7 raisons pour changer d’équipe

René Vandierendonck a coutume de dire que les mandats d’élus sont des CDD que le suffrage universel peut reeconduire ou non .En ce qui concerne la majorité municipale actuelle , il est plus que souhaitable dans l’intérêt même de Roubaix que les électeurs de Roubaix décident d’y mettre fin . Certes tout n’est pas à rejeter dans l’action municipale , la Culture a été sanctuarisée dans ses grandes lignes , le cadre de vie dont la propreté urbaine a fait l’objet d’une attention particulière ( encore que l’on assiste pour cette dernière à un certain relâchement depuis ces derniers mois )  les moyens affectés à la sécurité avec la montée en qualification et en moyens de la police Municipale sont à relever , et l’animation  même si j’en conteste le contenu n’a pas démérité . Mais il y a en dehors de ces quelques points positifs plusieurs raisons qui amènent à souhaiter à sanctionner dans deux ans l’actuelle majorité municipale .

La première est qu’elle n’a pas tenu son engagement d’une gouvernance apaisée , malgré quelques gestes dont la présidence de la commission des finances à un membre de l’opposition , le naturel est revenu au galop : avec une certaine arrogance voire un sectarisme vis à vis d’associations suspectées d’arrière plan politique , comme la LDH , la Solidarité , ou encore l’UPC  , d’autres étant déclarées  » personna non grata  » comme l’ANRJ . Au moins André Diligent puis René Vandierendonck  avaient su en leur temps préserver et s’attirer la collaboration d’hommes et de femmes  qui n’étaient pas de leur bord .Dont acte .

La deuxième raison qui m’amène à souhaiter une rupture est l’absence d’un projet mobilisateur et de perspectives pour Roubaix au bénéfice d’une communication qui privilégie le buzz et l’éphémère . On le voit avec la maison à 1e dont on fait l’alpha et l’oméga de la politique de réhabilitation , l’annonce subite d’un nouveau label concernant les sites sportifs les plus mythiques en France comme à l’Etranger  .de la Communication toujours à propos des visites ininterrompues des ministres du Gouvernement . Mais dans le même temps , la ville de Roubaix en a oublié ou n’a pas pris le temps de répondre à l’appel à projets lancé par le Gouvernement sur les territoires d’innovation . Que l’on sache le Maire de Roubaix est aussi membre des exécutifs de la Mel et de la Région .

la troisième raison est l’abandon de l’éducation comme priorité .Avec un lâche soulagement , en revenant à la semaine des 4 jours , la municipalité a du même coup passé en pertes et profits les activités périscolaires et les clubs qui avaient valeur d’éveil  pour des jeunes scolaires , notamment pour ceux habitant dans les quartiers en politique de la ville . Le courage politique était au contraire de penser d’abord à l’intérêt des enfants et non l’inverse . Que dire aussi du manque d’anticipation en termes de moyens et d’équipements pour les jeunes situés notamment en territoire de la politique de la ville alors même que Roubaix est une des rares villes dans la Région des hauts de France chez qui le décrochage scolaire continue à progresser .

La quatrième raison  est celle liée à la situation de la population active , aux demandeurs d’emploi et aux questions de mobilité . Roubaix s’enorgueillit à juste titre de ses entreprises emblématiques , du succès de ses startups , de leur créativité et de leur capacités d’innovation , des gisements d’emploi dans les nouvelles formes d’économie . Mais le lien et l’articulation avec le monde de l’entreprise , les associations oeuvrant dans le domaine de l’emploi et la mobilité , la Mission locale , la Maison de l’Emploi restent toujours aussi ténus , si ajoute aussi une ingénierie municipale dont la faiblesse ne lui permet pas de jouer son rôle d’animatrice  et d’accompagnement .

La cinquième raison de souhaiter la rupture est la conduite du projet de rénovation urbaine , un projet majeur pour l’avenir de Roubaix .le Premier adjoint en a fait une affaire personnelle , arc bouté sur un projet où il veut être maître du temps donc du calendrier , au prétexte d’une concertation qui n’en est pas une .Or le temps ne travaille pour Roubaix alors que Lille et Tourcoing pour ne citer qu’elles ont déjà fait leur choix .Par ailleurs malgré les engagements du Président de la république à Tourcoing et les propositions à venir de Boorlo missionné pour redéfinir la politique de la ville , les marges de manoeuvre des opérateurs des futurs programmes de rénovation risquent bien d’être réduites . Il y a le PNRU mais aussi le quartier de l’Union qui ne semble plus lui aussi être une priorité pour Roubaix comme pour Tourcoing , autre symbole de l’inertie des deux villes à la Mel .

La 6ème raison de militer pour l’urgence d’une autre gouvernance est la situation de l’ingénierie municipale caractérisée par des départs de techniciens chevronnés et reconnus . Certes il est normal que les alternances s’accompagnent de départs , pour des raisons de choix  personnels ou des évolutions légitimes de carrière .Au demeurant les compétences des nouveaux cadres arrivés en Mairie ne sont pas en cause .Ce qui est en cause par contre c’est l’accélération des départs et un climat interne qui s’est profondément délité .

Roubaix est une ville complexe , faite de contrastes , où la précarité et la grande pauvreté sont des réalités bien visibles , avec aussi une histoire passée et récente à qui on ne prête pas suffisamment d’attention  dans son héritage de frustations voire de violences .Elle a heureusement pour elle une capacité de solidarité exemplaire .Faisons toutefois attention à ce que celle-ci ne s’épuise pas .La majorité municipale de 2014 n’a pas pris la mesure de cette complexité préférant de fait se replier sur sa base électorale et ignorer les 2/3 de la population .Je considère qu’elle s’est disqualifiée et qu’un changement s’impose dans l’intérêt même de la ville et de la place qui doit être la sienne  dans la Métropole . D’autant que des premiers craquements se sont fait entendre et que d’aucuns ne sont pas insensibles aux sirènes d’ En Marche . Enfin le spectacle de certains élus préférant gérer leur délégation comme leur petite entreprise n’est pas fait pour  redorer son blason .

Macron , un discours qui fait du bruit .

Le moins que l’on puisse dire est que le discours de Macron devant l’assemblée des évêques de France au collège des Bernardins a fait du bruit . Mélenchon s’est fendu d’un twitt rageur dénonçant une atteinte intolérable à la laïcité , Valls de son côté a adressé une sorte de rappel à l’ordre   » La laîcité c’est la France , et elle n’a qu’un seul fondement , la loi de 1905, celle de la séparation des Eglises et de L’Etat .La loi de 1905 , toute la loi, rien que la loi . » De leur côté , Alexis Corbière , Olivier Faure , Boris Vallaud , Benoît Hamon , se sont montrés aussi critiques .

C’est surtout les propos du Président de la République   » nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé et qu’il importe , à vous comme à moi , de le réparer  » qui ont suscité l’étonnement , comme d’ailleurs sa présence à une conférence des évêques de France . J’ai pour ma part écouté d’un bout à l’autre son intervention , manifestement ses auditeurs ne goûtaient pas leur plaisir à entendre un Président de la République aller si loin en direction de l’Eglise de France .

Mais il faut aller plus loin . Dans la signification de la présence de Macron à l’invitation de la Conférence des évêques , elle ne doit rien au hasard , elle tient tout à la fois à la volonté de se démarquer de ses prédécesseurs ,  et de s’attirer  le soutien de l’électorat catholique , dont il sait pourtant que le sépare les choix qu’il s’apprête à prendre en matière de bioéthique . Et puis il y a certainement chez lui cette jubilation à montrer sa supériorité intellectuelle . Macron a fait du Macron , plus jupitérien que jamais , mais on attend toujours ce qu’il saura ou pourra dire sur la laîcité .

Un nouveau label pour Roubaix ?

Décidément , Guillaume Delbar est sur un petit nuage !  Paris – Roubaix  lui donne l’occasion de lancer un nouveau label : Iconic Sports  Sites  , destiné à promotionner au national comme à l’international une centaine de lieux réputés pour leurs événements sportifs , à commencer Roubaix pour la course mythique du Paris- Roubaix , les Sables d’Olonne pour  le Vendée Globe , Le Mans pour ses 24h  automobile . En soi l’idée est séduisante ,  mais elle pose tout de même un certain nombre de questions .

La première est celle des moyens  à déployer pour permettre de structurer et de développer un concept aux aspects multiples . la deuxième est celle de l’implication des communautés sportives  , du privé , comme des collectivités territoriales de plus en plus impliquées dans des événements sportifs de portée nationale ou internationale . La troisième  sont les conséquences pour Roubaix de l’annonce  surprise de Guillaume Delbar .

C’est certainement le fait d’avoir à accueillir et donc à supportet la charge financière  de façon  plus régulière d’une étape du Tour de France , c’est aussi de donner une traduction concrète au projet d’aménagement du parc des sports . Faire de Roubaix la capitale des sports cyclistes , c’est enfin , outre le Paris -Roubaix , profiter du Stab pour y organiser une compétition de type des Six Jours , une épreuve qui n’est plus organisée en france depuis 2014.

Les conséquences d’une annonce un peu à la sauvette ne sont pas neutres . La prudence s’impose en la matière , tant cette municipalité a fait de la com ‘ à tout va son mode de gouvernance .

 

logement , et c’est parti pour un nouveau plan !

Le gouvernement vient d’annoncer la discussion prochaine d’une nouvelle loi sur le

logement , une de plus dirons les plus sceptiques , après la SRU , La loi MOLLE dite loi Boutin , la loi ENL , et la loi ALUR avec Cécile Duflot , chacune ayant eu comme objectif de réformer en  profondeur la politique du logement.

Si leurs intentions  étaient bonnes et ont fait bouger les lignes , ces lois n’ont pas pour autant réglé le problème du mal logement en France  .C’est ce que rappelle chaque année dans son rapport la Fondation Abbé Pierre : 4 millions de personnes mal -logées  , 12 millions fragilisées , sont les marqueurs d’une crise de logement qui n’en finit pas .

Le gouvernement revient cette fois à la charge avec un projet de loi dit ELAN  ( évolution du logement , de l’aménagement , et du numérique ) qui concerne à la fois l’urbanisme , les normes de construction , la lutte contre les marchands de sommeil , la gestion des copropriétés , les règles d’accessibilité , la réforme des organismes d’HLM et les rapports locatifs , autour d’un objectif clairement affiché de  » construire plus , mieux et moins cher  »

Chiche , mais encore faudrait-il que le constat dressé par le Président de la République en octobre 2017  « le logement c’est presque 40 milliards de dépense publique et 4 millions de Français mal logés , une politique qui ne fonctionne pas »  ne s’accompagne pas d’une baisse de l’effort public pour le logement comme on l’a vu dans la loi de finances de 2018 . On sait aussi par expérience qu’à vouloir tout traiter à la fois , le risque comme le soulignait l’éditorial d’un grand quotidien est , au lieu de faire un bond , de faire un saut de puce .

 

 

Le quartier du Pile , l’espoir d’un renouveau .

Le temps d’un projet urbain n’est décidément pas celui des habitants ! l’exemple du PMRQAD est là pour le démontrer , presque 6 ans se sont écoulés entre la signature de la convention et le démarrage effectif des premières interventions sur le bâti du quartier . Cette attente et ses frustrations , la vision d’immeubles vacants en attente de réhabilitation ou de démolition , les difficultés pour ne pas dire l’opposition des élus de la majorité municipale à co-construire un aménagement du quartier en concertation avec ses habitants , ont quelque peu fait oublier l’ambition du projet .

Désenclaver le quartier , aérer un tissu urbain particulièrement dense dans sa partie centrale , requalifier l’espace public , réhabiliter et reconstruire sur  le site associé qu’est celui de l’ancienne fonderie Honoré , le doter d’un nouvel équipement neuf avec la relocalisation de la crèche Marie Buisine à côté du centre social , ne sont pas des choix insignifiants , il n’est pas , je pense inutile  de les rappeler .

Le  faisant , je continue à dire qu’il faut profiter du PMRQAD pour en dépasser les limites strictes , de l’autre côté du boulevard Beaurepaire en direction du canal , et en s’attaquant aussi au traitement des îlots urbains en dehors de son périmètre , c’est à dire aux extrémités de la rue du Pile et du boulevard de Mulhouse . Ne pas le faire  c’est  priver le Pile d’avoir un regard sur le canal , et à admettre peut être de façon définitive à ce qu’il tourne le dos au quartier des 3 Ponts .

Dans un temps  lointain , celui des premières années de la politique de la ville , un document intitulé  » le Pile Vert  » avait été produit par un des techniciens de l’équipe opérationnelle déjà en place sur le quartier , document prémonitoire de la vision d’un quartier au coeur de l’identité roubaisienne , finalement pas si différent du « Pile Fertile » produit par Pierre Bernard l’architecte en charge du PMRQAD . Je recommande leur lecture ou leur relecture .

La maison à 1€ :oui mais !

Presque 3 ans après son annonce fracassante , l’opération maison à 1€ démarre .La méthode , les cibles ( 17 maisons dont une dizaine dans le quartier du Pile )  l’estimation maison par maison du bouquet de travaux à réaliser , les critères de sélection des futurs accédants à la propriété , encadrent désormais une opération dont la ville attend beaucoup.

je fais partie de ceux qui dès le départ ont reconnu l’intérêt de l’expérimentation  , mais je trouve qu’à trop en faire et à communiquer à tout va , on oublie que la réhabilitation est une démarche complexe .

La ville a opté pour un dispositif faisant appel à candidatures ,sur la base d’une estimation de travaux à réaliser , l’appui de la Fabrique des Quartiers ,l’opérateur du PMRQAD , et en misant sur le fait de l’attractivité d’opérations dont on attend qu’elles soient en deçà du prix du marché . Fort bien , mais on ne peut pas faire l’impasse sur plusieurs questions .

La première est que les futurs propriétaires ne vont pas pouvoir bénéficier de l’APL accession puisque celle-ci a été supprimée dans la loi de finances 2018 , c’est une recette qui peut fragiliser le montage des opérations . La deuxième est le respect des engagements pris par chaque acquéreur de mettre en oeuvre le cahier des charges  prévisionnel des travaux. L’accompagnement de la Maison de l’Habitat et de la Fabrique des Quartiers ne règle pas le problème .Il aurait été préférable de confier à la Fabrique des Quartiers une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage garantissant la bonne fin de chaque opération et un accompagnement en continu des candidats retenus . La troisième est la cible de l’opération elle même , elle aurait dû être plus ramassée en évitant une trop grande dispersion.

Je trouve enfin ,qu’à trop communiquer sur un dispositif qui n’a pas encore fait ses preuves , c’est de ne pas mettre assez en lumière les autres dispositifs de réhabilitation existants sur Roubaix , comme ceux qu’il faudrait appuyer plus fortement voire relancer par ex en matière de lutte contre la précarité énergétique .

 

 

 

PNRU : les contradictions de Max André Pick

On comprend mieux les retards de la ville de Roubaix à produire  son dossier de rénovation urbaine : mieux vaut reporter à demain des opérations  qui pourraient fragiliser la majorité municipale sortante lors des prochaines élections municipales de 2020. Le 1er adjoint s’est de plus enferré dans une situation impossible , il admet que le projet de rénovation comportera des démolitions mais il récuse à l’avance ,s’abritant derrière la réglementation de l’ANRU , que les relogements des familles concernées se fassent sur  le territoire de Roubaix .

Qu’il faille faire jouer la solidarité métropolitaine dans la mise en oeuvre du PNRU est une nécéssité  , mais celle-ci  est indissociable des engagements auxquels doivent souscrire aussi de leur côté les collectivités comme leurs partenaires que sont les bailleurs en matière de relogement . Tourner autour du pot est  de se contenter de demi- mesures notamment en matière de démolitions , ceci vise autant l’Epeule que l’Alma Gare et le Cul de  Four .Les  quelques  600 logements envisagés en démolition sont une réponse bien en deça de ce qu’il faudrait faire pour donner du sens et de la cohérence au futur projet de rénovation urbaine de Roubaix .

L’autre impasse que fait MAP est celle concernant les équipements , les écoles en particulier . L’Anru avait été l’occasion d’un effort sans précédent avec la construction ou la réhabilitation de 5 groupes scolaires .Les premières esquisses du Pnru  pour les quartiers nord n’aborde pas la question de la réhabilitation de Blaise Pascal ; en core moins l’hypothèse de la nconstruction d’un nouveau groupe scolaire pour les quartiers du Cul de Four et de l’Hommelet  .le même constat vaut pour l’Epeule où le situation du groupe scolaire de Lakanal n’est même pas évoquée .

Tel qu’il est le projet de NPRU ne répond absolument pas aux défis et aux attentes des habitants des quartiers de l’Epeule  , de l’Alma et du Cul de Four . Beucoup de discours , de réunions inutiles  , de promesses en décalage avec la réalité , dommage .