Attention aux comparaisons trop rapides

Il y a quelques jours ,Bruno Renoul dans  » un point de vue  » paru dans Nord Eclair faisait un rapprochement entre les difficultés de la majorité municipale actuelle et les dissidences apparues au moment de la constitution des listes aux élections municipale de 2014 , avec la victoire surprise de GD .
J’ai déjà eu l’occasion de dire mon désaccord avec cette analyse car les situations de 2014 et de 2017 ne sont pas identiques .J’ai hérité en 2012 d’une équipe qui n’était pas la mienne , en voulant la renouveler , en écarter des éléments qui de fait me contestaient la légitimité de me succéder à moi même ,sans véritables appuis et conseils de l’appareil fédéral ,dans un contexte national anti Hollande particulièrement virulent , la multiplication de listes dissidentes a conduit au résultat que l’on connaît .J’ai toujours dit que je tenais à porter la responsabilité d’une défaite qui reste une véritable épreuve pour moi ,tout en reconnaissant que des choix moins tranchés , une vigilance plus appuyée de mon prédécesseur auraient très certainement inversé le résultat , mais on ne refait pas l’histoire !
La situation à laquelle nous assistons aujourd’hui est inédite, à mi-mandat on assiste au spectacle d ‘élus qui se racontent à longueur des réseaux sociaux , font part de leurs ambitions comme de leurs déceptions , mettent en cause le Maire ou son 1er Adjoint , voire leurs collègues sous les yeux ébahis des services comme des habitants .
Rien de comparable avec le fonctionnement des équipes municipales des majorités municipales précédentes .La victoire surprise de l’équipe , son manque de préparation , comme des erreurs patentes de casting y ont leur part de responsabilité .On aurait pu attendre de la gouvernance politique choisie , avec un Maire se consacrant à la promotion et au développement de sa ville et un 1er Adjoint tout entier consacré aux grands projets et à la gestion de la ville qu’elle gomme ces lacunes .Ca n’a pas été le cas , GD a commis l’erreur à peine élu de courir plusieurs lièvres à la fois : la Mel , Le Conseil Régional ,quant à MAP son style et parfois ses méthodes abruptes ne vont pas dans le sens de l’apaisement , ce qui n’enlève rien aux compétences qui sont siennes et à sa connaissance reconnue du fonctionnement communal.
Et il y a plus grave , aux tiraillements d’une équipe municipale où chacun joue sa partition , s’ajoute dans des proportions de plus en plus inquiètante un malaise voire une souffrance de l’administration communale .Les départs nombreux enregistrés dans l’encadrement en sont le signez le plus évident,et exprime assez bien le sentiment de beaucoup d’agents de ne pas être considérés ,suspectés mêmes , en même temps que déconcertés par un clientélisme en pleine progression .
Alors oui , à mi mandat la situation est explosive et finalement contraire aux intérêts et aux besoin des habitants de Roubaix .Au lieu d’aller au CES de Las Vegas , GD aurait du consacrer un peu de temps à réfléchir sur les moyens de redresser une situation bien compromise .La gouvernance apaisée c’est de savoir écouter .

Roubaix c’est aujourd’hui !

La majorité municipale en est convaincue , le destin de la ville a complétement changé depuis sa victoire inattendue aux dernières élections municipales de mars 2014 . Inauguration après inauguration , poses de premières pierres, mise en œuvre des opérations liées à l’ANRU ou au PMRQAD , lancement des travaux du Parc Barbieux , avancée du Campus Gare , tout ou presque est à porter à son crédit : Roubaix c’est aujourd’hui et demain le résultat de son action et de son influence à la Mel, au Conseil Départemental et au Conseil Régional.
S’il faut savoir tenir compte des résultats enregistrés en matière de propreté urbaine , d’animation et de démarrage de l’opération Blanchemaille , globalement nos nouveaux élus devraient être plus modestes .Mais il est vrai qu’une communication abondante et complaisante les empêchent de voir et de prendre la mesure de réalités bien différentes .
Les effets d’annonce se multiplient et sont érigés en méthode de gouvernance , on en voit le résultat sur la maison à 1E , la création d’une maison consacrée au zéro déchets , en matière de politique sportive et d’action commerciale .Au delà de ces gesticulations et improvisations , il y a plus grave , la démobilisation du secteur associatif , une politique tarifaire qui pénalise les revenus les plus modestes mais pas qu’eux , une insécurité qui progresse , une activité commerciale qui souffre ,un marché immobilier qui pousse les valeurs vers le bas ,et l’on a bien du mal à discerner les contours d’un projet pour la ville et son ambition .Le quartier de l’Union qui devrait en constituer l’ossature reste en panne malgré des déclarations répétées .
OUI on continue de venir à Roubaix à la Piscine , pour les grandes manifestations culturelles , L’Usine et Mac Arthur ne désemplissent pas , le pôle universitaire se renforce , OVH et ANKAMA sont devenus des fleurons de renommée internationale , les Start Up de Blanchemille sont prometteuses , mais dans le même temps les fractures s’élargissent entre le sud de Roubaix , Barbieux et les quartiers populaires qui sont la majorité .
Il ne s’agit pas d’accabler la majorité municipale de tous les maux ,mais on pourrait au moins attendre d’elle qu’elle prenne l’exacte mesure des problèmes et qu’elle ait plus de considération pour son opposition.Et que dire de certains élus multi cartes qui s’épanchent sur la Toile sur des sujets le plus souvent futiles et bien loin des préoccupations des habitants des quartiers
Il est plus que temps d’un changement de cap et de méthode s’opère , à supposer que la volonté e le faire existe .On en douter quand en plus on voit s’assécher au fil des mois les ressources humaines de la mairie avec les départs de compétences reconnues .

le logement, l’oublié du débat des primaires.

Y a t-il une fatalité à ce que le logement soit en général évacué des débats publics , comme cela a encore été le cas lors des Primaires de droite ? Le fait est que le logement ne fait pas recette ,peut être parce que il est le domaine des initiés ,que la maitrise du sujet ne va pas de soi , alors qu’il est une des grandes priorités des français .On pourrait dire la même chose pour tout ce qui touche au parc privé , à la lutte contre la précarité énergétique et au renouvellement urbain .
La sécurité , l’emploi , l’éducation , accaparent le plus souvent l’espace public et l’intérêt des médias .Sans nier l’actualité et l’importance majeure de ces questions , on continue néanmoins à faire l’impasse sur le logement.
Ce ne sont pas pourtant les signaux d’alerte qui manquent .Chaque année , le rapport de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du mal-logement en France et là pour mettre en évidence la gravité du problème et le fait que la production d’un logement accessible marque le pas renforçant ainsi année après année les inégalités .Il en va aussi des rapports annuels des associations caritatives qui montrent l’aggravation de la précarité et de la pauvreté et la part de plus en grande de personnes sans logement.
Ce n’est pas tant de nouvelles lois ou de nouveaux dispositifs dont on a besoin , ils n’ont pas manqué ces dernières années ! mais bien de choix budgétaires et d’une gouvernance simplifiée à tous niveaux garantissant la réalité du droit au logement pour celles et ceux qui en sont les éloignés .
Une France de propriétaires comme la revendiquent les candidats à la primaire de droite ne fait que renforcer les inégalités , raréfier l’offre de logement en provenance du parc privé , et rendre plus difficiles les parcours résidentiels .
C’est dire combien la politique du logement a besoin d’être débattue , et de sortir de la discrétion dans laquelle elle reste enfermée alors qu’elle est au cœur des préoccupations de nos concitoyens .

Bon anniversaire .

Le musée de la Piscine fête son 15ème anniversaire , occasion de revenir sur le succès d’un musée pas comme les autres ,de se réjouir du lancement de ses travaux d’extension ,et de lancer quelques pistes concernant sa gestion.
Son succès ,la Piscine le doit à son conservateur et à son équipe ,à l’essor et à la dynamique de l’association des amis du musée , à l’implication du club des mécènes , et à l’attachement des habitants de Roubaix .Musée populaire et solidaire , accessible et convivial, il draine des publics de tous âges , enfants comme adultes venus de l’agglomération , de le Métropole , de la Région mais aussi de beaucoup plus loin .La médiatisation de cet équipement singulier comme le souligne très justement un des ouvrages qui lui est consacré a été et reste un véritable succès tout comme celle de la réussite de sa programmation dans des expositions qui permettent à Roubaix et à son musée de tenir toute leur place sur la scène artistique et culturelle régionale comme nationale .Bon anniversaire et longue vie à un musée qui participe de façon aussi forte au renom d’une ville qui n’arrête pas de se transformer et de se reconstruire .
Son 15ème anniversaire est à marquer d’une pierre blanche puisqu’il coïncide avec le lancement des travaux de son extension.La nouvelle municipalité en a pris l’initiative ,concrétisant un engagement de l’équipe municipale précédente qui avait de son côté réalisé les études programmatiques et techniques de la future extension et posé les jalons du financement des travaux.Sur un tel projet le temps n’est pas de s’opposer sur la paternité d ce dernier mais bien de se réjouir de la perspective de voir le musée de la Piscine se doter de nouvelles surfaces améliorant les conditions de travail de ses agents et permettant l’amélioration de son patrimoine et de sa programmation ainsi que l’accueil des jeunes publics.
Les querelles sur les engagements du sculpteur Henri Bouchard à propos de l’installation de son atelier parisien dans les locaux agrandis du musée se sont aussi apaisés créant ainsi les conditions d’un large consensus sur une opération aux enjeux majeurs pour Roubaix.
L’ouverture des travaux est aussi l’occasion de réfléchir sur l’évolution de la gouvernance du musée de la Piscine .Son agrandissement induit un coût supplémentaire de l’ordre de 500.000e ce qui est considérable pour les finances de la ville .L’adjoint à la Culture a posé la question d’une gestion partagée avec d’autres financeurs .Cette approche est pertinente et justifiée pour un équipement au rayonnement incontestable .Pour ma part je pense que la création d’un EPIC serait la bonne solution permettant des financements croisés de l’Etat , de la Région , de la Mel , et du Département.Les réticences à une telle hypothèse au motif d’une dilution du pouvoir de la ville dans l’animation et la programmation du musée devraient pouvoir trouver des réponses appropriées satisfaisantes pour Roubaix.
Au delà du statut futur du musée de la Piscine c’est aussi l’occasion pour les collectivités territoriales et leurs partenaires de redéfinir la politique culturelle en direction des musées de la grande Région .

quelle politique sportive pour Roubaix ?

Récemment la VDN décernait avec une certaine emphase ses bons points pour les élus les plus sportifs du Nord , parmi eux le maire de Roubaix . La question n’est pas de faire des procès d’intention à priori mais bien de regarder la cohérence de la politique sportive affichée par la nouvelle municipalité .
Force est de constater que celle-ci reflète assez bien les travers déjà constatés dans d’autres domaines , celui d’une communication surabondante ,adepte des effets d’annonce démentis ensuite par les faits .Trois exemples parmi d’autres qui ont fait la une de la presse : le rugby club de Roubaix , le vélo club et le futsal.L’annonce précipitée de la promotion du RCR comme équipe phare d la Métropole en matière de rugby n’a pas survécue à l’été , le comble était que les dirigeants du club n’étaient pas eux-mêmes demandeurs !reste toutefois qu’ils récupèrent heureusement dans cette affaire d’un entraineur de poids en la personne de Yann Defives.
L’affaire du vélo club est plus génante dans la forme et dans le fond .Apres avoir dit le plus grand mal du vélodrome , n’avoir rien fait ou si peu pour en retenir les animateurs , c’est au tour des dirigeants du vélo-club d’être contestés dans leur mode de gouvernance et de gestion , avec au bout du bout la démission de son président historique .L’équipe professionnelle que l’on contestait devient dès lors un but et une ambition .Comprenne qui pourra hormis le fait que cette conversion subite recouvre peut-être le fait de faire revenir à Roubaix un ancien champion comme Alain Bondue ?
la situation n’est pas plus claire pour le futsal.Roubaix dispose de deux équipes aux destins croisés ; Roubaix Futsal d’un côté et de l’autre Roubaixw AFS .L’idée de les fondre dans un seul club n’est pas nouvelle mais pourquoi vouloir précipiter le mouvement sans examiner aussi une autre alternative qui consisterait à faire du futsal le sport phare de Roubaix en laissant jouer l’émulation de deux clubs fondée sur une équité de traitement qui n’est pas le cas aujourd’hui ?
Tout le monde s’accordera pour dire que Roubaix n’a pas les moyens de promouvoir en même temps plusieurs sports de haut niveau , c’est dire la necéssité de clarifier au plus vite sa poltique sportive de façon à ne pas pénaliser son aide et son appui à l’ensemble des disciplines sportives tout en continuant sa politique d’investissement en matière d’équipement sportifs .
La clarification n’est pas contradictoire avec l’ambition , entre autre de se doter d’un équipement phare dans le quartier de l’Union , le projet d’Arena est à cet égard une bonne chose qui mérite d’être soutenue .
Alors un peu moins de déclarations fracassantes mais du concret mais de grâce en mode d’équipe !

Assimiler ou Intégrer ?

Nicolas Sarkozy vient de relancer sciemment le débat sur l’identité française en prônant l’assimilation comme dénominateur commun de l’identité française en opposition à l’intégration source de toutes les dérives communautaires .
Sans craindre de forcer le trait ,il martèle qu’à ce titre qu’être français est de reconnaître les Gaulois comme ancêtres et pères fondateurs de la nation française .
Historiquement Nicolas Sarkozy a tout faux , la Gaule à la fin de l’empire romain était la juxtaposition d’un ensemble de peuples venus du Nord et de l’Est de l’Europe facteur de brassage et de métissage , on est bien loin alors de la nation gauloise vantée par le candidat aux primaires .
En transgressant la réalité historique , et en se faisant le chantre d’une assimilation où tout le monde se fonderait et se reconnaitrait dans une histoire commune quelque soit son origine , Nicolas Sarkozy rompt délibérément avec la vision intégratrice de la République au cœur des politiques publiques .Il entend surtout chasser sur les terres du Front National en épousant un de ses thèmes prioritaires .
N’en déplaise à Nicolas Sarkozy , la France s’est faite comme nation par brassage et métissage .Mais cette diversité a su s’incarner et se reconnaître au fil des ans dans les valeurs communes de la République , ainsi que dans la laîcité .L’intégration n’est pas de faire disparaître l’histoire ,la culture , la diversité de celles et ceux qui composent la nation française ,des lors que les fondements de la République sont respectes .A ce titre le multiculturalisme n’est pas l’épouvantail et l’antichambre certain au développement du communautarisme dénoncé avec la même véhémence par la droite version Wauquiez et Sarkozy et le Front national.
Il est regrettable que l’outrance et la mauvaise foi prennent le pas sur la raison dans ces quelques mois qui nous séparent des élections présidentielles .Si l’Etat doit rappeler et veiller au respect des règles communes du vivre ensemble ,et assurer la sécurité de tous , il est du devoir des responsables politiques à ne pas dire le tout et son contraire e à souffler sur les braises comme le fait Nicolas Sarkozy .

Que penser de Macron ?

Il n’y en a que pour lui dans les réseaux sociaux ,les médias ,la presse, le moins que l’on puisse dire est qu’il est au coeur de toutes les conversations.Ni de droite ni de gauche à la fin de l’été, aujourd’hui se déclarant comme homme de gauche du réel,se démarquant sans états de Hollande à qui il doit pourtant son ascension politique, il est en passe de se déclarer candidat à l’éléction présidentielle.
Sur fond d’un discours politique de rupture avec le système politique actuel taxé d’être en décalage avec les attentes de nos concitoyens ,incapable de mener au fond les réformes induites par la mondialisation et la révolution du numérique, E Macron entend bouleverser les vieux schémas et mettre du sang neuf dans la République.
Homme trop préssé , comète passagère dans le paysage politique, le personnage soulève beaucoup de questions sur ses intentions , son projet et sa crédibilité. Il y a du Blair et du Renzi dans sa démarche mais aussi de façon plus lointaine il n’est pas sans rappeler Giscard d’Estaing et Jean Jacques Servan Schreiber.Mais à la grande différence de ces derniers il n’a pas de parti sur lequel il peut s’appuyer,mis à par son mouvement encore embryonnaire et il s’est tenu à l’écart du suffrage universel.Il y a une énigme Macron on verra très vite si l’ex ministre ambitieux restera une comète fugace dans notre paysage politique ou au contraire inscrira sa marque durablement dans la recomposition de ce dernier .
On aurait tord toutefois de prendre à la lègère les questions qu’il pose .Si l’on a déjà connu dans le passé des pics en matière de remise en cause du système et des politiques ,cette fois ci s’y ajoutent les bouleversements sociétaux, économiques et culturels qui interrogent sur l’avenir de chacun en même temps qu’ils sont de plus en plus anxiogènes .La crise migratoire et les actes de terrorisme aveugle amplifient encore plus cette conviction que plus personne n’a de prise sur rien?
E Macron quoique du système en identifie bien les carences et l’incapacité à offrir un discours et un projet crédibles ce qui permet au passage au FN de prospérer et d’approcher du pouvoir.Pour les forces de progrès il y a urgence à se ressaisir .A commencer par le parti socialiste .L’heure n’est pas de tenter des primaires dans un contexte incertain ou de jouer à l’équilibriste ,mais bien de se refonder de fond en comble ,faute de quoi il disparaîtra du paysage au bénéfice des extrêmes.Le pire est toujours possible.,