Politique de la ville: on en fait jamais assez!

Il y a quelques jours disparaissait Claude Dilain , l’ancien maire de Clichy-sous-Bois, défenseur inlassable et respecté des banlieues , militant  pour une politique de la ville  inscrite durablement au cœur des priorités de l’Etat.Comme en écho , le Premier Ministre vient d’annoncer une série de mesures concernant notamment dans les quartiers sensibles le logement et l’éducation, n’hésitant pas à cette occasion à réemployer le terme d’apartheid pour décrire la situation de centaines de quartiers défavorisés.

Encore un plan de plus diront les sceptiques , pas à la hauteur de la situation diront les plus critiques pointant du doigt la responsabilité de la République incapable de prendre la mesure de la frustration des habitants des quartiers en politique de la ville qui , à défaut de croire encore en ses valeurs ,se  replient sur des comportements de plus en plus identitaires , où la violence  n’est plus une exception.

Que la Politique de la ville ait besoin d’être  recadrée est une évidence ,elle a eu trop tendance à être réduite à des dispositifs de plus en plus complexes , sans garantie  de durée, trop centrés sur l’urbain au détriment de l’humain,et laissant peu de place aux habitants eux-mêmes.Mais elle a pour elle d’avoir transformé en profondeur des quartiers entiers et d’avolr évité une explosion sociale .La mise en place des nouveaux contrats de ville , articulant volet urbain et volet social,initiée en 2014 par François Lamy alors Ministre de la ville a apporté un premier correctif loin d’être négligeable.

Les mesures prises sur l’école , explicitant celles annoncées par la Ministre de l’Education Nationale il y a quelques semaines pour favoriser la mixité scolaire et valoriser la condition enseignante , celles sur l’accélération des nouveaux programmes de rénovation urbaine et le logement ( incitation à l’accéssion sociale à la propriété, la gestion différenciée des bénéficiaires du droit au logement opposable, le rôle renforcé des intercommunalités dans l’animation des politiques de l’habitat et du logement) ou celles en direction des associations , vont dans le bon sens .

Reste néanmoins un point faible dans l’ensemble de ces mesures , celui de l’emploi et du soutien à l’économie sociale et solidaire pourtant principal pourvoyeur d’emplois dans les quartiers populaires.Comme si les critères d’acces aux emplois d’avenir n’avaient pas besoin d’être revus et corrigés , sans compter sur une refonte des clauses d’insertion trop souvent dévoyés de leurs objectifs.

Reste aussi une non réponse sur la place et les moyens des moyens des associations.Certes on prend acte du rétablissement de crédits dont la suppréssion les avaient fortement fragilisées ,mais sont passées sous silence  les aides à la formation, et celles pour la constitution de fonds propres , indispensables pourtant pour des structures comme les centres sociaux.

Sur toutes ces questions , la plus grande vigilence s’impose , mais prenons acte d’une volonté de faire bouger les lignes .

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