les historiens en retrait?

Le coronavirus a d’une certaine façon libéré la parole ( peut-être pour mieux cacher notre inquiétude collective sur une pandémie et ses conséquences impactant plusieurs milliards d’individus ) Experts de la recherche médicale , politiques de tout poil , grands témoins , politologues , tous sont mis à contribution pour donner leurs analyses d’une crise sans précédent .

Curieusement , un certain nombre de voix sont oubliées dans ce maelström d’information en continu à donner le vertige , celle des historiens en particulier . Il est vrai que le temps long si cher aux historiens se heurte à l’immédiateté qui caractérise si bien notre société d’aujourd’hui avec sa capacité phénoménale d’oubli et de difficulté à pouvoir et savoir contextualiser .

Ce rappel du temps long , de ses rythmes , de ses drames contemporains ou plus anciens  permettrait peut-être d’avoir à nous convaincre que les politiques publiques mises en place pour en corriger et réparer les effets n’ont pas à être des variables d’ajustement budgétaire  et qu’elles ont besoin elles aussi de temps long pour mieux anticiper et démontrer leur efficacité . Pour l’avoir oublié on en paye le prix aujourd’hui , au prix fort .

Le roubaix d’après

Alors même que les modalités de sortie du Coronavirus ainsi que son calendrier ne sont pas encore connus , et que nous n’avons peut-être pas pris la mesure des bouleversements d’une crise qui s’apparente à un véritable tsunami aux conséquences d’une ampleur insoupçonnée , imaginer que la vie va reprendre son cours comme si de rien n’était une fois le déconfinement intervenu , serait pure inconscience .

Les futurs élus qui auront à gérer la ville pour les 6 prochaines années vont prendre de plein fouet les conséquences d’une reprise de l’ensemble des activités à des rythmes , des formes et des niveaux qui vont en déstabiliser plus d’une , voire compromettre leur survie .Ils seront aussi directement interpellés sur ce qui ressort de la crise : la santé , l’emploi , l’éducation , le lien social , la proximité , le lien social , la lutte contre inégalités et les réponses à y apporter à court et moyen terme .

Derrière ces questions c’est l’attente d’une autre façon d’organiser et de gérer la ville  , et un plan d’urgence sociale et économique  inscrit au coeur des priorités de la future gouvernance métropolitaine .

 

 

 

 

 

 

Roubaix confinée.

Etrange  cette promenade de santé un lundi de Pâques après midi , mais un lundi pas comme les autres : un lundi de confinement . Quelques promeneurs , et un choc celui de voir le parc Barbieux désert . Le confinement a en quelques jours fait de Roubaix une ville à l’arrêt hormis les moyens de transports en commun , les services de base comme ceux liés à la collecte des ordures ménagères , la distribution du courrier , l’accès aux soins , la sécurité publique et tout ce qui trait à l’alimentation et aux commerces de première nécessite .Comme si la majorité des actifs de Roubaix s’était évaporée .

Roubaix , une ville où le confinement est plutôt bien respecté sans pour autant avoir comme par enchantement fait disparaître les trafics de l’économie souterraine .Mais un confinement qui pose des questions redoutables : celles des moyens de survie des personnes les plus précaires en perte de liens avec leurs réseaux habituels de solidarité , celle des personnes âgées isolées vivant à  domicile , celles des collégiens en dehors des du radar depuis le début des cours à distance et de l’école à la maison , celles des personnels soignant etc

La presse , et c’est son rôle relaye les initiatives personnelles ou collectives prises à ce sujet dans l’agglomération roubaisienne , elles sont nombreuses , fortes de sens et la démonstration au quotidien de ce qu’est la solidarité dans notre secteur . La municipalité a pris aussi des initiatives qu’il faut souligner en direction du personnel soignant .En remisant de côté la critique , on aimerait de l’équipe municipale sortante  un plan de bataille partage si possible répondant à ces attentes .

élections municipales

La décision du tribunal administratif de rejeter le recours introduit par 3 listes candidates à l’élection municipale de Roubaix remet l’actualité sur le scrutin du 12 mars et ses enseignements .A dire vrai l’attention et les préoccupations de nos concitoyens sont d’autre nature et beaucoup  plus basiques et existentielles .D’ailleurs à ce jour on ne sait toujours pas le calendrier et les modalités de vote pour élire les conseils municipaux des communes ayant besoin d’un 2ème tour , situation sans précédent liée à la crise du coronavirus .

Pour autant , je considère que le 1er tour de ces élections municipales pour les listes classées divers gauche et gauche ont dégagé un ordre d’arrivée qui donne à la liste Roubaix en commun une légitimité et une responsabilité particulière à rassembler , sauf à vouloir jouer le coup, d’après et à se camper dans des postures sectaires d’un autre temps .En relisant les programmes , les points de convergences l’emportent sur les désaccords comme le rejet de ces listes aux politiques publiques mises en oeuvre depuis l’élection d’Emmanuel Macron , Alors cette période de confinement peutêtre l’occasion d’un sursaut de lucidité pour l’intérêt même de Roubaix .

information en continu .

Sans en être addict , je reconnais ne pas passer une journée sans zapper plusieurs fois sur les chaines d’information en continu en ratant rarement en soirée les face à face de LCI à 23h15 . Leur information instantanée me parait utile même si la forme en est trop souvent aguichante et sans beaucoup de nuances . Le Coronavirus n’y échappe pas , on voudrait connaitre les dates du pic et de sortie la pandémie , savoir pourquoi le traitement du virus par la chloroquine préconisé par le Professeur Raoult n’est -il pas généralisé , chaque chaine rivalise de reportages en s’entourant de sommités médicales dont on avait oublié dans les sphères publiques leur expertise et leurs alarmes .

Mais il nous faut aussi pouvoir disposer d’une autre information , en premier lieu de la presse écrite . La crise que nous vivons permet d’en mesurer la place et l’importance dans notre quotidien .Les efforts de la PQR d’apporter tous les jours à ses lecteurs une information aussi compète que possible sur les retombées locales de cette crise , les initiatives qu’elle suscite comme les inquiétudes et les difficultés qu’elle entraîne pour les habitants de nos territoires est exemplaire .

Au jour le jour.

Le moins que l’on puisse dire est que le confinement est en train de changer notre vie quotidienne , nos repères et nos certitudes , sans compter une inquiétude  diffuse sur le lendemain , notre santé et celle de tous nos proches . Je mesure bien le statut de privilégié qui est le mien avec le fait de disposer d’un espace de vie conséquent en maison individuelle , et de pouvoir communiquer avec les miens et les amis sans difficultés particulières .

Au delà de cette situation inimaginable il y a quelques jours , le combat des soignants , de celles et ceux qui assurent notre quotidien est exemplaire et impressionnant , au prix même pour certains de leur vie  , la politique publique de la santé a été trop souvent une variable d’ajustement budgétaire , il en faudra refonder les bases comme s’y est engagé le Président de la République .

A situation de crise gravissime organisation exceptionnelle . La mise en ordre de bataille a été beaucoup trop lente , les décisions trop souvent incohérentes , les propos de plusieurs Ministres contradictoires ou imprécis . Ce n’est pas du en même temps dont on a besoin mais d’une poigne à la Clémenceau .

Au jour le jour.

Le moins que l’on puisse dire est que le confinement est en train de changer notre vie quotidienne , nos repères et nos certitudes , sans compter une inquiétude  diffuse sur le lendemain , notre santé et celle de tous nos proches . Je mesure bien le statut de privilégié qui est le mien avec le fait de disposer d’un espace de vie conséquent en maison individuelle , et de pouvoir communiquer avec les miens et les amis sans difficultés particulières .

Au delà de cette situation inimaginable il y a quelques jours , le combat des soignants , de celles et ceux qui assurent notre quotidien est exemplaire et impressionnant , au prix même pour certains de leur vie  , la politique publique de la santé a été trop souvent une variable d’ajustement budgétaire , il en faudra refonder les bases comme s’y est engagé le Président de la République .

A situation de crise gravissime organisation exceptionnelle . La mise en ordre de bataille a été beaucoup trop lente , les décisions trop souvent incohérentes , les propos de plusieurs Ministres contradictoires ou imprécis . Ce n’est pas du en même temps dont on a besoin mais d’une poigne à la Clémenceau .

habitat insalubre ; des actes plutôt que des paroles

laissons de côté le contexte politique de la visite récente à Roubaix du Ministre dela ville et du logement , celui de confirmer une nouvelle le soutien de LREM au maire sortant après celui du Premier Ministre , pour revenir sur ce qui était le prétexte de sa venue ; la lutte contre l’habitat insalubre . De Marseille à Roubaix en passant par les chaines d’information en continu , Julien Denormandie parade , tient des discours de plus en plus guerriers contre les marchands de sommeils et recommande à leur endroit des mesures exemplaires .Fort bien notre Ministre au lieu de pérorer à tout va ferait mieux de s’interroger sur les raisons qui contrarient la lutte contre l’habitat insalubre alors même que la boîte à outils destinée à éradiquer une situation inacceptable n’a cessé de s’étoffer ces dernières années .L’absence d’articulation effective entre Justice et services fiscaux en est une des illustrations les plus marquantes , comme le fait de l’absence de magistrats dédiés à plein temps sur la lutte contre l’habitat insalubre . S’y ajoute la réduction dans les services de l’Etat pour ne citer qu’eux des postes de terrain que dénonçait la Fondation Abbé Pierre dans un de ses derniers rapports . alors Monsieur le Ministre moins de discours grandiloquents mais des actes concrets et des résultats .

Les leçons d’une primaire .

Les 536 inscrits à la primaire organisée par l’association Roubaix 2020 n’ ont pas à regretter ce test grandeur nature de démocratie citoyenne ,  outre le fait que c’est la première fois qu’un tel exercice a lieu à Roubaix et que son bon  déroulement ait été salué par tous  , son résultat est sans appel  : André Renard va avoir la lourde tâche dans les prochains mois de construire un projet et de de bâtir une équipe à la hauteur des défis  auxquels est confrontée la ville de Roubaix .

La majorité municipale sortante entretient depuis 2014 l’illusion d’une ville innovante , en pointe dans tous les domaines  à grands renforts d’une communication envahissante et d’autosatisfaction permanente , en oubliant que la plupart des opérations qu’elle inaugure ont été initiés par d’autres . L’arrogance dont elle témoigne et le parti pris de s’appuyer avant tout sur sa base électorale du sud de Roubaix lui ont fait perdre le sens des réalités des quartiers .

Construire un projet qui donne envie , allier compétences , expériences  et renouvellement dans cette aventure ; rassembler du centre à la gauche une équipe à l’image de Roubaix  sont les conditions du succès . C’est le défi que s’est donné Roubaix 2020 au lendemain de sa Primaire  , je suis convaincu que les résultats des élections européennes ne manqueront pas de ramener à une plus grande lucidité celles et ceux qui n’ont pas encore réussi à surmonter jusqu’ici leurs égos .

 

Algérie : pourquoi autant de prudence?

Le moins que l’on puisse dire est que la France est  toute en retenue par rapport au vent de révolte qui ne cesse de croître en Algérie depuis l’annonce de Bouteflika  de solliciter un 5ème mandat présidentiel. C’est dire que les rapports entre la France et l’Algérie n’ont jamais été simples depuis l’indépendance , et s’apparentent plus au je t’aime moi non plus .

la jeunesse algérienne qui représente plus de 50% de la population ne comprend pas la frilosité des autorités françaises dans la gestion des visas et des autorisations de séjour , sa composante la plus politique conteste la complaisance des officiels français vis à vis d’un régime opaque où  les clans se neutralisent sous la surveillance d’une armée toute puissante qui s’est en même temps accaparée des richesses du pays .

Cette jeunesse conteste la légitimité de la classe politique dirigeante et entend  tourner la page d’un Bouteflika au pouvoir depuis 1999 mais qui depuis 2013 est un Président qui est dans l’incapacité d’exercer le pouvoir . Le rappel insistant de la décennie noire et de ses massacres ne suffit plus à l’inciter à se taire .

Dans ce contexte aussi volatile  , on peut comprendre la difficulté de la France à trouver le ton juste sans être accusée d’ingérence . On ne peut aussi passer sous silence le rôle de l’armée algérienne dans la lutte contre le terrorisme à ses frontières qui amène la France à se garder de toute posture qui pourrait apparaître comme une critique du régime algérien .

Mais pour autant , il existe suffisamment de canaux relationnels entre la France et l’Algérie pour espérer que la première agisse pour une sortie de crise raisonnable passant par la renonciation définitive de Bouteflika à solliciter un nouveau mandat , et l’organisation d’une conférence nationale mettant sur les rails une nouvelle république algérienne qu’appelle de ses voeux la jeunesse algérienne . Mais peut-être suis jeà ce sujet trop optimiste ?