les leçons d’un échec .

Une véritable déroute que ces élections législatives pour le parti Socialiste , chronique d’une défaite annoncée ? refus de ses dirigeants et de ses militants de prendre la mesure de l’énorme besoin de changement et de renouvellement attendu et exprimé par les électeurs ? une page qui se  tourne pour un parti incapable d’être de son temps, plus soucieux de la carrière de ses élus que de respecter les engagements souscrits en 2014 . On en viendrait presque à approuver les imprécations de Gérard Filloche .

A Roubaix , la défaite est amère et douloureuse pour les militants qui avaient crânement à quelques semaines du scrutin décidé d’affirmer leurs valeurs et leurs propositions dans un terrain complétement miné ,  sans compter les relents qui avaient empoisonné la campagne des municipales de 2014.Elle est insupportable pour Medhi Masrour qui a voulu contre vents et marées redonner du souffle et un avenir aux socialistes roubaisiens .Honte à celles et à ceux qui en ont fait une caricature qui n(‘est pas exempte d’un racisme qui ne veut pas dire son nom.

Un récent point de vue de Bruno Renoul dans Nord Eclair nous expliquait que les résultats de ces législatives et leurs résultats signifiaient de facto la mort de l’hypothèse de primaires que j’avais exprimée il y a plusieurs mois .Il a certainement raison .Il est de fait que le nouveau paysage politique national et local pose plusieurs configurations possibles  pour les futures élections municipales .Il y a fort à parier que l’étendard En marche peut inciter le maire sortant à en fédérer toutes les composantes , et au delà , y compris celles qui se sont mises provisoirement en marge .

Je reste aussi convaincu que le rassemblement des gauches , des progressistes , sur la base d’un projet alternatif pour Roubaix est une autre option qui peut mettre ou remettre en mouvement, à condition de construire un projet en mettant de côté les égos et en prenant garde de ne pas humilier les battus d’aujourd’hui.La rancœur est toujours mauvaise conseillère.

Trois longues années , peut-être quatre , nous séparent des prochaines élections municipales , il peut effectivement se passer beaucoup de choses dans cet intervalle .Si le parti socialiste version Epinay a vécu , ses idées , ses valeurs , ses combats restent d’actualité à la différence près qu’il ne pourra qu’être durablement qu’une des composantes de cette recomposition si fortement exprimée par les Français , au plan national comme au plan local.

Pnru : Roubaix au pied du mur

La municipalité de Roubaix commence à en dire un peu plus sur ses intentions sur le futur PNRU .Il était temps , alors que s’engagent les études stratégiques pour en définir le périmètre , le contenu , les modalités opérationnelles , et ce qui n’est pas anecdotique : le prévisionnel financier.
Il y a de quoi se faire du souci à la lecture des déclarations tant de Guillaume Delbar que celles de Max André Pick .L’un comme l’autre confirment leur choix de profiter du PNRU pour dédensifier la ville et la débarasser d’un trop plein délogements sociaux en s’abritant derrière la réglementation de l’Agence nationale de Rénovation urbaine exonérant les villes en politique de la ville de reconstruire les logements sociaux démolis des lors que leurs quotas étaient atteints .
Véritable obsession chez MAP , vision étriquée d’une ambition urbaine chez Guillaume Delbar reposant sur une méconnaissance de la politique de la ville ,ramener le PNRU au seul objectif de la dédensification est une ineptie totale ,jouer ainsi  » petits bras  » sur un enjeu aussi majeur pour Roubaix qu’est la Rénovation Urbaine n’est pas fait pour rassurer , même si l’on sait que désormais une partie des réponses et des solutions se fera au niveau de la Métropole .
A situation exceptionnelle moyens exceptionnels , traiter et par voie de conséquence réamenager l’arc nord -ouest de Roubaix (peu ou prou 1/4 de la ville ) demande d’autres réponses que celles imaginées par la majorité municipale , et le fait de laisser croire que les villes voisines seraient enclins à témoigner d’une solidarité qu’elles se sont bien gardées de faire jusqu’ici.La prise de compétence de la politique de la ville par la MEL et les nouvelle orientations du PLH changent certes la donne , mis il faut être lucide et ne pas se bercer d’illusions .
L’ampleur des problèmes à traiter , tant en matière d’habitat , d’équipements de toute nature , d’emploi , de développement durable , dans un pan entier de la ville faisant la jonction entre l’Epeule , le Campus gare , Blanchemaille ,
l’Union et son prolongement en direction de Wattrelos ,justifie l’égilibité de Roubaix au titre d ‘opération d’interêt national .Cette disposition est la seule capable d’amener cohérence , engagements financiers dans la durée ,et gouvernance à même d’animer et de créer les transversalités nécessaires.A une condition toutefois que l’Etat n’impose pas la mise en place d’un « machin  » pour piloter l’opération.Il y a suffisamment d’outils existants , l’echec de la création il y a plus de 30 ANS de l’EPRART devrait inciter à la prudence.

Sur des sujets aussi importants , je regrette pour ma part que nos élus se montrent incapables d’organiser le moindre débat ou consultation .Ainsi va une municipalité qui a pris le parti de communiquer plutôt que d’écouter ses forces vives .

Roubaix Bashing

Il ne se passe pas de mois sans que l’actualité roubaisienne ne soit troublée par des articles de presse de journaux , de quotidiens et d’hebdomadaires nationaux ou étrangers qui portent sur Roubaix des jugements à l’emporte pièce .Soyons objectif , il y a des exceptions comme celle très récente du Monde sur l’expérimentation du Zéro Déchet , mais il y a du moins bon comme le reportage du magazine Inrocks qui en la matière est un cas d’école .Le fait d’une journaliste laissée à elle même , sans avoir pu rencontrer les élus de la majorité municipale y est pour beaucoup , mais ce loupé pose la question de la gestion par la municipalité de ses rapports avec la presse en même temps que celle de la méthode et du contenu de sa communication.
Roubaix est ce qu’elle est , une ville de contrastes où la précarité est plus forte qu’ailleurs héritage de son passé industriel , mais en même temps une ville d’innovation , de réussites exceptionnelles dans la nouvelle économe enviées dans le monde entier , de solidarités se traduisant par un faire ensemble enrichi par une interculturalité qui fait partie de ses gênes .
En restituer toutes les facettes pour un observateur n’est pas facile , je plaide donc à ce sujet pour un peu d’indulgence y compris quand les analyses traitent de sujets qui dérangent ou interpellent .Mais à chacun son rôle et sa responsabilité .
Celles de la ommunication de la ville est de la faire connaître , de la faire comprendre et de la faire aimer .Elle peut et doit mettre en évidence les acquis de la ville ,sa renaissance culturelle , ses réussites économiques ,les valeurs de solidarité entre ses habitants , les facettes de son interculturalité .Ces éléments représentent la clé de voûte du renouveau roubaisien , car ils caractérisent Roubaix dans sa singuralité .Ils doivent être les priorités de sa communication Sans gommer la pauvreté , l’importance de ce qu’il reste à faire en matière de requalification de son habitat , et d’éducation , je crois qu’il est possible aujourd’hui de plaider pour un Roubaix ville de marque .
On atteindra d’autant mieux à cet objectif à plusieurs conditions , comme celle de développer la visibilité d la ville à l’échelle nationale , celle d’avoir une stratégie presse plus proactive et réactive et celle encore de valoriser les différents évenements culturels et autres qui ponctuent la vie roubaisienne , mais aussi métropolitaine et nationale .
Alors le Roubaix Bashing ne va pas disparaître comme par miracle , mais on le fera reculer en articulant mieux dans l’avenir une communication participative et de proximité ,et une communication visant à retourner l’image de la ville ciblant en premier les non résidents .

Pas logés à la même enseigne ?

la Presse s’est fait récemment l’écho des retards constatés dans les agglomérations de Roubaix -Tourcoing en matière d’équipements hôteliers .Comparé à Lille ce déficit est bien réel , il s’est même aggravé depuis ces dernières années ,et ne doit rien au hasard .Si l’on circonscrit l’analyse au seul cas de Roubaix le retard est effectivement criant malgré les efforts consentis depuis ces dernières décennies .
Qu’il s’agisse de Formule 1, d’Ibis , du Campanile , de la Réhabilitation totale du Grand Hôtel , et tout récemment de l’ouverture de B&B à deux pas de la Gare , ces implantations ont été âprement discutées ,elles ont été tout sauf un long fleuve tranquille .
C’est que les investisseurs doutent et continuent à douter de la rentabilité de projets d’hôtels sur Roubaix .Sans toujours vouloir l’avouer , ils mettent en avant l’image de la ville , son manque d’animation nocturne , et de façon générale son déficit d’attractivité .Ce ne sont pas les clichés sur Roubaix , une des villes les plus pauvres de France , qui arrangent les choses .Les approches conduites au moment de la construction du nouveau Vélodrome pour y adosser un projet d’hôtel ont buté sur ces considérations .
La densité des projets hôteliers à Euralille et la Gare St Sauveur , et disons le crûment l’activisme Lillois ne sont pas fait pour nous rassurer Même si je ne le souhaite pas , ils peuvent contrarier , voire empêcher l’aboutissement du projet d’hôtel au Parc des Sports qu’a décidé de relancer la Municipalité .
La Métropole ne peut pas se construire sans un aménagement équilibré de son territoire , le projet d’hôtel au nouveau Vélodrome à Roubaix peut lui donner l’occasion d’en donner une traduction concrète .

Les grands projets en friche .

Les visites ministérielles se suivent , la plus récente celle du Ministre de la ville venu assister à la démolition de deux tours dans le quartier des 3 Ponts , quelques jours avant celle de Damien Castelain et de Barbara Pompili , secrétaire d’Etat à l’environnement , mais dans quel but et avec quel résultat ? hormis peut-être le fait de faire quelques clichés et de faire assaut d’autosatisfaction y compris sur des opérations auxquelles on avait été complétement étranger , il y a sur ce point une certaine indécense qui ne trompera personne .
Mais sur le fond où en sont les grands projets de l’Union et la suite de l’Anru 1 ?Le moins que l’on puisse dire est que sur l’un comme sur l’autre nous prenons du retard et que nous manquons d’ambition .
L’Union ; nous allions voir ce que nous allions voir dixit Gérald Darmanin et Guillaume Delbar lors des deux seules réunions en trois ans des conseils municipaux de Roubaix et de Tourcoing, en l’absence faut-il le rappeler de celui de Wattrelos , en traitant d’archaïques leurs prédécesseurs .Fort bien , mais mais où sont les logements , la cité judiciaire , le projet d’Aréna , les dispositifs techniques et politiques d’animation et de suivi de ce nouveau quartier ? on peine à deviner la volonté d’en faire un des projets phare des tois villes , pendant que dans ce temps Euralille poursuit son développement et que le site de St Sauveur prépare le sien !
Le mêmes interrogations valent pour la suite de l’Anru 1 . J’avais dit il y a quelque temps que nos élus jouaient petits bras sur ce dossier , je persiste et je signe . Certes il est légitime de revisiter les diagnostics sur les quartiers retenus comme futurs sites opérationnels , de finaliser les études stratégiques permettant de préciser les priorités et les programmes d’action , mais il faut avoir le courage de dire que nous aurons besoin de démolir au cœur de l’Alma et dans l’Epeule , et que nous devrons investir dans la requalification comme dans la construction de nouveaux équipements scolaires .Autant de sujets qu’évitent soigneusement d’aborder nos élus .

La politique de la ville un échec ?

Les événements d’Aulnay remettent sous les feux des projecteurs la politique de la ville , un thème il est vrai peu présent jusqu’ici dans les programmes des candidats à la future élection présidentielle .Pour les uns , ceux-ci signent bien l’échec d’un politique menée à grands renforts de moyens depuis ces dernières années ( sentiment partagé par des homme de droite comme de gauche , comme Malek Boutih député PS de l’Essonne )
Pour les autres , le jugement est nettement plus nuancé , s’il admettent une complexité et une lourdeur de la politique de la ville , des résultats en demi teinte sur l’image des quartiers concernés et la vie de leurs habitants , ils en récusent l’image de ghettos et de zones de non droit.
Le diagnostics et analyses d’experts comme Davezies , Guilly ou Maurin , les propos sans concession de maires de quartiers en politique de la ville , pointent pourtant une situation plus que préoccupante .
Au moins dans trois domaines .Celui des rapports entre les jeunes et la police .Aulnay prend place dans une longue série d’incidents de plus en plus violents sur fond de trafics en tout genre et d’abandon d’une police de proximité au bénéfice de groupes d’intervention pour qui la prévention n’est pas la priorité première .
Celui des difficultés de l’accès à l’emploi qui trouve son origine dans un décrochage scolaire en progression Quand s’y ajoutent les problèmes bien réels de discrimination ,la boucle est bouclée e les chances de s’en sortir s’en trouvent d’autant diminuées .
Celui de la remise en cause de la présence et de la qualité des services publics dans les QPV.Ce n’est pas par hasard si nous avons placé en priorité la qualité des équipements scolaires qu’il s’agisse des écoles comme des collèges et considéré l’importance de maintenir et de conforter le réseau des centres sociaux comme leviers de lien social et de développement .
Je ne dirais jamais que la politique de la ville a été un échec , même si elle est difficile et éprouvante .La situation quartier par quartier présentée lors du dernier conseil municipal concernant le volet territorial roubaisien du contrat unique d’agglomération n’est pas la marque de son inéfficacité .La grande pauvreté est liée à son histoire de ville industrielle en constante mutation.
Il y a des raisons d’ésperer quand on voit la richesse des initiatives de ses habitants et leur capacité de solidarité.Le défi qui lui est posé pour l’avenir est de mettre en pratique ce qui lui a manqué en partie :celui d’articuler les actions sur le bâti avec les autres problématiques que sont l’emploi,l’éducation , la santé ,ou la culture , le plus sûr moyen de lutter contre les phénomènes de repli et de ségrégation.
Raison de plus pour Roubaix d redoubler d’effort , de rester lucide et de ne pas s’arc bouter sur un projet en décalage avec la réalité.