PNRU : les contradictions de Max André Pick

On comprend mieux les retards de la ville de Roubaix à produire  son dossier de rénovation urbaine : mieux vaut reporter à demain des opérations  qui pourraient fragiliser la majorité municipale sortante lors des prochaines élections municipales de 2020. Le 1er adjoint s’est de plus enferré dans une situation impossible , il admet que le projet de rénovation comportera des démolitions mais il récuse à l’avance ,s’abritant derrière la réglementation de l’ANRU , que les relogements des familles concernées se fassent sur  le territoire de Roubaix .

Qu’il faille faire jouer la solidarité métropolitaine dans la mise en oeuvre du PNRU est une nécéssité  , mais celle-ci  est indissociable des engagements auxquels doivent souscrire aussi de leur côté les collectivités comme leurs partenaires que sont les bailleurs en matière de relogement . Tourner autour du pot est  de se contenter de demi- mesures notamment en matière de démolitions , ceci vise autant l’Epeule que l’Alma Gare et le Cul de  Four .Les  quelques  600 logements envisagés en démolition sont une réponse bien en deça de ce qu’il faudrait faire pour donner du sens et de la cohérence au futur projet de rénovation urbaine de Roubaix .

L’autre impasse que fait MAP est celle concernant les équipements , les écoles en particulier . L’Anru avait été l’occasion d’un effort sans précédent avec la construction ou la réhabilitation de 5 groupes scolaires .Les premières esquisses du Pnru  pour les quartiers nord n’aborde pas la question de la réhabilitation de Blaise Pascal ; en core moins l’hypothèse de la nconstruction d’un nouveau groupe scolaire pour les quartiers du Cul de Four et de l’Hommelet  .le même constat vaut pour l’Epeule où le situation du groupe scolaire de Lakanal n’est même pas évoquée .

Tel qu’il est le projet de NPRU ne répond absolument pas aux défis et aux attentes des habitants des quartiers de l’Epeule  , de l’Alma et du Cul de Four . Beucoup de discours , de réunions inutiles  , de promesses en décalage avec la réalité , dommage .

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les comptes fantaisistes de Denormandie

Julien Denormandie a certainement parlé un peu vite quand il a affirmé il y a quelques jours qu’il n’y avait pas plus de 50 SDF qui en Ile de France dormaient dehors et ne trouvaient pas de place dans les structures d’hébergement .En réalité c’est probablement de 2 à 3000 personnes qui se trouvent dans cette situation dans la Région Parisienne et 140.000 en France selon la Fondation Abbé Pierre .

Dans ces 140.000 personnes toutes ne se retrouvent pas à la rue de façon permanente , mais il est de fait que malgré l’augmentation des places d’accueil , l’implication des associations , la mobilisation du 115 , les maraudes des bénévoles , des milliers de personnes dorment dans la rue chaque nuit , certainement pas par choix comme a osé le dire un député de la REM .

Louis Gallois ,le Président de la Fédération des acteurs de la Solidarité , dénonce dans le  dernier JDD la  volonté politique de minorer le nombre de SDF .IL faut être attentif aux propos d’un homme qui sait de quoi il parle en tant que responsable d’une Fédération qui rassemble 900 associations engagées dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion .il a cent raison quand il affirme que le « sans logement  » ce n’est seulement l’hiver mais toute l’année et qu’ il ne suffit pas dire comme Emmanuel Macron après Sarkozy , que plus personne ne doit dormir dans la rue pour régler le problème .

Les associations prennent acte du plan du  » Logement d’abord » annoncé par le Gouvernement qui prévoit une augmentation de création de logements très sociaux ,  10.000 places supplémentaires en pension de famille et 40.000 places en intermédiation locative . Mais encore faut-il être cohérent et ne pas dans le même temps  déstabiliser les bailleurs sociaux dans leur capacité de production de logements . La lutte pour améliorer la situation des personnes à la rue demande du temps , la pérennité des engagements et autre chose que des déclarations imprudentes qui traduisent une méconnaissance du problème .

PNRU de Roubaix :des retards à l’allumage

Il y a beaucoup de mauvaise foi , d’entêtement , d’amateurisme ,de la part des élus roubaisiens en charge d’un dossier majeur pour l’avenir de Roubaix . Le fait est que la ville de Roubaix n’a toujours pas déposé à ce jour son projet à la Mel et par voie  de conséquence à l’ANRU .C’est un peu le diable qui se mord la queue : la ville crie haut et fort qu ‘elle n’entend pas se faire dicter son agenda par qui que se soit , qu’il lui est difficile de finaliser son projet de rénovation urbaine alors qu’elle ne connait pas encore la hauteur des engagements de la Mel , en plaidant aussi pour justifier son retard de la spécificité roubaisienne où tout projet urbain est indissociable d’une intervention lourde sur le parc privé , rendant ainsi sa mise en oeuvre plus complexe qu’à Lille ou Tourcoing.

Ces explications ne sont pas toutes à rejeter , notamment la dernière , mais elles ne justifient pas le « sur place  » de Roubaix , pour ne pas dire la fâcheuse impression d’une ville qui »avance à reculons  » sur sa rénovation urbaine , un dossier majeur pourtant pour son avenir . Cette posture sur laquelle  campent Guillaume Delbar et Max André Pick  est paradoxale . Elle fait fi des attentes des habitants de l’Epeule et de l’Alma gare de connaître les intentions  de la ville les concernant ; elle questionne l’utilité de la quinzaine d’études lancées depuis 2015-2016 qui avaient justement pour objectif d’aider à la prise de décision .

Ce temps perdu à formuler son projet urbain est inadmissible pour une ville reconnue pour ses savoirs faire en matière de politique de la ville et qui a eu à gérer un des plus gros dossier de rénovation urbaine de ces dernières années . Ces erreurs de stratégie et de méthode peuvent être lourdes de conséquences pour une ville qui n’a vraiment pas besoin de celà .

Celà ne l’a met pas dans la meilleure situation pour plaider son futur dossier aupres des instances de l’ANRU , et de la Mel  , alors que dans le même temps les bailleurs voient leurs capacités d’interventions plus que réduites par les nouvelles orientations adoptées par le Gouvernement en matière de logement .

On ne s’improvise pas dans ce genre de dossier , dommage!

l’education populaire en danger .

Pas assez moderne , pas assez professionnelle , trop orientée , l’éducation populaire traverse des moments difficiles en ce moment.A Roubaix l’UPC privée de la majorité de ses financements par le désengagement des collectivités territoriales à commencer par celui du Conseil Régional , a sonné la mobilisation générale contre ce qui apparaît comme un règlement de compte vis à vis d’une association jugée par les élus régionaux un peu trop « verte »

Une autre association , l’ADEP, est en passe de rentrer elle aussi dans une zone de turbulence , pourtant une association emblématique de l’éducation populaire qui permet à tout public d’accéder aux savoirs de base et à la culture .Illustration de son exemplarité, le projet Simplon , dont l’objectif est de mettre ou de remettre à l’emploi des publics motivés mais dépourvus de tout diplômes dans le champ du numérique .

Il est pour le moins paradoxal qu’une telle association aux savoir faire multiples , de l’alphabilisation  en passant par l’apprentissage des langues , l’initiation au numérique etc soit aujourd’hui fragilisée par le manque d’un soutien fort de la collectivité . L’Adep qui a assumé sa part dans des actions comme celle de Simplon a droit à la considération .

Cette considération  , passe par un cadre conventionnel permettant à l’association de conduire dans la durée son projet de développement sur la base de priorités partagées entre elle et ses partenaires .La refonte de ce cadre conventionnel est urgent , elle est incontournable pour assurer la lisibilité et la pérennité de l’association

Au delà c’est l’occasion pour la ville de définir ou de redéfinir sa vision en matière d’éducation populaire aisi que ses modes de gouvernance . Un vaste et beau chantier pour renforcer une citoyenneté au quotidien.

Ras le Bol !

Ras le bol  mais vraiment ras le bol d’entendre à longueur de présentation des voeux autant d’auto-satisfaction et de contre -vérités ! Décidément la modestie n’est pas la qualité première de cette majorité et la gouvernance apaisée est à remiser au magasin des souvenirs .

Soyez rassurés bonnes gens  , votre sécurité est désormais garantie par l’augmentation des effectifs de la police municipale et l’extension de la vidéo surveillance ; votre cadre de vie  n’a jamais été autant bichonné par vos élus ; le numérique dessine un nouvel avenir pour Roubaix ; la rénovation du parc Barbieux et l’extension de la Piscine dont bien attendu vous vous attribuez tous les mérites sont là pour attester que la Mel a retrouvé le chemin de Roubaix ; et cerise sur le gâteau un maire qui se prend pour André Diligent en lui empruntant sans vergogne  » mon parti c’est Roubaix  »

Je reste sidéré du décalage de ce discours avec la réalité . Comment peut-on être autant dans le déni ? Il ne suffit pas d’égrainer complaisamment les réunions , les visites de quartiers et les permanences pour cacher un bilan à mi-mandat qui n’a rien de glorieux .Pour s’en convaincre et faire preuve d’une plus grande humilité il suffit de lire et de relire le rapport annuel sur la dotation de solidarité . Une politique tarifaire pénalisante pour les familles les plus modestes , le démantèlement organisé des activités périscolaires , la  rupture de confiance avec le secteur associatif , l’état calamiteux du commerce , l’incapacité à proposer à temps un dossier crédible en matière de rénovation urbaine et à bouster le quartier de l’Union , les pertes constatées dans l’ingénierie technique municipale , sont des éléments inquiétants .

la communication envahissante et à sens unique de la majorité municipale ne l’a met pas à l’abris d’un réveil brutal .Ce qui est insupportable aujourd’hui ce n’est d’entendre à longueur de manifestations que le renouveau de Roubaix a commencé en 2014  , que « voir grand , commencer petit et aller vite  » répété à l’envie donne sens à l’action municipale  , mais l’arrogance et l’auto-satisfaction . La majorité municipale a trouvé en 2014 une situation financière saine  , des opérations prêtes à partir ou à terminer , des projets , l’admettre est la moindre des choses .Pour ma part  , je sais reconnaître les progrès constatés en matière de propreté , d’animation , la continuité et l’élargissement de la politique culturelle et le démarrage de Blanchemaille en dépit de mon scepticisme pour cette dernière initiative au moment de sa préfiguration .

La nouvelle municipalité a fait un choix autre ; avant 2014  c’était l’ancien monde , le renouveau de Roubaix c’est maintenant.

Réequilibrer Roubaix ?

La « petite phrase  » de MAP lors de la réunion publique tenue sur l’avenir du secteur de Crouy n’est pas passée inaperçue : on a accueilli beaucoup trop de personnes modestes à Roubaix et ça a crée un déséquilibre sociologique .Il faut rééquilibrer .Ce n’est pas la première fois que MAP tient ce type de propos,  et revendique la mise en oeuvre d’une politique du logement où la part du logement social serait réduite à la portion congrue au bénéfice d’une offre de logement  résolument réorientée en direction des classes moyennes , le tout adossé à une stratégie urbaine assumée de dédensification .

Les plus modestes ont du souci à se faire , seraient -ils devenus des citoyens de seconde zone ,eux qui constituent la majorité de la population roubaisienne ? MAP oublie aussi qu’il est le Président de Partenord Habitat  un des bailleurs sociaux majeurs de la MEL et du Département . Derrière celà il y a le rêve inavoué  d’un Roubaix  d’où seraient disparus celles et ceux qui modestes , pauvres et précaires empêcheraient son réaménagement et son attractivité . Belle illustration de l’expression d’une politique de droite dans ses aspects les plus fermés voire sectaires .

Roubaix est une terre de contrastes , il faut en assumer l’héritage comme il faut créer les conditions d’une ville où la recherche de qualité , d’excellence , d’innovation et de solidarité bénéficie à tous ses habitants . En matière de logement , la priorité n’est pas de rêver dans un Roubaix virtuel , mais bien de permettre à celles et ceux qui y habitent d’accéder ou de se maintenir dans un logement social ou non de qualité , et par voie de conséquence de diversifier l’offre de logement ( du locatif à la promotion privée en passant par l’accession sociale à la propriété , dans le neuf comme dans l’ancien)  C’est aussi attirer de nouveaux habitants  , et de jouer sur les atouts que possède la ville dans de multiples domaines . Concilier et non pas imaginer une politique de gribouille qui finalement stigmatise Roubaix et la marginalise .

Le contenu et les priorités du futur PNRU porteront ou non la marque de cette ambition .Force est de constater qu’elle n’en prend pas le chemin , pas étonnant dans ces conditions que Lille et Tourcoing tirent les marrons du feu !

le logement social à Roubaix : quelques vérités à rétablir .

On ne peut pas contester à Max André Pick la continuité dans ses propos concernant la place du logement social à Roubaix ; elle est trop importante , elle est responsable d’un appel d’air de populations à trop faible revenus contraire à l’objectif affiché de mixité sociale , une pause dans la construction de nouveaux logements sociaux s’impose ..quitte à commettre quelques erreurs comme lors d’une récente réunion publique où la part de logements sociaux à Roubaix est passée à plus de 50% alors qu’elle est en réalité de 40%.

La place du logement social à Roubaix ne doit rien au hasard , c’est oublier un peu vite qu’avant la 2ème guerre mondiale , la ville avait été pionnère en matière de constructions de logements sociaux qui à l’époque constituaient une avancée sociale considérable ; c’ est de ne pas tenir compte dans ces 40% de logements sociaux  , des milliers de logements construits en remplacement des logements insalubres des cours et des courées de Roubaix ou pour terminer son urbanisation comme dans les quartiers des Hauts Champs et des 3 Ponts .

Il n’y a pas , il n’y a pas eu dans cette situation , un parti pris pour privilégier systématiquement le logement  social au détriment du logement privé , mais la préoccupation constante de permettre aux habitants de Roubaix d’accéder à un logement décent et tenant compte de leurs moyens .Stigmatiser le logement social à longueur de réunions est oublier en même temps que celui -ci est un produit de plus en plus de qualité  , répondant en tout point aux exigences des économies d’énergie .

Il faut tordre aussi le  coup à ce qui serait une dérive , il ne s’agit pas dans les opérations de rénovation urbaine d’augmenter la part de logements sociaux  , mais bien de démolir ceux qui ont mal vieillis ou qui ne correspondent plus aux standarts d’habiter d’aujourd’hui , et de les remplacer sur site ou dans d’autres sites de Roubaix (par ex sur le foncier libéré et porté par l’EPF ) par de nouveaux programmes où l’idéal serait de mixer une offre d’habitat associant le libre , le locatif comme l’accession à la propriété.

La dédensification n’est pas pour moi  un »gros mot  » elle est parfaitement compatible avec un urbanisme n remodelant les quartiers trop denses , dans des formes urbaines où l’habitat puisse côtoyer espaces publics de qualité , équipements ,et moyens de transports en commun garantissant aux habitants une mobilité améliorée .Mais où je diverge totalement avec MAP c’est que celle-ci n’a pas à servir d’alibi à ne plus construire de logements sociaux à Roubaix et à se défausser sur les autres communes .A pourcentage constant , il faut faire mieux en dédensifiant , diversifiant l’offre de logement , en la répartissant de façon plus équilibrée sur le territoire .Les habitants de Roubaix concernés par le futur PNRU doivent avoir le droit de rester dans leur commune d’origine ou d’accueil comme à celui d’opter pour la quitter.