Roubaix , ville en décroissance

Le prochain conseil municipal aura à délibérer sur la réalisation d’une étude urbaine visant à définir une méthodologie d’action sur Roubaix en tant que ville en décroissance , par l’intermédiaire d’une équipe de chercheurs de l’Université de Champ sur Marne .
Sous un intitulé et un cahier des charges pour le moins étranger au commun des mortels , perce l’intention de la nouvelle municipalité de pouvoir définir , grâce à cette étude , une nouvelle stratégie urbaine articulant dédensification del’habitat et élargissement des espaces consacrés à l’économie .On reconnaît bien là des idées défendues de longue date par Max André Pick.
Cette démarche soulève en même temps plusieurs questions de fonds.
La première est celle de la concordance des calendriers , entre celui du rendu de l’étude et celui au niveau de la MEL des travaux de révision du Scot et de l’élaboration du nouveau Plan Local d’Urbanisme, qui ont pris pour ces derniers une longueur d’avance , et qui ne pourront de ce fait intégrer les conclusions de l’étude lancée par la ville de Roubaix.
La deuxième concerne l’objet même de l’étude .On y parle certes d’habitat et de reconquête des friches industrielles , mais tres peu de la trame verte et de la trame bleue , facteurs pourtants essentiels à l’attractivité des territoires de Roubaix et de ceux du nord de la Métropole.Il en va de même pour la dimension intercommunale , c’est à dire de l’arc allant de l’Union au sites de la Lainière , qui sont à peine mensionnés.La vision retrécie de l’étude au seul territoire roubaisien traduit un manque d’ambition et ne porte pas les germes d’une vraie dynamique.
La troisième question est celle de la face cachée de la démarche.Sous couvert de la définition d’une stratégie adaptée à la vocation industrielle de Roubaix et porteuse de nouveaux équilibres en matière de peuplement, se déssine de façon à peine voilée , la volonté de dédensifier et de construire ou de reconstruire autrement, en clair de remettre en cause les objectifs du plan métropolitain de l’habitat et de réduire la part du logement social au bénéfice d’opérations privées susceptibles d’accueillir des populations nouvelles.C’est passer en même temps sous silenceles besoins de logements en neufcomme dans l’ancien de milliers de roubaisiens .
La quatrième question est celle de la méthode de concertation et de participation qu’entend promouvoir la municipalité pour associer les habitants à la réfléxion.Roubaix est un territoire en politique de la ville, il est paradoxal que cette préoccupation n’affleure pas dans les dispositifs proposés , hormis l’annonce d’un colloque en fin d’étude .

Pour autant la démarche est utile quoique d’un coût assez considérable.La partie diagnostic notamment pourrait être allégée en tenant compte des études antérieures déjà réalisées à Roubaix sur des thèmes similaires ou approchants.

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