Retour de l’alma Gare dans l’actualité roubaisienne.

Un vent de fronde est en train de monter dans l’alma gare, il est vrai que la mise en œuvre du programme de rénovation et de ses démolitions inquiète beaucoup les habitants quant aux modalités et les lieux de leur relogement.

A voir et entendre leurs réactions, je revois en accéléré l’histoire d’un quartier impacte depuis le début des années 70 par une rénovation urbaine en réalité jamais achevée et d’habitants s’organisant sous des formes diverses pour se faire entendre, dans le prolongement de ce qui avait été l’Apu (l’atelier populaire d’urbanisme)

L’alma gare ne peut être réduit aux clichés dont on l’affuble trop souvent. C’est un quartier qui a une longue tradition des luttes collectives, un quartier aussi où le centre social a contribué à éveiller à la citoyenneté bon nombre d’habitants.

Plutôt que d’être droit dans ses bottes, la majorité municipale ferait mieux de ne pas répéter l’erreur qui a été la sienne dans le quartier du Pile dans le quartier du Pile avec la table de quartier en revoyant sa méthode de concertation. Elle aurait enfin à faire sienne une demande de dérogation de la réglementation de l’Anru de façon à pouvoir reconstruire sur site une partie des logements démolis.

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Camaïeu :une liquidation qui aurait pu être évitée ?

On ne redira jamais assez le choc de l’annonce de la liquidation de Camaïeu et de la fermeture de ses magasins, enseignes familières à beaucoup sur nos territoires.

La crise du prêt à porter ( on consomme de plus en plus low cost laissant ainsi de moins de place aux marques moyennes comme le soulignait encore récemment l’économiste Daniel Cohen) la fermeture des magasins liée au covid, les choix de gestion du dernier repreneur ne trouvant rien de mieux que de suspendre le paiement des loyers, et la succession des fonds de pension à la stratégie court termiste, ont précipité dans le mur une entreprise créee en 1984 par 4 mouste quaires venus de Auchan.

Pouvait-on éviter une liquidation redoutée  par des salariés attachés à une entreprise dans laquelle certains étaient rentrés des sa création ? Opposition comme majorité locales se rejoignent sur le fait que la liquidation aurait pu être évitée si l’état, la région et l’actionnaire avaient des signes tangibles permettant de credibiliser le plan de reprise.

A l’opposé de ce qui avait été possible pour la Redoute, il n’y a pas eu de plan de bataille collectif pour sauver Camaïeu. A l’époque l’investissement de Martine Aubry, pdte de la Mel, de Pierre de Saintignon, des syndicats et des collectivites locales avait pesé dans le sauvetage de la Redoute.Pour Camaïeu l’engagement de l’actionnaire n’a pas été jugé convaincant et le plan de bataille trop tardif et dispersé.

Dans ce qui constitue un drame pour l’emploi, on peut aussi mesurer l’isolement de Roubaix. Je me doute que le maire de roubaix aura tiré les sonnettes d’alarme et qu’il ne s’est contente des communiqués de circonstance, mais il apparaît bien seul et isolé et roubaix avec lui.

Insécurité routière.

On ne peut pas dire que circuler en voiture à roubaix soit de tout repos ! Il y a une conduite à la roubaisiennes dont les manifestations et les excès sont disons le exécrables.

Les stationnements intempestifs en double sens pour une raison ou pour une autre, le non respect des feux tricolores, la vitesse excessive voire plus, les appels sonores au moindre ralentissement n’en sont que quelques manifestations qui répétées à la longue empoisonnent la vie. L’insécurité routière ne recule pas, c’est le moins que l’on puisse dire, sans parler des fous furieux et de leurs rodéos sauvages.

Roubaix n’est pas la seule ville où les habitants se plaignent de ces comportements mais la côte d’alerte y a été atteinte, sans que cela ne semble beaucoup déranger. N’ajoutons pa cet élément à celles et ceux qui déjà découragés par les atteintes à la qualité du cadre de vie y trouvent des raisons à quitter une ville pourtant passionnante.

Impressions de rentrée.

Maurice Decroix il y a quelques jours m’a gentiment recommandé l’écoute du poscat de Guislain Prouvost sur France Culture. Héritier d’un groupe industriel indissociable de l’histoire de Roubaix, confortablement installé à Bruxelles, gérant une fortune assez conséquente repartie entre participations dans des entreprises qualifiées par lui de sérieuses et rentables, activités dans l’immobilier et le patrimoine bâti qu’il qualifie pour ce dernier comme sa danseuse, il nous livre crûment son histoire, la sienne et celle du peignage et les raisons de sa chute.

Il faut écouter et réécouter son récit. Le moins que l’on puisse dire est que la vision de Roubaix passée et présente décrite par Guislain Prouvost fait plus que sursauter. Dire qu’il n’y a rien à voir à Roubaix devenu de fait une ville musulmane est vraiment insupportable. On serait en droit d’attendre du descendant d’une famille qui a façonné Roubaix autre chose que ces clichés sommaires.

Sur un tout autre sujet celui du dossier de la rénovation urbaine à Roubaix, celui-ci reste un vrai sujet d’expectative, en terme de pilotage politique depuis le retrait de Max André Pick , de mise en œuvre opérationnelle, et de contenu. Disons le ce dossier donne l’impression d’être complètement encalmine.a l’heure où est annoncée une réorientation de l’Anru peut-être serait-il judicieux de demander une clause revoyure sur la convention signée en grande pompe sous l’égide de la Mel, occasion de remettre en question des choix contestables comme la démolition de la rue Cugnot dans l’Epeule, celle de la cité flippo au Pile ou encore à l’alma. Affaire à suivre.

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Macron et L’Algérie, expulsion de l’iman Inquioussen.

Impression mitigée sur le récent déplacement d’emmanuel Macron en Algérie. Certes le dialogue a été renoué avec les autorités algériennes, de nouvelles pistes ouvertes pour un travail commun sur la mémoire, chaque partie se félicitant de la relance de la coopération entre les deux États sur des sujets bien actuels comme ceux de la sécurité au Sahel, du gaz, des visas et de la politique migratoire.

Le bilan tiré des dernières décennies amène toutefois à la prudence. Les relations franco-algériennes ont toujours été complexes, passionnelles à l’instar d’une histoire dont toutes les pages n’ont pas toutes été entrouvertes. Je trouve regrettable qu’EM n’a pas cru bon de faire ce geste symbolique consistant à aller a Guelma et à Setif non pas pour s’excuser mais pour se recueillir sur les lieux de massacres impardonnables.

L’actualite, c’est aussi l’expulsion de l’iman Inquioussen confirmée par le Conseil d’état. La justice a tranché, dont acte.les propos comme les agissements d’inquioussen étaient intolérables et inadmissibles, mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour les sanctionner en se mettant en contradiction avec l’état de droit comme le rappelait fort justement il y a peu la LDH ? Laissons le ministre de l’intérieur s’auto-glorifier, il n’en est pas à ça près pourvu que l’on parle de lui.

Déplacement d Emmanuel Macron en Algérie.

Ce sera le 2eme déplacement d’EM en Algérie après le refroidissement des relations bilatérales entre les 2 pays consécutif aux propos du Pdt de la République sur la rente mémorielle caractérisant selon lui l’attitude des autorités algériennes.

Ce voyage est toutefois symbolique, l’année du 60 ème anniversaire de l’indépendance algérienne, près de 2 ans après la publication du rapport de Benjamin Stora préconisant une méthode et une approche concertée de l’histoire des deux pays. La rencontre récente entre ce dernier et le Pdt algérien est en soi un élément important dans un dialogue reconnaissons souvent difficile et passionnel.

Les gestes n’ont pas manqué du côté français ni les propos revisitant une histoire qui de la conquête, a la guerre d’Algérie, et aux mois atroces entre les accords d’evian et la déclaration d’indépendance reste d’une complexité inouïe. L’Algérie doit elle aussi affronter son histoire mais la France a une responsabilité particulière à poser des gestes symboliques qui scellent la réconciliation avec L’Algérie. Il ne suffit pas de déposer des gerbes à Guelma et Setif pour s’exonérer des massacres de mai et juin 1945, le Pdt de la République doit en personne s’y rendre et tenir les mots qu’attendent l’ensemble des algériens.

Ce serait l’occasion de faire bouger les lignes et de ne rien oublier d’une histoire ou L’Algérie comme la France en détiennent une partie commune.

Quel avenir pour le PS ?

Il y a quelques jours, la Voix du Nord consacrait plusieurs articles au PS intitulés : la chute de la maison PS, en concluant que la grande saga des socialistes  » n’était peut-être pas tout à fait terminée »

Non, je ne suis pas de ceux qui croient à la disparition d’un parti qui a été au cœur de la vie politique française depuis des décennies, en dépit des oiseaux de mauvais augure qui persistent à considérer que l’adhésion à la Nupes en préfigure la disparition à plus ou moins court terme.

Le PS c’est une histoire, un maillage d’élus locaux, la relève d’une génération de nouveaux militants et la conviction que les valeurs socialistes, sociales et écologistes ont toute leur place dans les débats politiques d’aujourd’hui. Tant pis pour celles et ceux qui ont renie leurs convictions et succombé aux sirènes du macronisme.

Non le PS n’est pas mort, mais une crédibilité retrouvée suppose d’en revisiter de fond en comble le projet et l’organisation. L’entre soi, le fonctionnement clanique, la course aux mandats sans limite, la perte des valeurs et pour ce qui concerne notre region: l’arrogance lilloise, ne peuvent plus et ne doivent plus être de mises. Je reste fondalement optimiste même si je fais partie de ces élus pourtant membres duPS depuis Epinay qui ont vécu de près et douloureusement le peu de solidarité et de considération d’un parti et de ses dirigeants avec qui j’ai partagé tant de combats.

Retour au réel.

Rentres de vacances on replonge très vite dans l’actualité. Celle d’une guerre, en Ukraine, dont on voit mal l’issue. Poutine est sur le point d’atteindre ses objectifs : il occupe à ce jour 20 à 25% du territoire ukrainien, rien ne semble l’arrêter, sauf une résistance ukrainienne qui impressionne. Il tiendra tant que la manne financière du gaz et du pétrole lui permettront de limiter les effets des sanctions.

Il y a l’Ukraine, mais aussi le Liban , le retour de la violence à Gaza et Taïwan. 2 ans après l’explosion de Beyrouth, c’est le spectacle d’un État en faillite incapable d’assumer la protection de ses concitoyens. Emmanuel Macron y a perdu toute légitimité en voulant jouer les gros bras, comme si la seule communication pouvait régler les problemes ! La violence à Gaza, c’est depuis des décennies un retour systématique de la reprise d’un conflit larve entre organisations palestiniennes les plus radicales et l’état d’Israël. Une situation totalement bloquée ou la liste des morts s’agrandit tous les jours.

Avec la tension à Taïwan, c’est la place et le rôle de la Chine qui se rappelle à nous. Une seule Chine, certes, mais pas à n’importe quel prix.Taïwan s’est bâti comme un quasi état démocratique et l’île à le droit dde vouloir en préserver l’expression et le vécu. En l’oubliant, Melanchon à commis une erreur qui jette le trouble.

Sur le plan intérieur, la majorité relative de l’ex République en marche peut considérer qu’elle a surmonté les écueils des premiers débats parlementaires en faisant adopter ses mesures sur le pouvoir d’achat. Certes mais en penchant de plus en plus à droite avec l’appui des Républicains et en préférant en matière de pouvoir d’àchat des mesures conjoncturelles.

Je n’ai pas de sympathie particulière pour François Ruffin mais je suis d’accord avec lui quand il propose l’indexation des salaires et des retraites, la revalorisation de smic et la taxation des grands groupes aux profits vertigineux. La justice sociale n’est pas une série de mesures de nature cosmétique mais une autre répartition des richesses.la même démarche devrait être aussi celle à adopter en matière de lutte contre le réchauffement climatique et la précarité énergétique. A ce niveau c’est presque un zéro pointe que nous offre le gouvernement

Et il reste Roubaix, dans la torpeur de l’été pas de nouvelles saillantes en apparence. Sauf que dans l’indifférence générale l’hémorragie des ressources humaines de la mairie continue, des dossiers majeurs comme ceux de la rénovation urbaine patinent, la précarité de beaucoup de roubaisiennes et de roubaisiennes progresse. Des réalités qui laissent au second plan les interrogations sur l’actualité judiciaire et le sort des élus concernés.Nul doute pourtant que cette question retrouvera toute sa place dans l’actualité roubaisiennes des qu’elle fera la une des médias locaux.

La faculté d’oubli.

La lecture des chroniques d’Alain Frachon ancien chef du derviche étranger du journal le Monde permet de revisiter jours après jours, mois après mois, année après année l’actualité de 2014 à aujourd’hui et en même temps de mesurer notre faculté d’oubli.

2014, c’est déjà l’Ukraine avec la place Maidan a Kiev, la fuite en Russie du Pdt Ianoukovitch, l’annexion de la Crimee et la destruction en vol d’un avion des Malaysian Airlines faisant 298 victimes au dessus du Donbass. Mais c’est aussi en juin la prise de Mossoul par l’EI avant celle de Rakka et le début de l’horreur.

2015, en juillet échec d’un  coup d’état en Turquie suivi d’une répression sans précédent orchestrée par Erdogan rompant avec les principes et les valeurs kemalistes. A Paris en nov, les fusillades et le massacre du bataclan. En déc, l’accord de la Cop21 pour lutter contre le réchauffement climatique.

2016 : mort de Fidel Castro et election contre toute attente de Ronald Trump le futur super menteur,et le futur denonciateur des accords de Paris et de l’accord nucléaire avec Téhéran.

2017 : bien sûr l’élection d’Emma URL Macron à la présidence de la République,l’arrivée du nouveau monde ! et on a vu !Mais aussi choix de Paris pour accueillir les jeux olympiques en 2024 et de Los Angeles en 2028.

2018 : En Chine Xi Jinping pourra se présenter au delà de 2 mandats, rejoignant ainsi la longue liste des présidents et dictateurs comme Poutine et Kim Jong un né s’embarassant pas de principes pour rester au pouvoir. Élection aussi au Brésil de Bolsonaro autre histrion de la politique.

2019 :election en Ukraine de Zelinsky. A la fin de l’année début en Chine du covid qui allait durant les années suivantes bouleverser le monde entier

2020 :election à suspense de jo Biden. Conflit antre l’Arménie et les azeris. Décès de John le Carré. Déclaration de Macron affirmant que l’Otan est en coma dépassé !

2021, l’impensable l’assaut du Capitole par les partisans de Trump chauffés à blanc. En Birmanie Aung San Suu Kyi est renversée par les militaires. Départ d’Angela Merkel après 16 ans à la tête de la chancellerie.

2022 Invasion de l’Ukraine par Poutine. Réélection de Macron. Le rassemblement national fait une entrée en force au parlement , la gauche incontournable, une majorité présidentielle qui tombe de haut.

De 2014 à 2022, des années qui donnent le vertige où les idéologies se fracassént accompagnées d’un recul général de la démocratie et la montée des populismes. Une pandémies que personne n’avait vu venir et un réchauffement climatique de plus en plus visible donnant tout leur sens aux alertes des experts du Giec. Les vagues toujours plus fortes de l’immigration d. Afrique et du moyen Orient en quête de havres de paix pour échapper aux horreurs de la guerre et aux massacres de l’EI. Difficile d’être optimiste et pourtant il le faut.

C’est ce qui a fait témoigner à Rakka ‘Ruquia Hassan Mohammed la blogueuse avant de disparaître dans les geôles de l’ EI, c’est ce qu’a voulu nous dire Liu Xiabo le prix Nobel de la paix un des rédacteurs de la Harte 08 pour une liberalisation progressive de la Chine.