le logement social en question.

Il y a de quoi s’inquiéter sur les intentions du nouveau gouvernement en matière de logement social , en plus du rabotage annoncé de l’APL , des crédits en diminution de la politique de la ville , on évoque maintenant l’engagement d’une réflexion sur la révision de la disposition phare de la loi SRU faisant obligation aux communes d’atteindre un seuil minimal de 20% de logements sociaux .

On serait tenté de recommander au Ministre des territoires en charge du logement de lire et de relire les rapports de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du mal logement en France , celà devrait lui faire comprendre que ce n’est vraiment pas le moment à remettre en cause le logement social alors que tant de français peinent à  accéder à un logement décent ou à s’y maintenir , sans même parler du mirage que constitue pour beaucoup l’accession à la propriété .

le logement est devenu aujourd’hui le reflet de nouvelles inagalités ,en milieu urbain comme en milieu rural , en corriger les effets ne peut s’accommoder de mesures de circonstance , il faut au contraire en faire un chantier et une priorité nationale , comme d’ailleurs la politique de la ville .C’est exactement l’inverse de la voie dans laquelle semble s’engager le gouvernement et le Président de la République .

 

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la politique de la ville en danger

Dans la torpeur de l été peu de personnes ont prêté attention à une mesure concernant la politique de la ville : l’annulation d’une ligne de crédits de 47 mls d’e , les médias préférant se mobiliser sur les  800 mls d’e retirés au Ministère de la Défense .L’association des Maires  des villes et banlieues a réagi fortement à ce qu’elle considère légitimement  comme une remise en cause d’une politique de cohésion sociale ,contraire aux engagements pris durant la campagne présidéntielle par E .Macron en matière de sécurité , d’éducation , d’emploi , pour les territoires en politique de la ville .

comme le souligne l’association dans son communiqué   » cette décision brutale est grave pour les quartiers populaires .Elle l’est d’autant plus que beaucoup sont classés en zones de sécurité prioritaire , et sont aussi des sites en réseaux d’éducation prioritaire renforcé   et l’association de poursuivre que les intercommunalités porteuses des nouveaux programmes nationaux de rénovation n’ont toujours pas à ce jour de certitude sur les financements d’Etat annoncés à hauteur de 10 milliards d’euros  »

La politique du rabotage , touchant indistinctement l’ensemble des Ministères n’est pas la bonne solution , ni la bonne méthode  , alors que l’on nous avait promis des réformes structurelles de fond .Une autre illustration en est la mesure concernant lesaides personnalisées au logement .Personne ne conteste la nécéssité d’en réviser les critères , des ajustements avaient d’ailleurs commencé à se faire sous la Présidence de F. Hollande la sagesse et le pragmatisme auraient du amener nos nouveaux responsables à en élargir le cadre et le contenu .Au lieu de celà , la mesure généralisée d’écrêtage retenue apparait injuste et incompréhensible pour celles et ceux pour qui l’APL est indispensable , et qui voient dans le même temps l’annonce de l’allègement de l’ISF.

Il y a de quoi s’inquiéter pour nos territoires et ses habitants confrontés aux difficultés que l’on sait en matière de logement , d’emploi , d’accès aux soins , au delà de l’avenir des contrats de ville , des moyens accordés aux habitants , et des incertitudes sur les nouveaux programmes de rénovation urbaine.Les 13 milliards d’éffort demandés aux collectivités locales vont certainement encore plus tendre la situation . La logique de Bercy n’a jamais été aussi implacable .

A vouloir réformer à marche forcée , sans prendre véritablement le temps d’écouter les territoires ( l’exemple de la récente conférence des territoires n’est pas fait pour nous rassurer ) on risque finalement de marginaliser et de précariser encore plus bon nombre de nos compatriotes .

Le plus navrant dans ce contexte est l’attitude de nos nouveaux élus : maires , parlementaires,et autres qui s’empressent de revenir sur la réforme des rythmes scolaires , activités periscolaires comprises , valident sans sourciller la réduction de l’APL, ou les atteintes à la politique de la ville , au risque de perdre le sens de l’interêt général .

 

 

 

 

les leçons d’un échec .

Une véritable déroute que ces élections législatives pour le parti Socialiste , chronique d’une défaite annoncée ? refus de ses dirigeants et de ses militants de prendre la mesure de l’énorme besoin de changement et de renouvellement attendu et exprimé par les électeurs ? une page qui se  tourne pour un parti incapable d’être de son temps, plus soucieux de la carrière de ses élus que de respecter les engagements souscrits en 2014 . On en viendrait presque à approuver les imprécations de Gérard Filloche .

A Roubaix , la défaite est amère et douloureuse pour les militants qui avaient crânement à quelques semaines du scrutin décidé d’affirmer leurs valeurs et leurs propositions dans un terrain complétement miné ,  sans compter les relents qui avaient empoisonné la campagne des municipales de 2014.Elle est insupportable pour Medhi Masrour qui a voulu contre vents et marées redonner du souffle et un avenir aux socialistes roubaisiens .Honte à celles et à ceux qui en ont fait une caricature qui n(‘est pas exempte d’un racisme qui ne veut pas dire son nom.

Un récent point de vue de Bruno Renoul dans Nord Eclair nous expliquait que les résultats de ces législatives et leurs résultats signifiaient de facto la mort de l’hypothèse de primaires que j’avais exprimée il y a plusieurs mois .Il a certainement raison .Il est de fait que le nouveau paysage politique national et local pose plusieurs configurations possibles  pour les futures élections municipales .Il y a fort à parier que l’étendard En marche peut inciter le maire sortant à en fédérer toutes les composantes , y compris celles qui se sont mis en marge .Il pourrait aussi être tenté de refaire le coup de René Vandierendonck en 1995 en s’ouvrant à Nous C’est Roubaix dont une parti des adhérents ne seraient pas insensensibles à ce ralliement .

Je reste aussi convaincu que le rassemblement des gauches , des progressistes , sur la base d’un projet alternatif pour Roubaix est une autre option qui peut mettre ou remettre en mouvement, à condition de construire un projet en mettant de côté les égos et en prenant garde de ne pas humilier les battus d’aujourd’hui.La rancœur est toujours mauvaise conseillère.

Trois longues années , peut-être quatre , nous séparent des prochaines élections municipales , il peut effectivement se passer beaucoup de choses dans cet intervalle .Si le parti socialiste version Epinay a vécu , ses idées , ses valeurs , ses combats restent d’actualité à la différence près qu’il ne pourra qu’être durablement qu’une des composantes de cette reconfiguration du paysage politique au plan local comme au plan national .

L’heure des choix approche à Roubaix pour les socialistes : alliance avec les autres partis de gauche , mais en position minoritaire , candidature de témoignage en attendant mieux , il faudra trancher ou disparaitre.

Pnru : Roubaix au pied du mur

La municipalité de Roubaix commence à en dire un peu plus sur ses intentions sur le futur PNRU .Il était temps , alors que s’engagent les études stratégiques pour en définir le périmètre , le contenu , les modalités opérationnelles , et ce qui n’est pas anecdotique : le prévisionnel financier.
Il y a de quoi se faire du souci à la lecture des déclarations tant de Guillaume Delbar que celles de Max André Pick .L’un comme l’autre confirment leur choix de profiter du PNRU pour dédensifier la ville et la débarasser d’un trop plein délogements sociaux en s’abritant derrière la réglementation de l’Agence nationale de Rénovation urbaine exonérant les villes en politique de la ville de reconstruire les logements sociaux démolis des lors que leurs quotas étaient atteints .
Véritable obsession chez MAP , vision étriquée d’une ambition urbaine chez Guillaume Delbar reposant sur une méconnaissance de la politique de la ville ,ramener le PNRU au seul objectif de la dédensification est une ineptie totale ,jouer ainsi  » petits bras  » sur un enjeu aussi majeur pour Roubaix qu’est la Rénovation Urbaine n’est pas fait pour rassurer , même si l’on sait que désormais une partie des réponses et des solutions se fera au niveau de la Métropole .
A situation exceptionnelle moyens exceptionnels , traiter et par voie de conséquence réamenager l’arc nord -ouest de Roubaix (peu ou prou 1/4 de la ville ) demande d’autres réponses que celles imaginées par la majorité municipale , et le fait de laisser croire que les villes voisines seraient enclins à témoigner d’une solidarité qu’elles se sont bien gardées de faire jusqu’ici.La prise de compétence de la politique de la ville par la MEL et les nouvelle orientations du PLH changent certes la donne , mis il faut être lucide et ne pas se bercer d’illusions .
L’ampleur des problèmes à traiter , tant en matière d’habitat , d’équipements de toute nature , d’emploi , de développement durable , dans un pan entier de la ville faisant la jonction entre l’Epeule , le Campus gare , Blanchemaille ,
l’Union et son prolongement en direction de Wattrelos ,justifie l’égilibité de Roubaix au titre d ‘opération d’interêt national .Cette disposition est la seule capable d’amener cohérence , engagements financiers dans la durée ,et gouvernance à même d’animer et de créer les transversalités nécessaires.A une condition toutefois que l’Etat n’impose pas la mise en place d’un « machin  » pour piloter l’opération.Il y a suffisamment d’outils existants , l’echec de la création il y a plus de 30 ANS de l’EPRART devrait inciter à la prudence.

Sur des sujets aussi importants , je regrette pour ma part que nos élus se montrent incapables d’organiser le moindre débat ou consultation .Ainsi va une municipalité qui a pris le parti de communiquer plutôt que d’écouter ses forces vives .

Roubaix Bashing

Il ne se passe pas de mois sans que l’actualité roubaisienne ne soit troublée par des articles de presse de journaux , de quotidiens et d’hebdomadaires nationaux ou étrangers qui portent sur Roubaix des jugements à l’emporte pièce .Soyons objectif , il y a des exceptions comme celle très récente du Monde sur l’expérimentation du Zéro Déchet , mais il y a du moins bon comme le reportage du magazine Inrocks qui en la matière est un cas d’école .Le fait d’une journaliste laissée à elle même , sans avoir pu rencontrer les élus de la majorité municipale y est pour beaucoup , mais ce loupé pose la question de la gestion par la municipalité de ses rapports avec la presse en même temps que celle de la méthode et du contenu de sa communication.
Roubaix est ce qu’elle est , une ville de contrastes où la précarité est plus forte qu’ailleurs héritage de son passé industriel , mais en même temps une ville d’innovation , de réussites exceptionnelles dans la nouvelle économe enviées dans le monde entier , de solidarités se traduisant par un faire ensemble enrichi par une interculturalité qui fait partie de ses gênes .
En restituer toutes les facettes pour un observateur n’est pas facile , je plaide donc à ce sujet pour un peu d’indulgence y compris quand les analyses traitent de sujets qui dérangent ou interpellent .Mais à chacun son rôle et sa responsabilité .
Celles de la ommunication de la ville est de la faire connaître , de la faire comprendre et de la faire aimer .Elle peut et doit mettre en évidence les acquis de la ville ,sa renaissance culturelle , ses réussites économiques ,les valeurs de solidarité entre ses habitants , les facettes de son interculturalité .Ces éléments représentent la clé de voûte du renouveau roubaisien , car ils caractérisent Roubaix dans sa singuralité .Ils doivent être les priorités de sa communication Sans gommer la pauvreté , l’importance de ce qu’il reste à faire en matière de requalification de son habitat , et d’éducation , je crois qu’il est possible aujourd’hui de plaider pour un Roubaix ville de marque .
On atteindra d’autant mieux à cet objectif à plusieurs conditions , comme celle de développer la visibilité d la ville à l’échelle nationale , celle d’avoir une stratégie presse plus proactive et réactive et celle encore de valoriser les différents évenements culturels et autres qui ponctuent la vie roubaisienne , mais aussi métropolitaine et nationale .
Alors le Roubaix Bashing ne va pas disparaître comme par miracle , mais on le fera reculer en articulant mieux dans l’avenir une communication participative et de proximité ,et une communication visant à retourner l’image de la ville ciblant en premier les non résidents .

Pas logés à la même enseigne ?

la Presse s’est fait récemment l’écho des retards constatés dans les agglomérations de Roubaix -Tourcoing en matière d’équipements hôteliers .Comparé à Lille ce déficit est bien réel , il s’est même aggravé depuis ces dernières années ,et ne doit rien au hasard .Si l’on circonscrit l’analyse au seul cas de Roubaix le retard est effectivement criant malgré les efforts consentis depuis ces dernières décennies .
Qu’il s’agisse de Formule 1, d’Ibis , du Campanile , de la Réhabilitation totale du Grand Hôtel , et tout récemment de l’ouverture de B&B à deux pas de la Gare , ces implantations ont été âprement discutées ,elles ont été tout sauf un long fleuve tranquille .
C’est que les investisseurs doutent et continuent à douter de la rentabilité de projets d’hôtels sur Roubaix .Sans toujours vouloir l’avouer , ils mettent en avant l’image de la ville , son manque d’animation nocturne , et de façon générale son déficit d’attractivité .Ce ne sont pas les clichés sur Roubaix , une des villes les plus pauvres de France , qui arrangent les choses .Les approches conduites au moment de la construction du nouveau Vélodrome pour y adosser un projet d’hôtel ont buté sur ces considérations .
La densité des projets hôteliers à Euralille et la Gare St Sauveur , et disons le crûment l’activisme Lillois ne sont pas fait pour nous rassurer Même si je ne le souhaite pas , ils peuvent contrarier , voire empêcher l’aboutissement du projet d’hôtel au Parc des Sports qu’a décidé de relancer la Municipalité .
La Métropole ne peut pas se construire sans un aménagement équilibré de son territoire , le projet d’hôtel au nouveau Vélodrome à Roubaix peut lui donner l’occasion d’en donner une traduction concrète .

Les grands projets en friche .

Les visites ministérielles se suivent , la plus récente celle du Ministre de la ville venu assister à la démolition de deux tours dans le quartier des 3 Ponts , quelques jours avant celle de Damien Castelain et de Barbara Pompili , secrétaire d’Etat à l’environnement , mais dans quel but et avec quel résultat ? hormis peut-être le fait de faire quelques clichés et de faire assaut d’autosatisfaction y compris sur des opérations auxquelles on avait été complétement étranger , il y a sur ce point une certaine indécense qui ne trompera personne .
Mais sur le fond où en sont les grands projets de l’Union et la suite de l’Anru 1 ?Le moins que l’on puisse dire est que sur l’un comme sur l’autre nous prenons du retard et que nous manquons d’ambition .
L’Union ; nous allions voir ce que nous allions voir dixit Gérald Darmanin et Guillaume Delbar lors des deux seules réunions en trois ans des conseils municipaux de Roubaix et de Tourcoing, en l’absence faut-il le rappeler de celui de Wattrelos , en traitant d’archaïques leurs prédécesseurs .Fort bien , mais mais où sont les logements , la cité judiciaire , le projet d’Aréna , les dispositifs techniques et politiques d’animation et de suivi de ce nouveau quartier ? on peine à deviner la volonté d’en faire un des projets phare des tois villes , pendant que dans ce temps Euralille poursuit son développement et que le site de St Sauveur prépare le sien !
Le mêmes interrogations valent pour la suite de l’Anru 1 . J’avais dit il y a quelque temps que nos élus jouaient petits bras sur ce dossier , je persiste et je signe . Certes il est légitime de revisiter les diagnostics sur les quartiers retenus comme futurs sites opérationnels , de finaliser les études stratégiques permettant de préciser les priorités et les programmes d’action , mais il faut avoir le courage de dire que nous aurons besoin de démolir au cœur de l’Alma et dans l’Epeule , et que nous devrons investir dans la requalification comme dans la construction de nouveaux équipements scolaires .Autant de sujets qu’évitent soigneusement d’aborder nos élus .