La Commune de Paris : un anniversaire bien discret .

En ces temps de Covit , l’anniversaire , le 18 mars 1871 , du déclenchement de la Commune de Paris se fait bien discret . Les 72 jours d’existence de ce mouvement insurrectionnel qui s’est terminé écrasé dans le sang lors de la « ‘semaine sanglante  » , reste encore mal connu et mal enseigné , comme enfoui dans la mémoire collective . Les droites n’en retiennent que les incendies de l’hôtel de ville et des Tuileries et les excès d’une révolte dépassée par l’activisme d’une minorité d’anarchistes ; la gauche , même si en son sein les clivages restent nombreux sur les jugements portés sur le mouvement , en a fait un de ses étendards et un de ses rituels lors de ses rendez -vous annuels devant le mur des fédérés au cimetière du Père -Lachaise .

C’est oublier un peu vite les ressorts profonds de la révolte : les conditions de vie insupportables d’une grande partie de la population parisienne conséquences du siège de la capitale par les Prussiens , le sursaut patriotique de refuser la défaite et l’amputation du territoire national négociée par le gouvernement Thiers , et l’aspiration à un idéal social de progrès aux antipodes de la majorité versaillaise pas loin de vouloir rétablir la monarchie après l’Empire .

C’est oublier les avancées politiques,sociales et féministes préconisées par le conseil de la Commune : séparation de l’Eglise et de l’Etat : constitution de coopératives à l’initiative des associations , droit au divorce pour les femmes , égalité salariale entre institutrices et instituteurs , interdiction du travail de nuit pour les boulangers etc autant de préconisations révolutionnaires dans la France de 1871 .

C’est oublier enfin la violence de la reprise en mains de la capitale par les troupes commandées par le général de Galliffet ; près de 7000 victimes dont les fusillés du mur des fédérés , et des milliers de déportes en Algérie et dans les bagnes de Nouvelle Calédonie dont Louise Michel une des icônes de la Commune . Il y a comme un paradoxe de se souvenir que Thiers a vécu jusqu’à la fin de sa vie place St Georges à quelques centaines de mètres du cimetière de Montmartre où ont été pourchassés et massacrés les derniers communards . La Commune de Paris la dernière grande révolte populaire mérite à bien des égards qu’on s’y arrête .

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