel qu’il est parti le futur PNRU ne pourra au mieux s’achever qu’à l’horizon 2040.

Au moment où l’on remet en cause le corps des préfets, on se prend à regretter l’impulsion que donnait à la politique de la ville, rénovation urbaine comprise, les préfets dédiés spécialement à cette politique. Ce n’est pas faire injure à l’implication et à la compétence de la sous-préfete en charge du territoire de Roubaix dont le positionnement au sein des services de l’état ne lui permet d’être en prise directe sur les politiques publiques. Dommage.

Faut-il encore y croire ?

Il n’y a jamais eu autant de politistes distingués, d’experts de think tank plus ou moins connus, de journalistes politiques, pour faire l’analyse des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle.

Il y a de quoi, jamais le paysage politique n’a été autant fracturé, et l’impensable, c’est à dire de voir l’extrême droite se rapprocher voire de gagner le 24 avril briser le plafond de verre.

En tant que socialiste, je voudrais réagir au naufrage annoncé d’un parti qui avait envoyé un des siens à la présidence de la République en 2012, Tout à été dit ou presque sur ses causes.

Il y a pourtant un. maillage d’élus locaux du parti socialiste qui reste dense reposant sur un électorat se reconnaissant dans les valeurs de solidarité, de progrès social et de plus en plus sensible au défi climatique.

Le vote utile et disons le souffle de melanchon ont balayé comme un fetu de paille cette réalité. Le parti socialiste n’a pas su trouver les mots, ni créer les conditions de l’adhésion, encore moins a formuler un projet d’avenir mobilisateur.

Devant une telle catastrophe certains plaident pour un autodissolution du parti socialiste, d’autres réapparaissent comme si de rien n’était, d’autres encore se réfugient dans leurs beffrois en attendant que l’orage passe tout en flinguant à tout va.

Pour faire sa mue, s’il en est encore temps, ce que j’espère, le parti socialiste aura besoin de réviser du grenier à la cave ses fondamentaux, ce qu’avait su faire en son temps le SPD en Allemagne et s’appuyer résolument sur les nouvelles générations

En attendant, il lui faut aussi faire profil bas, être humble, éviter de donner l’illusion qu’il est encore en mesure d’être le pivot central de tout rassemblement,on verra si à Roubaix comme ailleurs la leçon à été retenue à l’occasion des prochaines élections législatives.

L’impensable.

Coup de pression organisé, dynamiques de fin de campagne qui s’accélèrent, l’hypothèse d’une Marine le Pen coiffant sur le poteau Emmanuel Macron ne fait plus rire personne. L’impensable n’est plus une donnée virtuelle mais un scénario en passe peut être de bouleverser le paysage politique.

On n’a pas fini de payer les conséquences du en même temps de Macron qui en supprimant les repères et en mode giscard d’estaing d’un modernisme libéral, élitiste et arrogant, est devenu insupportable pour la majorité des français.

On n’a pas fini de payer les inconsequences et l’irresponsabilité des gauches dont les mots et les postures sont elles aussi devenues insupportables, à tel point de décourager leurs électeurs à voter, à ne plus vouloir choisir et à laisser faire rien que pour voir.

Et pourtant, les alertes n’ont pas manqué, faut il croire dans un sursaut ? Je le pense malgré tout. Encore faut-il des hommes et des femmes nouveaux pour l’incarner, mais ça c’est une autre histoire et d’autres combats à mener.

Zemour et le ministère de la re migration.

Décidément, on aura tout vu et tout entendu dans cette campagne d’élection présidentielle. Dans la logique et la cohérence d’une pensée politique dont Zemour aime à rappeler le caractère de rupture qui le distingue de ses concurents, Éric Zemour propose la création d’un ministère de la remigration chargé de la mise en œuvre de l’ensemble des mesures relatives à l’immigration et le retour dans leur pays de tous les indésirables, version Zemour.

On ne peut pas s’empe her de pensée au secrétariat des affaires juives sous Petain. Le plus grave est que l’on trouve des médias assez complaisants pour débattre d’un concept contraire aux valeurs républicaines et portant atteinte aux droits de l’homme. Comme il s’était déjà trouvé à l’extrême droite et à droite des irresponsables pour relayer le grand remplacement, menaçant l’occident.

Même en perte de vitesse par ces excès, Éric Zemour reste un danger qui ne fait pas rire ou sourire. Il est plus que temps de se reprendre et de faire front et de sortir de ces guerres picrocolines qui désespèrent tant de citoyens de ce pays.

Retour de la violence en Corse.

L’onde de choc du décès tragique d’yvan Colonna n’est pas encore passée mais il y a tout lieu de penser que les prochaines semaines risquent d’être très tendues en Corse mettant à mal les négociations entre l’état et les représentants de l’assemblée corse.

La responsabilité du premier est réelle d’avoir laissé traîner les discussions sur le transfert de nouvelles compétences en matière économique et fiscale notamment, sans omettre l’erreur d’avoir laissé pourrir volontairement le statut des condamnés de l’assassinat du préfet Erignac avec le résultat que l’on sait, occasion d’un nouvel embrasement de l’île.

Celle de l’assemblée corse est tout aussi réelle. Disposant d’une majorité absolue, ses responsables ont comme à l’habitude joué l’ambiguïté devenue encore plus flagrante lors du décès d’yvan Colonna en mettant en berne le drapeau tricolore sur les bâtiments de l’assemblée corse. Paradoxe du malaise corse : l’assassin est acclamé comme un héros tragique et entre de plein pied pied dans l’historiographie corse.

La France a un problème avec la Corse. Ce n’est pas nouveau chaque majorité politique s’y est cassée les dents depuis ces dernières décennies à vouloir imaginer des solutions qui n’en étaient pas. Et pourtant l’ensemble des îles bordant la méditerranée et les autres espaces Maritimes de l’union européenne sans parler des territoires d’outre mer disposent de statuts particuliers permettant de tenir compte de leurs spécificités.

Notre modèle républicain d’un jacobinisme pointilleux et méfiant vis à vis de toute velléité d’autonomie reste le frein véritable au déblocage de la situation en Corse. Il est temps que les partis politiques fassent à cet égard leur révolution, chiche !

Versant nord-est : un concept dépassé ?

Pour celles et ceux qui prennent un peu de temps de parcourir et d’observer les transformations des territoires qui structurent le versant nord-est de la métropole, on reste impressionné du potentiel que représentent les vastes espaces libérés de l’union, de la lainiere et du peignage Amédée Prouvost , soit un total de près de 150 hectares, à cheval sur Tourcoing, Roubaix et Wattrelos. permettant au ceti et au siège de lmh de sortir de leur isolement.

Sur ces territoires, un même amanageur et désormais une implication de la Mel plus affirmée. Mais une concertation politique bien timide malgré quelques réunions communes des conseils municipaux restées sans grands résultats. Sans vouloir réactiver ce qui avait été en son temps l’association des communes du versant Nord-Est, il y a néanmoins place pour la relance d’une réflexion commune compte tenu des enjeux de l’aménagement d’espaces qui sont les plus conséquents du territoire métropolitain. Retrouver le sens de l’intelligence collective n’est jamais de trop, c’est aussi le moyen d’éviter les guerres picrocolines entre communes et de mieux préparer l’avenir.

Ces territoires voient se multiplier les opérations, se préciser les projets de reconquête de leurs friches s’ajoutant comme dans le quartier de l’union aux aménagements autour du peignage de la tossee, la création d’un parc urbain,

Maison à 1 €

On peut trouver décevant le résultat d’une initiative lancée à l’improviste en 2015 sans avoir été préalablement cadrée, coûteuse pour la collectivité propriétaire du bâti, pour les futurs acquéreurs confrontés à un bouquet de travaux assez conséquent, et bien deçà des objectifs de réhabilitation des logements vacants dans le parc ancien, mais cette initiative à au moins le mérite d’exister.

Elle mérite d’être renouvelée au vue de l’expérience réalisée grandeur nature sur un objectif quantitatif plus ambitieux en l’assortissant d’une assistance à maîtrise d’ouvrage systématique de la part de la fabrique des quartiers qui a travers le PMRQAD à fait ses preuves. D’autant qu’un des freins aux opérations d’accession dans le parc ancien :la suppression de l’apl ac ession supprimée en 2018 à été levé dans la dernière loi de finances.

Comme quoi on peut être un peu plus optimiste pour l’avenir. Articuler l’ensemble des dispositifs existant est le plus sur moyen d’apporter sa pierre à l’édifice et de prendre à bras le corps la rehabilitation du parc privé qui est pour Roubaix un enjeu depuis des décennies. Dans ce contexte un petit clin d’œil : l’opération de livraison de plusieurs logements clés en main par la fabrique des quartiers rue delezenne à Roubaix dans le quartier du pile une autre façon de recycler du bâti ancien et d’en faciliter l’accession.