rythmes scolaires

Avant l’été , Guillaume Delbar annonçait que la ville de Roubaix ne reviendrait pas à la semaine des 4 jours pour la rentrée 2017 contrairement à plusieurs villes voisines , dans l’attente de connaître les résultats de la concertation avec les conseils d’écoles et la communauté éducative .sur les horaires et les activités périscolaires .Il faut croire que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ! à l’occasion des visites d’écoles de la rentrée , changement d’attitude , le même annonce le retour à la semaine des 4 jours en 2018 , et fait état d’une concertation sur l’organisation et le fonctionnement des écoles , les horaires et les activités périscolaires dont semblent exclus les conseils d’écoles , donc les parents d’élèves .

A vrai dire , Guillaume Delbar et son équipe ,non sans une  certaine démagogie , ne se sont jamais montrés d’ardents défenseurs de la réforme des rythmes scolaires en dénonçant son coût , les incertitudes supposées sur la pérennité de son financement ,en raillant la qualité et les modalités d’acces aux TAP, et en faisant peu de cas de l’investissement des services municipaux , des parents d(‘élèves et des enseignants pour leur mise en place .

L’illustration de cette approche partisane en a été le grignotage continu depuis 2014 des Temps d’Activités Périscolaires où les garderies ont pris le pas sur les clubs qui en étaient le coeur de cible . En définitive une approche et des choix en recul sur l’ambition du projet et préjudiciable à l’objectif porté jusqu’alors par les élus d’une école de qualité .

Reste enfin un problème majeur , celui de l’avenir des contrats aidés en charge des TAP , sans parler de la fragilisation des associations impliqués dans leur animation.Le tout est renvoyé à l’annonce d’une réflexion dont on ne connait ni le calendrier ,ni le contenu

Ce n’est pas du côté du nouveau Ministre de l’Education qu’il faut attendre des réponses .Le tenant de l’excellence scolaire se révèle plus sensible à détricoter les mesures de ses prédécesseurs qu’à se pencher sur le sort de celles et ceux pour qui un contrat aidé est une perspective de s’insérer durablement dans le monde du travail.

Roubaix n’a vraiment pas besoin de ces changements de cap préjudiciables aux enfants eux-mêmes dont on oublie qu’ils sont les premiers concernés.Un peu plus d’écoute , de modestie ne ferait pas de tord , mais celà est beaucoup demander à une majorité municipale qui préfère communiquer et promettre à tout va plutôt que de résoudre sur le fond des  questions essentielles pour l’avenir de Roubaix.

 

 

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Un trop plein d’études.

Décidemment , l’aménagement de Roubaix offre l’occasion d’enclencher un nombre d’études diverses dont la logique , la cohérence , et le bien fondé commencent à poser problème .La dernière initiative en date est un appel d’offres lancé sous couvert de la Mel intitulé  » étude sur la ville de  Roubaix dans le cadre du nouveau programme de rénovation urbaine : stratégie d’action sur l’habitat privé ancien à Roubaix coordonnée au développement urbain et social , rien  que cela !

Une année , procédures de validation comprises , pour réaliser un diagnostic permettant de préciser les principales problématiques en matière d’habitat privé et de logement se posant dans l’ensemble des quartiers de Roubaix ,et en ce qui concerne plus particulièrement les secteurs couverts par le futur PNRU , en définir les objectifs quantitatifs , le chiffrage , les modalités de pilotage et les indicateurs de suivi , ainsi que les modalités de concertation .

Cette énième étude pose plusieurs problèmes .Le premier est celui du trop plein , puisqu’elle s’ajoute aux 13 autres études déjà finalisées ou en phase de lancement sur la ville de Roubaix .Le deuxième est de passer un temps précieux à diagnostiquer des données déjà connues de la Ville , de la Mel ou des opérateurs intervenant dans les quartiers .Le troisième est de renvoyer l’image d’une Municipalité qui faute de stratégie navigue à vue .Le quatrième est de s’interroger sur le pourquoi de l’absence d’une sollicitation renforcée des opérateurs impliqués de longue date dans le logement et l’aménagement , au lieu et place de lancer de nouvelles études .Le cinquième problème est celui de l’information et de la consultation des habitants qui semblent avoir été oubliés dans le cahier des charges de l’étude .Le sixième est que la liaison avec la ville en transition et le développement durable ait été complétement occultée .

Outre ces questions , il y a enfin dans l’énoncé de la future étude la fâcheuse impression d’une méconnaissance des actions réalisées depuis des décennies sur le parc d’habitat privé et l’habitat indigne .Vouloir changer de rythme et d’échelle , innover , diversifier l’offre de logement , traiter les flux et non plus simplement les stocks sont des objectifs que l’on peut partager , à condition toutefois de clarifier la démarche proposée.

 

 

le logement social en question.

Il y a de quoi s’inquiéter sur les intentions du nouveau gouvernement en matière de logement social , en plus du rabotage annoncé de l’APL , des crédits en diminution de la politique de la ville , on évoque maintenant l’engagement d’une réflexion sur la révision de la disposition phare de la loi SRU faisant obligation aux communes d’atteindre un seuil minimal de 20% de logements sociaux .

On serait tenté de recommander au Ministre des territoires en charge du logement de lire et de relire les rapports de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du mal logement en France , celà devrait lui faire comprendre que ce n’est vraiment pas le moment à remettre en cause le logement social alors que tant de français peinent à  accéder à un logement décent ou à s’y maintenir , sans même parler du mirage que constitue pour beaucoup l’accession à la propriété .

le logement est devenu aujourd’hui le reflet de nouvelles inagalités ,en milieu urbain comme en milieu rural , en corriger les effets ne peut s’accommoder de mesures de circonstance , il faut au contraire en faire un chantier et une priorité nationale , comme d’ailleurs la politique de la ville .C’est exactement l’inverse de la voie dans laquelle semble s’engager le gouvernement et le Président de la République .

 

la politique de la ville en danger

Dans la torpeur de l été peu de personnes ont prêté attention à une mesure concernant la politique de la ville : l’annulation d’une ligne de crédits de 47 mls d’e , les médias préférant se mobiliser sur les  800 mls d’e retirés au Ministère de la Défense .L’association des Maires  des villes et banlieues a réagi fortement à ce qu’elle considère légitimement  comme une remise en cause d’une politique de cohésion sociale ,contraire aux engagements pris durant la campagne présidéntielle par E .Macron en matière de sécurité , d’éducation , d’emploi , pour les territoires en politique de la ville .

comme le souligne l’association dans son communiqué   » cette décision brutale est grave pour les quartiers populaires .Elle l’est d’autant plus que beaucoup sont classés en zones de sécurité prioritaire , et sont aussi des sites en réseaux d’éducation prioritaire renforcé   et l’association de poursuivre que les intercommunalités porteuses des nouveaux programmes nationaux de rénovation n’ont toujours pas à ce jour de certitude sur les financements d’Etat annoncés à hauteur de 10 milliards d’euros  »

La politique du rabotage , touchant indistinctement l’ensemble des Ministères n’est pas la bonne solution , ni la bonne méthode  , alors que l’on nous avait promis des réformes structurelles de fond .Une autre illustration en est la mesure concernant lesaides personnalisées au logement .Personne ne conteste la nécéssité d’en réviser les critères , des ajustements avaient d’ailleurs commencé à se faire sous la Présidence de F. Hollande la sagesse et le pragmatisme auraient du amener nos nouveaux responsables à en élargir le cadre et le contenu .Au lieu de celà , la mesure généralisée d’écrêtage retenue apparait injuste et incompréhensible pour celles et ceux pour qui l’APL est indispensable , et qui voient dans le même temps l’annonce de l’allègement de l’ISF.

Il y a de quoi s’inquiéter pour nos territoires et ses habitants confrontés aux difficultés que l’on sait en matière de logement , d’emploi , d’accès aux soins , au delà de l’avenir des contrats de ville , des moyens accordés aux habitants , et des incertitudes sur les nouveaux programmes de rénovation urbaine.Les 13 milliards d’éffort demandés aux collectivités locales vont certainement encore plus tendre la situation . La logique de Bercy n’a jamais été aussi implacable .

A vouloir réformer à marche forcée , sans prendre véritablement le temps d’écouter les territoires ( l’exemple de la récente conférence des territoires n’est pas fait pour nous rassurer ) on risque finalement de marginaliser et de précariser encore plus bon nombre de nos compatriotes .

Le plus navrant dans ce contexte est l’attitude de nos nouveaux élus : maires , parlementaires,et autres qui s’empressent de revenir sur la réforme des rythmes scolaires , activités periscolaires comprises , valident sans sourciller la réduction de l’APL, ou les atteintes à la politique de la ville , au risque de perdre le sens de l’interêt général .

 

 

 

 

les leçons d’un échec .

Une véritable déroute que ces élections législatives pour le parti Socialiste , chronique d’une défaite annoncée ? refus de ses dirigeants et de ses militants de prendre la mesure de l’énorme besoin de changement et de renouvellement attendu et exprimé par les électeurs ? une page qui se  tourne pour un parti incapable d’être de son temps, plus soucieux de la carrière de ses élus que de respecter les engagements souscrits en 2014 . On en viendrait presque à approuver les imprécations de Gérard Filloche .

A Roubaix , la défaite est amère et douloureuse pour les militants qui avaient crânement à quelques semaines du scrutin décidé d’affirmer leurs valeurs et leurs propositions dans un terrain complétement miné ,  sans compter les relents qui avaient empoisonné la campagne des municipales de 2014.Elle est insupportable pour Medhi Masrour qui a voulu contre vents et marées redonner du souffle et un avenir aux socialistes roubaisiens .Honte à celles et à ceux qui en ont fait une caricature qui n(‘est pas exempte d’un racisme qui ne veut pas dire son nom.

Un récent point de vue de Bruno Renoul dans Nord Eclair nous expliquait que les résultats de ces législatives et leurs résultats signifiaient de facto la mort de l’hypothèse de primaires que j’avais exprimée il y a plusieurs mois .Il a certainement raison .Il est de fait que le nouveau paysage politique national et local pose plusieurs configurations possibles  pour les futures élections municipales .Il y a fort à parier que l’étendard En marche peut inciter le maire sortant à en fédérer toutes les composantes , y compris celles qui se sont mis en marge .Il pourrait aussi être tenté de refaire le coup de René Vandierendonck en 1995 en s’ouvrant à Nous C’est Roubaix dont une parti des adhérents ne seraient pas insensensibles à ce ralliement .

Je reste aussi convaincu que le rassemblement des gauches , des progressistes , sur la base d’un projet alternatif pour Roubaix est une autre option qui peut mettre ou remettre en mouvement, à condition de construire un projet en mettant de côté les égos et en prenant garde de ne pas humilier les battus d’aujourd’hui.La rancœur est toujours mauvaise conseillère.

Trois longues années , peut-être quatre , nous séparent des prochaines élections municipales , il peut effectivement se passer beaucoup de choses dans cet intervalle .Si le parti socialiste version Epinay a vécu , ses idées , ses valeurs , ses combats restent d’actualité à la différence près qu’il ne pourra qu’être durablement qu’une des composantes de cette reconfiguration du paysage politique au plan local comme au plan national .

L’heure des choix approche à Roubaix pour les socialistes : alliance avec les autres partis de gauche , mais en position minoritaire , candidature de témoignage en attendant mieux , il faudra trancher ou disparaitre.

Pnru : Roubaix au pied du mur

La municipalité de Roubaix commence à en dire un peu plus sur ses intentions sur le futur PNRU .Il était temps , alors que s’engagent les études stratégiques pour en définir le périmètre , le contenu , les modalités opérationnelles , et ce qui n’est pas anecdotique : le prévisionnel financier.
Il y a de quoi se faire du souci à la lecture des déclarations tant de Guillaume Delbar que celles de Max André Pick .L’un comme l’autre confirment leur choix de profiter du PNRU pour dédensifier la ville et la débarasser d’un trop plein délogements sociaux en s’abritant derrière la réglementation de l’Agence nationale de Rénovation urbaine exonérant les villes en politique de la ville de reconstruire les logements sociaux démolis des lors que leurs quotas étaient atteints .
Véritable obsession chez MAP , vision étriquée d’une ambition urbaine chez Guillaume Delbar reposant sur une méconnaissance de la politique de la ville ,ramener le PNRU au seul objectif de la dédensification est une ineptie totale ,jouer ainsi  » petits bras  » sur un enjeu aussi majeur pour Roubaix qu’est la Rénovation Urbaine n’est pas fait pour rassurer , même si l’on sait que désormais une partie des réponses et des solutions se fera au niveau de la Métropole .
A situation exceptionnelle moyens exceptionnels , traiter et par voie de conséquence réamenager l’arc nord -ouest de Roubaix (peu ou prou 1/4 de la ville ) demande d’autres réponses que celles imaginées par la majorité municipale , et le fait de laisser croire que les villes voisines seraient enclins à témoigner d’une solidarité qu’elles se sont bien gardées de faire jusqu’ici.La prise de compétence de la politique de la ville par la MEL et les nouvelle orientations du PLH changent certes la donne , mis il faut être lucide et ne pas se bercer d’illusions .
L’ampleur des problèmes à traiter , tant en matière d’habitat , d’équipements de toute nature , d’emploi , de développement durable , dans un pan entier de la ville faisant la jonction entre l’Epeule , le Campus gare , Blanchemaille ,
l’Union et son prolongement en direction de Wattrelos ,justifie l’égilibité de Roubaix au titre d ‘opération d’interêt national .Cette disposition est la seule capable d’amener cohérence , engagements financiers dans la durée ,et gouvernance à même d’animer et de créer les transversalités nécessaires.A une condition toutefois que l’Etat n’impose pas la mise en place d’un « machin  » pour piloter l’opération.Il y a suffisamment d’outils existants , l’echec de la création il y a plus de 30 ANS de l’EPRART devrait inciter à la prudence.

Sur des sujets aussi importants , je regrette pour ma part que nos élus se montrent incapables d’organiser le moindre débat ou consultation .Ainsi va une municipalité qui a pris le parti de communiquer plutôt que d’écouter ses forces vives .