Une défaite prévisible.

Les résultats du 1er tour des élections législatives dans la 8ème circonscription ne sont à dire vrai pas une surprise : on sentait Catherine Osson en perte de vitesse , en difficulté face à son challenger habitué des médias et des plateaux télévisés.

Sauf à assister à une remontada bien improbable, David Guiraud sera élu dimanche prochain actant le retour de la gauche dans l’agglomération roubaisienne. Au delà de cette victoire c’est à plus long terme la perspective ouverte pour un changement des majorités municipales à Roubaix comme à Wattrelos désavouées et sanctionnées sévèrement dans les urnes.

Conseil national de la refondation.

A quelques jours des élections législatives, Emmanuel Macron dans un entretien fleuve à la PQR annonce la création prochaine d’ un conseil national de la refondation comme réponse au changement de méthode évoquée lors de sa réélection. La dénomination de cette nouvelle institution ne doit rien au hasard. Le clin d’œil appuyé au CNR instigateur de réformes sociales majeures à la libération est-il l’annonce par Emmanuel Macron de revisiter du grenier à la cave sa pratique politique, à voir !

C’est que les espoirs mis dans le grand débat en réponse au mouvement des gilets jaunes et ceux impulsés par la convention climat se sont réduits comme peau de chagrin. Alors que dire d’une nouvelle instance alors qu’existe déjà un Conseil économique et social qui a toute légitimité à être un des éléments majeurs du débat démocratique. Quel périmètre et quelle autonomie donner au futur Conseil national de la refondation ? Autant de questions qui laissent planer le doute sur les intentions d’EM, taxe une nouvelle fois d’opportunisme.

Reste à y regarder de près qu’il y a une forte attente dans la société civile au sens large et dans les territoires à des majorités qui transcendent les clivages et les postures de principe et qui renouvellent le débat démocratique. Les partis politiques devraient prêter une attention particulière aux réactions de plusieurs associations nationales qui se montrent intéressées par l’initiative présidentielle. Affaire à suivre.

Stade de France : la honte.

Emmanuel Macron à beau faire dire qu’il renouvelle toute sa confiance à son ministre de l’intérieur, le fait est que ce dernier doit se mordre les doigts de la façon que lui même et la préfecture de police ont complètement patauge lors de la finale de la coupe d’Europe au stade de France. en évitant de justesse un véritable drame.

A deux ans des jeux olympiques on s’attendait à une manifestation, étudiée sous tous ses aspects, à une coordination de tous ses acteurs et à une anticipation prenant en compte les différentes alertes sur l’existence de billets trafiqués. De cela, pas grand chose et une défausse du ministre de l’intérieur sur les supporters anglais, et une défense de ses services poussée à l’aveuglement.

L’image de la France n’en sort pas grandie, la presse britannique est vent debout contre un ministre dont la côte n’est déjà pas fameuse en Grande Bretagne. Les nouveaux écarts d’un ministre qui a bien du mal à savoir se remettre en cause font tâche et pèseront les 12 et 19 juin.

Malaise, Malaise

A peine installé, le nouveau gouvernement se trouve confronté à l’affaire Damien Abad. Pas un journal, pas un média qui ne consacrent article ou interview à ce sujet. La révélation de deux plaintes, l’une classée sans suite, l’autre qui n’a pas débouché à ce jour sur une procédure judiciaire, pose crûment la capacité du nouveau ministre à rester en place.

Comme tout le monde Damien Abad a droit à la présomption d’innocence et ce n’est pas à tout à chacun à se transformer en justicier. Mais quelles que soient les précautions prises par le gouvernement de se réfugier derrière les éventuelles évolutions judiciaires pour se séparer ou non du nouveau ministre, le mal est fait.

Le coup politique de récupèrer l’ex président du groupe parlementaire de LR en ignorant les rumeurs qui couraient avec insistance sur Damien Abad, se transforme aujourd’hui pour la majorité en boulet. En ajoutant que la parole des femmes à décidément bien des difficultés à se faire entendre.

La

L’Ukraine à l’aune des chaînes en continu.

La guerre en Ukraine mobilise les canaux d’information et les opinions publiques. À juste raison, tant l’agression de la Russie, les dénis de Poutine, la brutalité de ses troupes sont insupportables. La résistance des ukrainiens est admirable, fasse qu’au fil des mois à venir le soutien des occidentaux ne s’erode pas et que l’Europe arrête sa valse hésitation sur le fait de savoir s’il faut ou non se priver du gaz russe.

Pour être attentif et à l’écoute des médias sur ce qui se passe en Ukraine, je me dois de dire que je suis choqué des informations relayées quasiment 24 / 24 h par les chaînes en continu. Chacune se croit obligée de faire appel à des experts militaires retirés du service actif ou reporters dits de guerre, et à des reportages mêlant le sensationnel sans respect pour les victimes de scènes de guerre.

La palme d’une information spectacle revient sans contexte cette chaîne en continu donnant la parole jusqu’à satiété à un ancien membre du Kgb dont on peut douter légitimement de son objectivité. Un peu de retenue ne ferait de ma’ à personne!

Mais

Et si cette fois c’était la bonne !

L’annonce de la mise en orbite de la nouvelle union populaire écologique et sociale est un vrai signe d’espoir pour le peuple de gauche mais pas que. Avoir surmonté en quelques semaines ce qui fracturait la gauche est un tour de force à mettre au crédit de Jean luc Melanchon fort de son score et de son avantage à la dernière élection présidentielle.

On verra le 19 juin prochain avec quelle majorité Emmanuel Macron aura à gouverner ou à cohabiter, il y a une forte attente chez les français d’une autre politique répondant à leurs inquiétudes et au ressentiment d’un déclassement concernant des couches entières de la population.

Le moment n’est pas chez le parti socialiste de crier des cris d’orfraie au motif que les valeurs historiques du socialisme auraient été sacrifiées sur l’autel d’une union souhaitée par les militants. Quand on n’a pas été capable de construire et de mettre en dynamique un projet alternatif, la moindre des choses est de faire preuve d’humilité, même si on peut être critique sur la méthode melanchon et rester vigilent sur l’Europe. Pour une fois sachons allier optimisme et réalisme.

Lendemain d’élection.

Bruno le Maire parle ce matin d’un vote d’adhésion en faveur de Macron, laissons le à ses illusions. J’ai beaucoup de mal à croire aux promesses d’ouverture et de changement de méthode formules hier soir. La seule bonne nouvelle est la défaite de MLP et le fait que le front républicain quoiqu’on en dise n’a pas disparu.

Une autre bataille se prépare: celle des élections législatives. J’espère qu’elle permettra de faire émerger une majorité de gauche en mesure de mettre en œuvre la politique de progrès social et de solidarité tant espérée.

Pour la gauche, l’heure n’est plus aux courses d’écurie, aux querelles d’ego, aux auto-proclamations, et encore moins aux oukases vengeurs totalement dépassés en la circonstance. On verra localement si la raison l’emporte et amène à choisir les candidats à même de conduire avec succès les prochains combats politiques.

La rénovation urbaine n’est pas qu’une question de financement.

Si presque tous les candidats ont eu l’occasion de s’exprimer devant la Fondation abbé Pierre pour dérouler leurs propositions en matière de logement, ce dernier aura somme toute été peu évoqué durant la campagne présidentielle, encore plus le thème de la rénovation urbaine.

Interpellé encore dernièrement à ce sujet, le candidat Macron a tenu à rappeler son bilan : celui de l’augmention substantielle du budget de l’Anru passé de 5 milliards à 13 durant son mandat.

Pour réelle qu’elle soit cette augmentation ne s’est pas accompagnée d’une remise en cause de la méthode qui fait que la rénovation urbaine reste d’une complexité inouïe, renvoyant à des délais d’exécution qui désespèrent les habitants concernés, et à vrai problème trop souvent sous-estimé :celui de l’ingénierie indispensable à la conduite et à la mise en œuvre des opérations.

C’était un des grands objectifs du plan Boorlo abandonné en rase campagne par Emmanuel Macron en début de mandat. On en voit la traduction concrète à Roubaix ou tel qu’il est parti le futur PNRU ne pourra au mieux s’achever qu’à l’horizon 2040.

Au moment où l’on remet en cause le corps des préfets, on se prend à regretter l’impulsion que donnait à la politique de la ville, rénovation urbaine comprise, les préfets dédiés spécialement à cette politique. Ce n’est pas faire injure à l’implication et à la compétence de la sous-préfete en charge du territoire de Roubaix dont le positionnement au sein des services de l’état ne lui permet d’être en prise directe sur les politiques publiques. Dommage.

Faut-il encore y croire ?

Il n’y a jamais eu autant de politistes distingués, d’experts de think tank plus ou moins connus, de journalistes politiques, pour faire l’analyse des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle.

Il y a de quoi, jamais le paysage politique n’a été autant fracturé, et l’impensable, c’est à dire de voir l’extrême droite se rapprocher voire de gagner le 24 avril briser le plafond de verre.

En tant que socialiste, je voudrais réagir au naufrage annoncé d’un parti qui avait envoyé un des siens à la présidence de la République en 2012, Tout à été dit ou presque sur ses causes.

Il y a pourtant un. maillage d’élus locaux du parti socialiste qui reste dense reposant sur un électorat se reconnaissant dans les valeurs de solidarité, de progrès social et de plus en plus sensible au défi climatique.

Le vote utile et disons le souffle de melanchon ont balayé comme un fetu de paille cette réalité. Le parti socialiste n’a pas su trouver les mots, ni créer les conditions de l’adhésion, encore moins a formuler un projet d’avenir mobilisateur.

Devant une telle catastrophe certains plaident pour un autodissolution du parti socialiste, d’autres réapparaissent comme si de rien n’était, d’autres encore se réfugient dans leurs beffrois en attendant que l’orage passe tout en flinguant à tout va.

Pour faire sa mue, s’il en est encore temps, ce que j’espère, le parti socialiste aura besoin de réviser du grenier à la cave ses fondamentaux, ce qu’avait su faire en son temps le SPD en Allemagne et s’appuyer résolument sur les nouvelles générations

En attendant, il lui faut aussi faire profil bas, être humble, éviter de donner l’illusion qu’il est encore en mesure d’être le pivot central de tout rassemblement,on verra si à Roubaix comme ailleurs la leçon à été retenue à l’occasion des prochaines élections législatives.

L’impensable.

Coup de pression organisé, dynamiques de fin de campagne qui s’accélèrent, l’hypothèse d’une Marine le Pen coiffant sur le poteau Emmanuel Macron ne fait plus rire personne. L’impensable n’est plus une donnée virtuelle mais un scénario en passe peut être de bouleverser le paysage politique.

On n’a pas fini de payer les conséquences du en même temps de Macron qui en supprimant les repères et en mode giscard d’estaing d’un modernisme libéral, élitiste et arrogant, est devenu insupportable pour la majorité des français.

On n’a pas fini de payer les inconsequences et l’irresponsabilité des gauches dont les mots et les postures sont elles aussi devenues insupportables, à tel point de décourager leurs électeurs à voter, à ne plus vouloir choisir et à laisser faire rien que pour voir.

Et pourtant, les alertes n’ont pas manqué, faut il croire dans un sursaut ? Je le pense malgré tout. Encore faut-il des hommes et des femmes nouveaux pour l’incarner, mais ça c’est une autre histoire et d’autres combats à mener.