en coma dépassé.

Pas mieux pour être optimiste d’écouter les déclarations répétées des candidats à la présidentielle ! Celles et ceux qui alignent dans les sondages des scores calamiteux font comme si leur victoire était quasi certaine contre toute évidence.

Pour la gauche notamment, il va falloir boire la coupe jusqu’à la lie et retrouver un sens des réalités qu’elle a perdu depuis longtemps, sauf à désespérer encore plus celles et ceux qui croient aux valeurs de gauche.

La situation est toute aussi critique au plan local où les gauches prennent le chemin contre toutes les raisons de la division. Aller dans le mur avec résolution semble décidément leur marque de fabrique.

La guerre en direct.

Signe des temps, la guerre qui se déroule en Ukraine est suivie en direct, minute par minute, par les chaines TV en continu. Chacune s’est entourée l’aide d’un expert militaire. Il faut croire que nos géneraux du cadre de réserve avaient un besoin irrépressible de parler ! Le hic est qu’aucun d’entre eux n’est d’accord sur la stratégie et la conduite à tenir.

Mais il y a plus grave quand la frenesie de vouloir informer qui s’est emparée des chaînes d’information tourne à la politique fiction. Il y a 24h lCI n’a pas hésité à consacrer près d’une d’émission à débattre sur la question de comment se débarrasser de Poutine !

Laissons de côté les travers de cette information débridée pour revenir aux faits :celle d’une guerre au cœur de l’Europe et l’agression délibérée et annoncee d’un pays souverain par la Russie.A un peu plus de 2000 kilomètres de Paris se déroule des combats et une agression qui répètent les horreurs de la guerre en Syrie et la destruction d’Alep.

Les ukrainiens démontrent ce que résister veut dire, et ce n’était pas forcément prévu ! L’Europe s’est ressaisie en sachant adopter un train de sanctions économiques contre la Russie qui a court terme vont lui faire très mal. Mais il faut très certainement frapper plus fort en supprimant les importations de gaz et de pétrole en provenance de Russie, ce qui admettons le ne va pas de soi pour l’Allemagne ou l’Italie.

L’arme économique est de loin la plus efficace a tout autre solution qui ferait courir le risque cette fois de déclencher une 3eme guerre mondiale. Jamais une élection présidentielle ne se sera faite dans un contexte aussi difficile. Au fur et à mesure que se rapproche l’échéance, les postures politiques apparaissent complètement décalées, voire surréalistes. Ce qu’il y a de sûr c’est que extrême droite comme extrême gauche se seront disqualifiée dans des positions ambiguës vis à vis de la Russie, laissant à la gauche de gouvernement sociale et écologiste et à la majorité présidentielle sortante le choix d’une stratégie de raison, c’est à dire d’entente.

Des mémoires à sauvegarder.

Il y a un peu plus d’un an, un collectif d’habitants de Roubaix mais pas que avaient lancé un appel pour la sauvegarde du patrimoine roubaisien, grand comme petit patrimoine, concerné ou pas par les opérations de rénovation urbaine. Cette initiative, rappelant celle d’art action qui avait débouche sur la reconnaissance de Roubaix comme ville d’art et d’histoire, est la bienvenue, tant la vigilence doit s’imposer pour la préservation d’un patrimoine spécifique d’une ville aussi marquée par la révolution industrielle du 19ème siècle.

Sans rapport direct avec cette initiative citoyenne, la disparition d ‘acteurs ou de responsables de comités de quartiers, de comités des fêtes, de clubs sportifs, d’ associations diverses, et plus généralement de citoyens engagés professionnellement ou à titre divers dans l’aide ou l’entraide de leurs concitoyens, mais encore l’action syndicale et politique, pose la question de la sauvegarde et de la transmission de leur mémoire ainsi que de leur témoignage.

Les publications des ateliers mémoire font à cet égard œuvré utile, mais elles ne peuvent pas tout et elles disposent d’un appui relatif de la part de la municipalité. Il en va de même pour celles de société d’émulation de Roubaix, riches et denses.

Pour apporter une modeste contribution au sujet, je suggère que soit examinée avec l’université plusieurs recherches de thésards par ex sur les amicales laïques de Roubaix, les comités de quartiers, ou encore l’ACO, et que soit exploitée, restituée et communiquée la mine d’or que représente la liste des médaillés du bénévolat depuis la création du dispositif. Mais ce sont que des pistes que je jette comme des bouteilles à la mer.

de l’importance pour Roubaix de disposer de lieux de débat et de réflexion.

Le Cercle roubaisien, une nouvelle instance de réflexion citoyenne s’est glissée dans le paysage roubaisien avev deux premiers débats sur le droit de vote à 16 ans et la problématique de la sécurité à Roubaix. L’ambition affichée par le Cercle roubaisien est ainsi de permettre d’aborder de façon régulière un ensemble de sujets et de thèmes concernant Roubaix et son avenir.

On ne peut que se souhaiter bonne chance à cette initiative bien utile au moment où les partis politiques de leur côte ont un défi redoutable à relever : celui de se reconstruire de fond en comble et de retrouver une légitimité qu’ils ont pour la plupart d’entre eux perdue au bénéfice de l’extrême droite ou de l’abstention.

Ce retour de la réflexion et du débat est aussi une façon de renouer sous d’autres formes avec l’éducation populaire si importante dans le passé de Roubaix. C’est en meme temps une invitation à revisiter son histoire et la place et la modernité de figures comme celle de Jean lebas et d’André Diligent.

Alors place aux initiatives, rien ne sera de trop de façon à démentir les oiseaux de mauvais augure qui se complaisent à présenter une image complètement tronquée de Roubaix, pour le prix d’une notoriété éphémère dans les réseaux sociaux.

Un projet partenarial d’aménagement :pour quoi faire ?

Un prochain conseil municipal va débattre de la signature de la convention entre l’état, la Mel et la ville de Roubaix concernant la mise en œuvre du projet partenarial d’aménagement découlant des dispositions inscrites dans la loi Élan .

L’approbation et la signature attendues de ce projet qui cadre la vision de Roubaix à l’horizon 2030 ont déjà été précédées en 2021 d’un protocole de préfiguration, de la réalisation de plusieurs diagnostics sur l’habitat notamment par l’agence d’urbanisme, d’amorce de réalisations concrètes par ex sur le site de Blanchemaille et l’ancien couvent de la Visitation, avec la décision de l’état de nommer une sous- préfete pour accompagner la ville dans l’application de ce projet.

Les axes retenus : la résorption de l’habitat insalubre, l’action foncière et la gestion des friches, le développement économique autour de la ville circulaire et de la relance de la filière textile, l’accessibilité du versant Nord-est sont difficilement contestables, encore que la problématique du centre ville et son attractivité commerciale y font défaut. Mais la n’est pas la question.

Se donner les moyens d’une vision de la ville à 15 ou 20 ans est louable, mais ce dont elle a besoin est plutôt une synthèse et des lignes directrices à partir des multiples études déjà réalisées depuis ces dernières années au lieu de consacrer à nouveau 2 millions d’euros à de nouvelles études. La crédibilité de ce projet partenarial repose aussi sur la capacité de la ville à dégager dans la durée des moyens et des capacités d’ingénierie qui ont fondu comme neige au soleil ces dernières années. L’hémorragie constatée à ce sujet est plus que préoccupant, invisible elle est bien réelle et risque de contrarier les effets du PPA.

Attention danger !

Décidément cette precampagne pour l’élection présidentielle a tout pour nous inquiéter : un score des deux listes d’extrême droite qui n’a jamais été aussi haut sous la 5eme république, le spectacle désespérant d’une gauche incapable de s’entendre, une droite à la peine avec une candidate qui n’imprime pas ou peu, une abstention aux prochains scrutins qui risque de dépasser les 30%.

Mais il y a pire, les attaques maladroites de Jadot sur Zemour traité de juif de service, les propos de Valérie Pecresse sur les français de papier lors de son meeting de la porte de Versaille. À ce rythme le bruit et la fureur de Jean Luc Melanchon apparaissent des expressions bien douces quoique sans rapport avec les fautes et les dérives évoquées ci-dessus.

Jadot et Pecresse feraient bien de se rappeler les dangers à jouer avec le feu, les relents de Drumond, Maurras, et même de Barres nous font replonger dans les pires moments politiques de l’avant guerre. Oser parler comme le fait Pecresse de français de papier en opposition aux français de souche est inadmissible. Reprendre les incantations et le vocabulaire de ses adversaires pour se remettre en course est une grave erreur.

Il y a encore 2 mois pour que les candidats se resaisissent, seront-ils capables de le faire ? il y a un sérieux doute ! Le chemin de sortie pour la gauche est probablement le vote utile en faveur de Melanchon à condition qu’il sache se recentrer, pour la droite de savoir et pouvoir retrouver ses fondamentaux, ce qui laisse tout de même beaucoup de chance à Macron. Bâtir toutefois sa victoire dans un contexte aussi mouvant suppose qu’il sache changer de méthode ce qui est moins sûr.

Couvent de la visitation :suite mais pas fin.

La Voix du Nord et Nord Éclair offrent à leurs lecteurs dans leurs éditions de ce jour l’occasion d’une visite du couvent de la visitation, en pleine transformation.

Les nombreux visiteurs qui, il y a quelques mois, étaient venus découvrir où redecouvrir un élément marquant du patrimoine roubaisien, ne peuvent que se réjouir du démarrage des travaux d’une réalisation portée par Vilogia avec l’aide d’architectes imaginatifs et talentueux.

Certes, il faudra du temps pour arrimer ce nouveau lieu d’animation aux autres équipements culturels de Roubaix, en premier lieu avec la Condition publique toute proche. Au delà, il y a certainement place pour mettre en débat la relocalisation à la Visitation d’équipements culturels à l’étroit dans des locaux mal adaptés comme par ex la cave aux poètes.

Fasse que l’optimisme que dégage ce projet permettre de reenclencher une nouvelle étape d’intervention dynamique et volontariste sur le patrimoine roubaisien. C’est une des façons de répondre à tous ceux qui se complaisent à propager une image déformée d’une ville ou la création et l’innovation font partie de ses gênes.

Est-il si difficile de parler de Roubaix ?

De façon régulière, les passions se déchaînent à propos de Roubaix à l’occasion de reportages, d’articles de presse, d’écrits qui souvent sans véritable recul, au gré d’interlocuteurs présentés comme incontournables, présentent leur vision de la ville. Celle d’une des villes la plus pauvre de France, une ville où s’exprime au grand jour le radicalisme islamique, une ville championne de l’abstention, des élus en délicatesse avec la justice, en un mot la vision d’une ville accablée de tous les maux.

Il y a c’est vrai un Roubaix bashing qui depuis des décennies n’en finit pas de vouloir raconter une ville en omettant de s’attarder sur sa complexité et ses contrastes qui en font en même temps son caractère atypique, son intérêt, et sa richesse.

En affirmant haut et fort ces caractéristiques, il ne s’agit pas de nier les réalités et d’être angélique,L’économie de survie qui concerne une partie des habitants atteint des seuils alarmants, l’emploi, l’accès à un logement autonome, restent un espoir inaccessible pour bon nombre de jeunes roubaisiens, le sentiment d’un Roubaix appauvri, marginalisé en perte de qualité se développeet se renforce.

Et pourtant Roubaix est tout le contraire : une ville inclusive et solidaire, innovante en matière économique, culturelle et de développement durable, de ville métissée rassemblant des habitants venus par vagues successives du nord et du sud de l’Europe, du Maghreb de l’Afrique sub saharienne et de l’Asie, un ville qui n’arrête pas de se reconstruire et de se réaménager depuis des decennies.

Autant d’aspects bien réels qui pour moi maintiennent l’optimisme mais posent néanmoins l’importance du projet et de la vision stratégique pour la ville. Fasse que les acteurs locaux sachent mobiser et faire partager cette ambition et lui donner l’élan nécessaire.

Retour sur l’émission zone interdite.

Les réactions se multiplient après la diffusion de l’émission dimanche soir par M6 sur l’islam radical en France illustrée par plusieurs reportages dont un consacré à l’association L’AAIR à Roubaix. De l’association et des soupçons de mélange des genres sous couvert de soutien scolaire il en a été largement question dans l’émission sans omettre la mise en cause de la complaisance du maire et de plusieurs membres de sa majorité vis à vis d’une association visée par une enquête préfectorale. Mais le reportage sur Roubaix ne s’est pas arrêté à cette seule affaire: la vente de poupées sans visage, la diffusion au grand jour de livres d’expression fondamentaliste, la séparation hommes femmes dans un restaurant, ont été montres comme autant d’exemples de la main mise de l’islamisme radical à Roubaix.

Il était difficile d’attendre autre chose d’une chaîne télévisée avant tout intéressée par le sensationnel , de ce point de vue l’effet à été réussi et c’est bien dommage pour la ville et ses habitants qui ont été semble t-il très nombreux à regarder l’émission. Pour autant il ne faut pas se cacher la réalite, l’islam radical s’est développé à Roubaix depuis ces dernières années. Nous nous sommes habitués à le côtoyer dans la vie quotidienne, à faire comme si ça passerait et qu’il ne concernait que quelques secteurs de la ville. Erreur collective aggravée par la passivité d’une majorité municipale plus adepte de clientelisme que d’utiliser les outils et les dispositifs de la loi et de savoir s’appuyer sur le dialogue patiemment construit au début des années 2000 avec le schéma directeur des lieux de culte et Roubaix espérance entre les différentes confessions comme avec les non croyants.

Comme le résumait fort bien le journaliste Bruno Renoul dans la Voix du Nord lui même interviewé dans zone interdite c’est ça mais pas tout ça, le Roubaix métisse et multiculturel l’emporte largement par ses réussites sur l’obscurantisme et ses dérives. Encore faudrait-il que tout le monde sache s’écouter et abandonnent les postures stériles qui font le quotidien du microcosme roubaisien et des bonimenteurs patentes plus soucieux de leur ego que de l’intérêt général.

Zemour, un candidat de trop ?

La condamnation de ce jour d’Éric Zemour pour provocation a la haine, ajoutée à ses propos récents, particulièrement polémiques sur l’école inclusive et l’accueil des enfants handicapés, mettent de nouveau en relief une idéologie d’extrême droite résolument et volontairement agressive contre toutes les formes d’inclusion, à l’école, mais pas que, en complète opposition avec les fondements et la valeurs de la République.

Comment combattre le retour d’une idéologie aussi mortifere sciemment entretenue et développée depuis des années et qui a littéralement gangrène une partie de l’opinion, comme en témoignent les intentions de vote à l’élection présidentielle ?

Il y a celles et ceux qui espèrent que le polémiste Zemour n’arrivera pas à recueillir ses 500 parrainages, se rassurant lâchement que le fiel deverse par Zemour se dilue comme par enchantement.

Il y a la totale ambiguïté de plusieurs leaders de droite d’espérer voir Zemour candidater en lui falicitant le nombre de parrainages requis de façon à augmenter les chances de Pecresse de battre Macron, la palme de cynisme revenant à Ciotti qui main sur le cœur nous déclare que parrainer ne vaut pas adhésion, oui mais parrainer un candidat qui vient d’être condamné pour provocation a la haine, adopte des postures négationistes, eD

Que Zemour obtienne ou non ses signatures, fasse que le débat politique soit en mesure de nous permettre de combattre et de sortir des erreurs qu’il nous débite jour après jour. Encore faut-il remettre en cause cette politique spectacle que l’on nous sert tous les jours jusqu’à plus soif au point d’aboutir à une abstention record.